Ces attaques qui surgissent toujours à la veille des audiences de Gbagbo

La diabolisation perpétuelle du président Laurent Gbagbo par Ouattara et ses antennes continue, dans un jeu machiavélique. Avec le retour fort curieux d’attaques armées, au moment même où la probabilité de la libération de Laurent Gbagbo est plus que jamais perceptible.

Jeudi 31 Octobre 2013 - 06:28


Et revoilà de subites attaques d’hommes en armes dans des localités très favorables au président Laurent Gbagbo ; au moment où des audiences pour statuer sur sa mise en liberté étaient programmées à la Cpi. Le chien ne changeant jamais sa manière de s’asseoir, le régime Ouattara n’a donc pas variablement changé dans son approche pour «couler» Gbagbo, lequel se rapproche inéluctablement vers une mise en liberté provisoire au moins. Alors qu’une audience aussi importante que celle qui se tenait hier mardi 29 octobre à la Haye, l’on annoncait une attaque des positions des Frci dans la localité d’Agboville, dans la nuit du samedi à dimanche dernier.
Pour les observateurs avertis de la scène politique ivoirienne depuis que le président Gbagbo est à la Haye, c’est presqu’au même scenario qu’on est habitué. A chaque fois qu’une audience de quelque nature concernant Laurent Gbagbo est programme du calendrier des audiences à la Haye, d’étranges attaques sont perpétrées en Côte d’Ivoire. Et curieusement toujours dans les localités acquises à la cause de l’ex président ivoirien. Comme si l’on voulait faire croire à une tentative de déstabilisation du régime incompétent de Ouattara par des partisans de Laurent Gbagbo. Sont-il si nigauds ou masos, ces«partisans » de Gbagbo, pour mener des actions subversives à chaque fois qu’une audience de Gbagbo est annoncée à la Cpi ?

Le même mode opératoire honteux

A la réalité, tout le monde sait que ce sont des attaques planifiées et suscitées par les spin doctors du régime Ouattara. Afin de présenter Laurent Gbagbo comme un danger pour la stabilité du pays. Ou à tout le moins de faire croire que la mise en liberté du président Laurent Gbagbo peut être cause de violences dans le pays. C’est peine perdue, parce que la Cpi a eu le temps de percevoir les supercheries du régime Ouattara qui ne pouvant pas fournir les preuves des accusations contre l’ex président, veut le faire passer comme une source d’une déstabilisation des institutions en Côte d’Ivoire.
Quelques jours avant la pseudo-attaque du weekend dernier, c’étaient armes et munitions qui étaient découverts curieusement à Sikensi, quand des officines du régime qualifiaient la guéguerre entre camps rivaux au sein du Camp BAE de Yopougon, de diversion pour laisser place à des infiltrations. Pour des opérations de «grande envergure », visant à déstabiliser le régime. On continue de présenter l’ouest comme une zone où se trament des actions subversives.
Les Ivoiriens et observateurs étrangers ne sont plus dupes. Et savent pertinemment que tous ces bruits de bottes et pseudo-attaques sont planifiés et suscités par le régime Ouattara pour influencer les décisions à la Haye.
Laurent Gbagbo n’a jamais été un artisan de la prise du pouvoir par les armes et n’a jamais encouragé ce choix. Dans ce pays, on sait tous quels sont ceux qui ne juraient que par les armes et la violence pour prendre le pouvoir. Il est temps qu’ils se départissent de ces artifices liés au pouvoir de la dictature pour emprunter les sentiers de la démocratie et du débat d’idées. La Côte d’Ivoire en a grandement besoin.

Frank Toti
Les bizarreries de l’attaque de Laoguié

Les circonstances de la présumée attaque d’un check point des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), au petit matin de samedi dernier à Laoguié, village situé à 6 km d’Agboville (Sud, région de l’Agnéby Tiassa), sont entourées de mystères. Tant les faits tels que racontés soulèvent de nombreuses questions sans réponse. Et le climat de terreur qui s’est installé dans le village, dans les heures qui ont suivi la supposée attaque, n’est pas de nature à rassurer les populations autochtones abbeys tenues en respect depuis la crise postélectorale par des éléments des FRCI et leurs supplétifs dozos.
Tout porte à croire qu’il s’agissait d’une opération menée par les FRCI en faction dans la localité, dans le seul but d’accabler et mettre sous l’éteignoir des personnes identifiées à l’avance auxquelles le régime a décidé de faire payer certaines attitudes et positions idéologiques. C’est ce qui explique par exemple la coïncidence entre le nombre d’assaillants indiqué à l’AIP par un élément des FRCI et le nombre de jeunes autochtones du village, «interpellés [manu militari] et transférés au camp militaire d’Agboville pour nécessité d’enquête. » Ces personnes, faut-il le souligner, ont été arrêtées alors que, de l’aveu du FRCI qui raconte les faits, «les inconnus qui ont mené l’attaque ont réussi à s’évanouir dans la broussaille. » En même temps que la plupart des villageois, obligés de fuir les combats pour se réfugier dans la forêt.

Sur quelle base a-t-on donc procédé à ces interpellations avec toutes ces contradictions et indices d’un montage grossier ? Comment des hommes en armes qui se terraient au moment de l’attaque qui aurait été perpétrée aux alentours de 6h du matin ont-ils pu distinguer les suspects, surtout que les assaillants portaient tous des cagoules, selon le témoignage des mêmes Frci ? S’ils ont existé, ces agresseurs n’ont surement pu être identifiés comme le reconnait le supplétif militaire qui s’est confié à la presse.
Dès lors, on peut avancer qu’il s’agit là d’arrestations arbitraires qui rappellent les premières heures de l’après 11 avril 2011 avec toutes les dérives qui ont pu être commises par les forces Ouattara dans les bastions du président Gbagbo. La couleur du tee-shirt ou du pantalon, la taille ou la corpulence, etc. Voilà qui suffit pour se retrouver dans le collimateur des forces de Ouattara. En outre, quand les hommes de Soumaïla Bakayoko soutiennent que les échanges de tirs ont duré une quinzaine de minutes sans que les assaillants, qui seraient munis d’armes de guerre sophistiquées comme des mitrailleuses de type AK 47, des SIG et des grenades offensives n’aient pu atteindre une quelconque cible, on arrive à la conclusion qu’il s’agit tout simplement d’un montage grotesque des éléments des FRCI. En tout cas, à Laoguié où des populations ont accepté de s’ouvrir à nous, sous le sceau de l’anonymat, personne ne croit à la version des faits des FRCI qui entretiennent des rapports conflictuels avec les populations. Pour beaucoup, les impacts de balles visibles sur plusieurs maisons et même des arbres ont été faits par les éléments des FRCI eux-mêmes. Et ils n’ont pas tort, à en juger par l’évolution de la situation.

Edouard Amichia

Le Nouveau Courrier




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