Charles Blé Goudé- Miaka Oureto: Qui lapider? A l'heure de l'ingratitude et de la mauvaise foi du FPI.

Samedi 26 Janvier 2013 - 11:23


Charles Blé Goudé- Miaka Oureto: Qui lapider? A l'heure de l'ingratitude et de la mauvaise foi du FPI.
L'Affaire Blé Goudé, très floue dans beaucoup d'esprits, est davatage obscurcie par la polémique. Une polémique dans laquelle le FPI est bien présent. Non seulement ses militants, mais aussi quelques responsables de ses instances dirigeantes ne cessent de gloser.  Ils ont bien le droit de s'en mêler, liberté d'opinion oblige. Mais  la thèse que certains d'entre eux soutiennent mérite que l'on s'y arrête un tout petit peu pour en cerner les contours et le fond. Pour le moins qu'on puisse dire, le leader du COJEP (Congrès Panafricain pour la Justice et l'Egalité des Peuples) est à l'épreuve de l'ingratitude et de la mauvaise foi de certains militants et responsables du Parti de Laurent Gbagbo.
Aussi longtemps que  Charles Blé Goudé mobilisait des centaines de milliers d'ivoiriens et haranguait les foules, les préparant mentalement à servir de rempart patriotique au pouvoir de Laurent Gbagbo faisant face à la rébellion du 19 septembre 2002, il était adorable, bien vu et apprécié pour ce boulot.
L'on se souvient encore de l'échec de la tentative de coup d'Etat contre le Président Gbagbo en nombre 2004. Un échec dû au grand rassemblement des patriotes ivoiriens dans les environs de l'hôtel ivoire, à proximité de la résidence présidentielle. Ce rassemblement faisait suite à l'appel à la mobilisation lancé par Blé Goudé.
Pour la défense de la patrie, le leader du COJEP a abandonné ses études pour se jeter dans un combat patriotique et pacifique de défense de la souvereneté de son pays et du régime de Laurent Gbagbo.  Les risques auxquels il s'exposait en s'engeant dans ce combat n'ont pu estomper son élan, sa détermination, émousser sa ferveur, son zèle patriotique.  Sa condition actuelle de prisonnier politique n'est rien d'autre que l'effectivité d'une partie de ces risques. Son engagement patriotique et son soutien à Laurent Gbagbo l'ont donc conduit en prison.
Là où le patriote Blé Goudé, éprouvé par sa nouvelle condition, attend  la compassion et le soutien de ses compatriotes, certains d'entre eux ont fait le choix de lui jeter la pierre. Ces lapideurs de Charles Blé Goudé sont, pour la plupart, du FPI, parti qu'il a contribué à maintenir au pouvoir pendant dix années.
"Blé a péché, donc nous le lapidons", disent ses nouveaux et anciens ennemis, au sein du FPI. "Mais quel péché a t-il commis pour que vous le lapidiez", les interrongeons-nous. "Il a eu un compromis politique avec le régime d'Alassane Ouattara pour aller à la réconciliation. Il a orgonisé avec ce régime une auto-extradition pour se retrouver en Côte d'Ivoire. Sa détention fait partie du plan, du scénario, à moins que son compromis ait mal tourné à son désavantage. Mais dans tous les cas, il a trahi. C'est pourquoi nous le lapidons", répondent-ils. Nous ne voulons pas ici répondre aux questions de l'opportunité et des conditions de la reconciliation que fait semblant de prôner le régime d'Alassane Ouattara. Il nous importe plus de considérer le  fond. Le fond c'est la question de "la volonté de  réconciliation". Qui veut la réconciliation en Côte d'Ivoire? Blé Goudé la veut-il et à quelle condition? La vouloir est-il est un crime? Mais, à supposé que Charles Blé Goudé veuille la réconciliation, que fait-il de contraire à ce que font Miaka Oureto et tous ses camarades de la Direction intérimaire du FPI?
Tous ceux qui suivent l'actualité politique ivoirienne ne sont pas dupes. Tous savent que la Direction intérimaire du FPI veut la réconciliation. Toutes les rencontres de cette Direction intérimaire du Parti de Laurent Gbagbo avec le pouvoir dans le cadre de la réconciliation, ont de l'écho dans les médias. Cependant aucune pierre ne leur est jetée pour cela. Ils étaient en France en novembre dernier, ils ont pris part un festin organisé pour eux par l'ambassadeur Charles Gomis, représentant le régime de Ouattara en France. Aucun militant du FPI n'a produit un communiqué pour dénoncer et s'opposer à la démarche "réciliationniste" de la Direction intérimaire du Parti.Pourquoi, aujourd'hui, certains de ces militants FPI décident-ils de lapider exclusivement Charles Blé Goudé pour "avoir commis le péché de vouloir la réconciliation"? Tant que Miaka et ses camarades du FPI ne seront pas lapidés pour leur collaboration avec Alassane Ouattara, dont témoigne la longue léthargie dans laquelle ils ont plongé les militants de ce parti pour sauver leurs propes têtes, il est injuste, malhonnête et ingrat de lapider Blé Goudé pour les mêmes raisons, quand on se réclame du FPI.

Et si cette affaire de compromis politique de Blé Goudé était un mensonge des espions de Ouattara encore présents au FPI pour le vouer aux gémonies?

Les agents de Ouattara au sein du FPI sont encore là et travaillent pour son pouvoir. Leur tâche n'est pas seulement d'espionner et de rapporter. Elle consiste aussi à faire un travail psychologique pour déstabiliser, ramolir et décourager, donc pour faire entrave à toute action positive des patriotes ivoiriens, des militants et sympathisants du FPI. Ces espions de Ouattara ont beaucoup travaillé dans la guerre totale de la " Communauté Internationale" et de la France Contre le régime de Gbagbo. Ils ont assuré une bonne partie de la guerre psychologique pendant et après la bataille d'Abidjan. Leur particularité a été la propagation des rumeurs du genre " Les russes, les angolais et les sudafricains sont  à nos côtés, ils sont venus combrattre pour nous" Ou encore "Un tel, une telle a été tué (e), a été égorgé(e) à son domicile" Toutes ces rumeurs étaient au service de la guerre psychologique. Elles convergeaient vers un seul but : obliger les ivoiriens à rester chez eux, soit par optimisme béat, soit par couardise. Car il fallait empêcher tout soulèvement populaire pouvant inverser le rapport de force.
Dans l'affaire Charles Blé Goudé, ses espions de Ouattara pourraient avoir été mis à contribution pour donner du poids à une thèse mensongère selon laquelle "Il aurait eu un compris entre le pouvoir et Blé Goudé", tout en présentant  de facto un tel acte comme une trahison. Le but d'un tel travail psychologique étant de susciter la déception et le découragement chez plusieurs partisans et sympathisants de Blé Goudé issus de tous les bords politiques, qui seraient tentés de mener des actions pour exiger et obtenir sa libération.
Dans le jeu de sorciers qu'est la politique, ne pas faire preuve de lucidité et de prudence nécessaires, ne pas faire usage du principe de précaution peut conduire à manger son propre enfant où à  l'abandonner entre les mains du diable.

Christophe Nêguè.




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