Candidature à la présidence du FPI: Le complot à 3 têtes

Samedi 22 Novembre 2014 - 06:26


Affi N'Guessan, président sortant du FPI
Affi N'Guessan, président sortant du FPI
Jeudi 20 décembre, le porte-parole de la CPI réaffirme que la candidature de Laurent Gbagbo à la présidence du FPI est du ressort exclusif des autorités ivoiriennes. Niant presque le fait que les partis politiques, dans la législation ivoirienne, sont avant tout une affaire privée. En effet selon l’article 13 de la loi de 2000, « les partis ou groupements politiques se forment et exercent leurs activités librement sous la condition de respecter les lois de la République, les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Ils sont égaux en droits et soumis aux mêmes obligations. Sont interdits les Partis ou Groupements politiques créés sur des bases régionales, confessionnelles, tribales, ethniques ou raciales. » La candidature de Laurent Gbagbo ne devrait donc pas dépendre des autorités ivoiriennes. Mais Fadi El Abdallah ne se trompe pas de bonne foi. Sa stratégie est simple : impliquer le pouvoir ivoirien dans le jeu interne au FPI en l’aiguillonnant. C’est donc ce qui se passe depuis hier. Car alors même que la validation formelle des dossiers de candidature n’est attendue que le 26 novembre prochain, les adversaires internes à la candidature de l’ancien président ont saisi hier officiellement le comité de contrôle, mis depuis quelques jours sous pression par deux de ses membres sur les 31 personnes qui le composent. Dans son recours, Pascal Affi N’guessan tire d’ailleurs un prétexte de cette désolidarisation des deux membres pour demander la nullité. Mais de quoi puisque le comité de contrôle n’a fait que publier les deux candidatures enregistrées ? Morceau choisi : « Ce même mardi 18 novembre, deux (2) camarades, membres du Comité de Contrôle ont animé, au siège provisoire du Parti, un point de presse au cours duquel, ils ont dénoncé ce communiqué. Ils ont soutenu que le Comité de Contrôle, depuis la date de clôture du dépôt des candidatures, ne s’est pas réuni à l’effet d’examiner les dossiers de candidature. Ils se sont insurgés, puis, ont condamné « l’acte solitaire du camarade VY Paul qui n’engage pas le Comité de Contrôle ». Les circonstances sus évoquées conférant à l’acte ainsi publié un caractère irrégulier, il en résulte qu’il est nul et de nul effet puisqu’il n’émane pas du Comité de Contrôle en tant qu’instance du Parti. », note le document.
Mais le recours se penche également sur les différentes pièces de la candidature du fondateur du FPI ; La sacro-sainte lettre manuscrite, mais aussi, fait nouveau, l’attestation d’appartenance à un organe central ou de contrôle. Le président du FPI affirme qu’il n’a jamais été sollicité aux fins de signer un tel acte pour le compte de Laurent Gbagbo « Il en résulte que les documents suscités doivent être produits par tous les candidats de façon impérative et cumulative ; de sorte qu’à défaut de produire l’un des documents requis, le dossier de candidature doit être déclaré irrecevable. En l’espèce, le dossier de la candidature proposée du Président Laurent Gbagbo ne comporte ni « une demande manuscrite » ni « l’attestation d’appartenance à un organe central ou de contrôle, délivrée par l’organe concerné ». Concernant spécifiquement l’attestation d’appartenance à un organe central, je précise qu’en ma qualité de président du Parti, donc président du Secrétariat Général et du Comité Central, je n’ai été à aucun moment sollicité aux fins de signature d’un tel document. Dès lors, le dossier de candidature du Président Laurent Gbagbo devrait être rejeté et la candidature déclarée irrecevable pour dossier incomplet. », assure Affi qui ne cite aucun texte. D’ailleurs sur cette question, il y a une fine manipulation des esprits, puisque le président du FPI semble expliquer dans un deuxième temps qu’il n’a pas signé une attestation d’appartenance pour le compte de Laurent Gbagbo et que cela vaut inexistence d’un tel document, alors qu’en amont, il indiquait simplement que le président Gbagbo n’a pas produit l’attestation d’appartenance à un organe central ou de contrôle dont la preuve doit être faite par la signature de l’organe concerné. Ce que la fédération de Gagnoa qui est un organe central du parti peut valablement produire. Mais, Affi espère aussi tirer profit des déboires judiciaires de Laurent Gbagbo incarcéré à La Haye pour passer haut les mains «Le Président Laurent Gbagbo est engagé dans une procédure judiciaire à la Cour Pénale Internationale (CPI) depuis 3 ans. Le début de son procès est fixé au 07 juillet 2015, soit 8 mois après la tenue du Congrès du Parti. Il va sans dire que le Président Laurent Gbagbo ne peut être physiquement présent au moment de l’élection du Président du FPI qui a lieu le 14 décembre 2014. Il y aurait donc vacance de la présidence dès l’élection éventuelle du Président Laurent Gbagbo », tranche Affi. Selon l’un de ses proches, si le recours devant le comité de contrôle ne donne pas les résultats escomptés, le président sortant envigera d’autres recours. On imagine clairement que ce serait alors les tribunaux ivoiriens qui n’auraient plus qu’à dire que la candidature de Laurent Gbagbo ne respecte pas les lois de la République, comme a déjà menacé Bruno Koné à qui la CPI semble avoir délivré, par l’entremise de son porte-parole, le droit de vie ou de mort sur le front populaire ivoirien.
Sévérine Blé
Source: Aujourd’hui / N°773 du 21 novembre 2014




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