Ce qui fait courir François Hollande… Une «base opérationnelle avancée» sera installée en Côte d’Ivoire

L’article qui suit est du site spécialisé dans les questions militaires Opex360. Ce qu’il indique est que, manifestement, Paris aura deux points forts par excellence sur le continent africain. L’un à Abidjan, à l’Ouest, et l’au- tre à Djibouti, à l’est. Paris entend déployer l’essentiel de sa logistique dans la région en Côte d’Ivoire, sous le prétexte de combattre les menaces situées dans le Sahel. Il est loin le temps où la France faisait semblant de vouloir fermer sa base militaire en Côte d’Ivoire ! Il ne faut en effet pas oublier que, le 4 juin 2009, une cérémonie censée symboliser la fermeture définitive du 43ème BIMA était organisée à Port-Bouët, sous instigation française. Au final, quelque chose de plus grand et de plus ambitieux sera installé au même endroit. Rien n’a changé. Le «monstre» a juste changé de nom. La France demeure maîtresse dans l’art de la mystification

Mardi 28 Janvier 2014 - 05:23


En visite officielle aux Etats-Unis, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a livré quelques détails sur la posture militaire à venir de la France en Afrique, lors d’un discours prononcé ce 24 janvier devant le Center for Strategic and International Studies. Tout d’abord, le ministre a donné les raisons pour lesquelles le continent africain revêt une importance toute particulière aux yeux de la France, et, plus généralement, à ceux de l’Europe. Les “liens historiques” en font bien évidemment partie. Mais pas seulement. “L’Afrique du 21e siècle présente à la fois un potentiel immense de croissance économique et de développement humain et des défis de défense et de sécurité qui sont de premier ordre”, a-t- il en effet avancé. L’argument humanitaire, généralement avancé pour justi- fier telle ou telle opération, a été évacué. Cela étant, l’une des menaces concernant l’Afrique est celle des “Etats fail- lis”, comme on le voit actuellement en Centrafrique, avec le risque de voir pro- liférer des groupes armés et terroristes et des pays déstabilisés. “Le continent africain est (…) à l’aube de profondes mutations, d’ordre social, économique, démographique, politique et environnemental. Ces évolutions sont porteuses d’opportunités, et aussi source de nouvelles menaces, qui sont pour la plupart transnationales. Certaines – les trafics, le terrorisme dji- hadiste – constituent le revers de l’insertion nécessaire et souhaitée de l’Afrique dans les circuits de la mondia- lisation”, a ainsi fait valoir Jean-Yves Le Drian. “Ce sont ces vulnérabilités qui constituent, à nos yeux, un risque majeur”, a-t-il insisté. Non seulement pour l’Afrique mais aussi pour la sécurité internationale. Bien évidemment, la menace jihadiste et terroriste figure en tête de celles cités par M. Le Drian. “Nous ne pouvons pas permettre que se réimplante, au Mali ni dans aucun autre Etat de la région, une menace comparable à celle qui a motivé notre intervention en janvier 2013 (ndlr, Serval)”, a-t-il affirmé, après avoir avancé que la “Libye représente un défi de premier rang” et que “nous serons obligés d’aider les pays voisins à se pré- munir du chaos libyen”. Répondre à ces défis sécuritaire passe par une meilleure coopération entre les Etats africains. Ces derniers ont pris quelques initiatives en ce sens, que ce soit en Somalie (AMISOM), au Mali (MISCA) et, plus récemment, en Centrafrique (MISCA). Seulement, les capacités de leurs forces armées ne leur permettent pas toujours de faire face à des situations compliquées.
Cela étant, la France est prête à les appuyer, comme l’a rappelé M. Le Drian. “Nous répondrons par ailleurs présents aux sollicitations de nos partenaires pour la formation et le conseil à leurs forces armées”, a-t-il dit. Dans le même temps, le dispositif militaire français d’ensemble sera “adapté, pour mieux répondre à ces nouvelles exigences sécuritaires”. Le ministre n’a pas donné tous les détails de cette réorganisation. L’on sait que, l’été prochain, les effectifs de la force Serval seront ramenés à  1.000 hommes. Il n’est pas prévu que cette présence soit permanente. Mais l’on a vu du provisoire durer… En janvier, M. Le Drian avait affirmé que “la plateforme de N’Djamena (ndlr, opération Epervier) aura un rôle central” dans cette “réarticulation” parce qu’il “nous faut anticiper, dissuader les menaces qui pèsent sur cette région”. D’ailleurs, la base tchadienne sert de support à deux opérations simultanées (Sangaris et Serval). Quant aux annonces faites par le ministre devant le CSIS, elles concernent 4 pays africains dans lesquelles les forces armées françaises sont présentes. Ainsi, a-t-il dit, ces denières disposeront d’une base opérationnelle avancée (BOA) à Djibouti (c’est déjà le cas) et à Abidjan. Actuellement, 450 militaires français sont présents en Côte d’Ivoire, au titre de la force Licorne. Ces effectfifs devraient vraisemblablement augmenter prochainement. Le choix de la capitale économique ivoirienne se justifierait par son port en eaux profondes, stratégi- quement très bien situé, comme le sou- lignait un récent rapport du Sénat). Quant à Libreville, la BOA qui y est actuellement implantée avec 900 militaires deviendra un “pôle opérationnel de coopération à vocation régional”, au même titre que celui établi à Dakar, depuis la transformation, le 1er août 2011, des Forces Françaises du Cap-Vert (FFCV) en Éléments français au Sénégal (EFS). “Les deux BOA, l’une à Abidjan en Côte d’Ivoire, l’autre à Djibouti, disposeront de capacités leur permettant de répondre à l’urgence d’une dégradation sécuritaire dans la région. Ces deux bases seront situées dans des zones aéroportuaires stratégiques du continent. Elles permettront d’agir dans le domaine de la sûreté maritime dans le Golfe d’Aden et dans le Golfe de Guinée, et de servir de tremplin pour des actions de stabilisation dans des zones de crise potentielles”, a expliqué M. Le Drian. S’agissant des deux pôles de coopération, “ils permettront de renforcer les actions de coopération menées au profit des Etats africains, en liaison avec les organisations régionales africaines”, a- t-il avancé.

opex360.com 24 janvier 2014

Source: Le Nouveau Courrier N° 984 Du Lundi 27 Janvier 2014





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