Carence du régime Ouattara/ En panne de solution, Duncan accuse ses prédécesseurs

Samedi 6 Avril 2013 - 06:19


Carence du régime Ouattara/ En panne de solution, Duncan accuse ses prédécesseurs
Face à la presse hier, à l’immeuble Sciam au Plateau, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan, par ailleurs ministre de l’Economie et des Finances a gavé pendant près de deux heures, la presse nationale et internationale de chiffres et de promesses vagues. Ce qui  achève de convaincre les observateurs avertis que la fin de la souffrance des ivoiriens, n’est pas pour demain. En effet, interrogé sur le dépassement «l’affaire de 30, 20 milliards de Fcfa au niveau des dépenses de fonctionnement des services» , comme l’a constaté la dernière mission du Fonds monétaire International et la Banque mondiale, Duncan,  visiblement secoué et très évasif, va dans un premier temps botter la question en touche en disant que M. Michel Lazard, le Chef de la mission avait déjà répondu à cette question en disant qu’il n’avait pas vu un tel chiffre lors de la mission. «Côte d’Ivoire a fait une belle performance avec un déficit budgétaire de 3%. Nous sommes plutôt dans la voie des performances» . Avant de réciter des cours d’Economie sur l’Europe. Et pourtant, les chiffres existent bels et bien. Aussi, le Premier Ministre, qui a donné dans l’autosatisfaction, a jeté la pierre à ces prédécesseurs au ministère de l’Economie et des Finances. «Nous reconnaissons qu’il y a  une divergence entre le Fmi et nous au niveau du taux de croissance à l’issue des discussions que nous venons d’avoir. C’est vrai… Mais il faut dire que durant ces dix dernières années, le taux de croissance a été de 0.6%», soit ! Mais ce qu’il oublie de reconnaître, c’est que de fin 1993 à décembre 1999, le Premier ministre de la Côte d’Ivoire s’appelait Daniel Kablan et c’est sous lui qu’il ya eu le «scandale des 18 milliards de Fcfa d’appui budgétaire de l’Union Européenne (Ue)» . Après le coup de d’Etat militaire, puis la présidentielle de 2000, à l’arrivée du Pouvoir de Laurent Gbagbo, l’un des dossiers chauds  qui a été discuté avec l’Ue fut le remboursement des 18 milliards de Fcfa d’abord comme conditionnalité pour reprendre la coopération avec Abidjan. Ce qui a été fait immédiatement par le gouvernement d’alors. L’administration étant une continuité, le Président Laurent Gbagbo s’est mis au tra - vail pour   faire des reformes au niveau des finances publiques, pour faire face au service de la dette. Malgré les tensions de trésoreries  et la satisfaction des charges incompressibles de l’Etat, du  bon travail a été fait et cela a été reconnu régulièrement par les Institutions de Breton Woods à l’issue de chaque mission conjointe sur les bords de Lagune Ebrié. Sans oublier la rédaction du Document de Stratégie de réduction de pauvreté (Dsrp) aujourd’hui copié et fondu dans le Programme National de Développement (Pnd). Mieux, c’est bien avant 2011 que la Côte d’Ivoire a amorcé et consolidé avec le Fmi le Point de Décision et le Point d’Achèvement de l’Initiative des Pays Pauvres Très endettés (Ppte), dès 2009 et le 26 juin 2012. Les faits étant têtus, il est bon de rappeler que la Côte d’Ivoire est parvenue à exécuter deux programmes d’Aide d’Urgence Post Conflit (Aupc), conclus respectivement en août 2007 et avril 2008 avec le Fonds Monétaire International (Fmi). La bonne exécution de ces programmes et l’apurement des arriérés vis-à vis respectivement de la Banque mondiale en avril 2008 et la Banque africaine de développement en mars 2009, ont permis l’adoption par le Conseil d’Administration du Fmi le 27 mars 2009, d’un programme économique et financier sur la période 2009/2011 soutenu par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (Frpc), assorti de l’obtention du point de décision de l’Initiative Ppte en faveur de la Côte d’Ivoire le 31 mars 2009. Ce qui permet aujourd’hui, à la Côte d’Ivoire, de bénéficier d’une réduction de 24 % de sa dette extérieure, plus un allégement de 1,3 milliard de dollars Eu (plus de 650 milliards de Fcfa) au titre de l’ini - tiative d’allégement de la dette multilatérale (Iadm). C’est au total un allègement de 2150 milliards de Fcfa  dont a bénéficié la Côte d’Ivoire. Cela n’est pas le fruit du hasard mais le fruit d’un travail constant du Président Gbagbo qui profite aujourd’hui au Régime Ouattara. Qui malheureusement, continue de faire des pro - messes,  rien que des promesses, aux Ivoiriens. Le Premier Ministre Duncan a encore plaidé, hier : «2012 a  été la première année de croissance et nous demandons aux Ivoiriens la patience» .

 Bamba Mafoumgbé

bamaf2000@yahoo.fr
Source : Le Temps N° 2869 du vendredi 6 avril 2013
                                                   

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Duncan perd les pédales


«L’impunité a crée trop de problèmes en Côte d’Ivoire. Il y a eu trop d’amnistie». Tel est l’un des temps forts de la conférence de presse prononcée, hier jeudi 4 avril 2013, par le  premier ministre Daniel Kablan Duncan. Répondant ainsi au Fpi qui demande une loi d’amnistie générale pour tout ce qui s’est passé pendant la crise postélectorale. Il faut rappeler au chef du gouvernement Ouattara que trop de viande dans la sauce ne gâtent rien. Parce que cela participe à la décrispation de la situation en Côte d’Ivoire. Ainsi que du retour de la paix. L’amnistie fait partie des solutions pour la réconciliation nationale. N’ont-ils pas en son temps, à Marcoussis, demandé au Président Gbagbo une  amnistie ? Pourquoi la refuser aux autres aujourd’hui ? Ce n’est pas la première fois une telle est prise dans ce pays. On se rappelle le boycott actif de 1995, le coup d’Etat de 24 décembre 1999. Ainsi que le coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002 qui s’est mué en rébellion. Pour mé - moire, avant toutes négociations sur la crise ivoirienne de septembre 2002, Guillaume Soro et ses camarades de l’ex-rébellion ont toujours posé comme préalable le vote d’une loi d’amnistie générale. Et leur revendication a été exaucée. Parce que tout simplement, le Président Laurent Gbagbo voulait le retour définitif de la paix dans son pays. Il ne voulait que cette question soit source d’un blocage qui allait aggraver la souffrance des populations ivoiriennes. La table ronde de Marcoussis a pris en compte l’amnistie demandée par Ouattara, Bédié et les ex-rebelles. Avant d’exhorter les députés ivoiriens à voter cette loi dans un délai raisonnable. Henriette Dagri Diabaté, ministre de la Justice et Garde des sceaux, à cette époque, a présenté, le 6 août 2003, ladite loi aux parlementaires ivoiriens. Par ailleurs,  Daniel Kablan Duncan soutient qu’une loi d’amnistie ne peut être prise qu’après que la justice ait donné son verdict dans le cas des personnalités accusées de crimes pendant la crise postélectorale. Certes nous avons  beaucoup de respect pour le Premier ministre. «Quand on ne connaît pas, on demande. Demander ne tue pas» , comme on le dit à Treichville. La loi d’amnistie n’intervient pas  après une condamnation de justice. Elle est votée par l’Assemblée pour effacer les infractions commises pendant une période bien donnée. Ce qui est contraire à la grâce présidentielle  qui est prise par le chef de l’Etat pour mettre en liberté toute personne jugée et condamnée dans le temple de Thémis. Or ici, les cadres de l’opposition ne demandent pas une grâce présidentielle. Mais une loi d’amnistie. Pendant sa conférence de presse, le chef du gouvernement d’Alassane Ouattara a rejeté en bloc le dernier rapport de Human  Rights Watch. En effet, ce rapport accuse le régime d’Abidjan de violer les droits de l’homme et de pratiquer une justice des vainqueurs. «Il faut des preuves tangibles pour juger les gens» , se défend-il. Et pourtant, son régime détient des personnalités en prison depuis des années sans avoir apporté des «preuves tangibles». Des personnalités viennent d’obtenir un non lieu. Alors qu’elles ont été accusées et ont passés des années derrière les barreaux. Duncan est mal placé pour tenir de tels propos.


Yacouba Gbané

yacou06336510@yahoo.fr
Source : Le Temps N° 2869 du vendredi 6 avril 2013




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