Cérémonie des Koras Music Awards L’argent public gaspillé pour un résultat scandaleux !

Samedi 5 Janvier 2013 - 07:52


Cérémonie des Koras Music Awards L’argent public gaspillé pour un résultat scandaleux !
Depuis sa première édition en 2000 jusqu’à ce jour, jamais les specta- teurs et téléspectateurs de la grande fête de la musique afri- caine n’ont été aussi bien servis. Sur insistance du gouvernement ivoirien, les Koras atterrissent en Côte d’Ivoire pour l’édition 2012. Normal, il nous faut renouer avec le faste et mon- trer notre savoir-faire en matière d’or- ganisation. Surtout que notre pays est redevenu fréquentable. Quelques jours avant la cérémonie (prévue pour le sa- medi 29 décembre), tous les médias an- nonçaient, en grandes pompes, la tenue de l’événement qui devait enregistrer la présence d’un artiste américain en vogue, Christ Brown. Ce qui explique, peut-être, le coût des tickets d’entrée qui allaient de 50.000 francs CFA (pour suivre la cérémonie sur des écrans géants, en dehors de la salle) à  un mil- lion de francs CFA, pour les Vip. Contre toute attente le jour-j, la céré- monie est reportée au lundi 31 décem- bre. Le lendemain, elle est (finalement) fixée au 30 décembre. Ouf ! Motif de toutes ces fluctuations de date, notre chère star planétaire avait raté l’avion privé mis à sa disposition par nos diri- geants qui (en plus des lumières), te- naient vraiment à égayer le peuple. Hélas, ce contre temps et les approxi- mations ont occasionné le départ d’au- tres grosses têtes d’affiche de la musique. Certains avaient d’autres obligations et d’autres avaient flairé le coup. De toute façon, l’invité spécial était sur les bords de la lagune Ebrié. Qui plus est, avec Rihanna (une autre star américaine). La belle fête pouvait donc commencer.  Mais voila que Christ Brown ne daignera pas mettre les pieds à la cérémonie des Koras Music Awards, à l’hôtel Ivoire. Pendant que se tenait le gala, celui-ci donnait un spectacle dans un stade quasi-vide, malgré la chute des prix. D’abord de
15.000 francs à 5.000 francs, avant que le concert ne soit totalement gratuit ! Pour être spectaculaire, l’organisation l’aura vraiment été.  Le milliard claqué pour sa réussite a produit ses effets. Obligeant le président du Comité d’or- ganisation, le « douteux homme d’af- faires » béninois (selon le mot de la presse française) à présenter de plates excuses pour ce fiasco retentissant. C’est que le talent des animateurs n’a pas suffi pour masquer le temps perdu, l’improvisation et les problèmes tech- niques survenus au cours du gala. On pouvait lire la souffrance sur le visage des personnalités. Heureusement qu’en dehors de l’Ambassadeur du Gabon et du représentant de celui du Nigéria, les autres Ambassadeurs invités, y compris l’Ambassadeur Georges Ouegnin, le- quel devait remettre un prix, sont restés sagement chez eux. En raison surtout de la mauvaise réputation que traine l’organisateur de cette cérémonie aux vertus douteuses, depuis l’Afrique du Sud en passant par le Burkina Faso. La quasi-totalité des nominés étaient
absents. Résultat des courses, une pré- sence massive des ministres ivoiriens qui a parfois donné l’impression d’une cérémonie de Koras Ministres Awards. Le ministre de l’Energie, des Mines et du Pétrole a même remis à l’un des lau- reats, un prix au nom du gouvernement ! Extraordinaire ! Assurément la marque de l’exception ivoirienne. Pour sa part, la ministre de l’Education na- tionale a gratifié le public de son statut de parfaite bilingue. Elle s’est expri- mée, avec la dextérité qu’on lui connait, dans la langue de Shakespeare, sous les timides ovations d’un public partagé entre colère et étonnement. Il est vrai- ment beau ce pays. Qui a claqué un milliard pour un résultat aussi médiocre dans un contexte où comment se nour- rir, se soigner, scolariser ses enfants sont les questions qui préoccupent ma- joritairement les populations ? Et que dire du prix du meilleur artiste africain attribué à Arafat DJ pour le langage in- compréhensible et désordonné qu’il utilise ? C’est vrai que le folklore est désormais une marque déposée de la Côte d’Ivoire. Ernest Adjovi qui refuse de payer les droits d’auteurs au Burida au motif qu’il bénéficie d’un accord de siège avec la Côte d’Ivoire, ne pouvait pas ne pas demander à son « jury » fan- tomatique de faire un clin d’œil au fol- klore ivoirien. C’est vraiment pitoyable ! Et tout ça a coûté un milliard au
contribuable ivoirien. A qui l’on vient d’offrir une augmentation du carburant et du gaz quelques heures après la dila- pidation de ce milliard qui aurait pu ser- vir à autre chose plus bénéfique pour les millions de pauvres de ce pays.

MIrEILLE AppINI
L’éléphant déchaîné N°117 du vendredi 4 au lundi 7 janvier 2013  / 2ème année




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