Ca dé-gouverne (2)

Jeudi 28 Juin 2012 - 04:15


Ca dé-gouverne (2)
Avec le président Laurent Gbagbo, malgré toutes les peaux de banane qu’on lui lançait, nous n’avions jamais eu l’impression que nous n’étions pas dans une République gouvernée. On voyait bien que gouverner, c’est prévoir. Les reformes étaient palpables a travers des textes de loi. Le jeu des institutions, même handicapées, rappelait constamment que nous étions dans un Etat de droit. L’économie était florissante avant même le point d’achèvement PPTE puisqu’avant cette échéance tous les corps de fonction ont vu leur traitement rehaussé. Finalement le PPTE était une ruse de l’homme politique avisé pour nous débarrasser des dettes qui ont atterri dans la poche des gouvernants précédents et non comme aujourd’hui, l’illusion d’une courte échelle pour remonter du gouffre économique qu’on ne cesse de creuser. Sous prétexte qu’il y a mieux que la politique de Laurent Gbagbo, on lui a collé une rébellion sauvage et on s’est mis en mission dans tous ses gouvernements pour saboter ses actions. A la suite de l’élection qu’il organise au forceps, il est bombardé, arrêté, détenu dans des conditions inhumaines et déporté dans une prison européenne. Et depuis, ceux qui nous ont promis le paradis, se cherchent comme on dit. Dagobert Banzio a arrêté de jouer le saltimbanque qui annonce la réduction du coût de la vie sans succès. Désormais quand on entend parler du gouvernement, et nous savons qu’il séjourne sous le feu des projecteurs, c’est pour déchirer sa propre charte de l’éthique, tellement les scandales le colle aux basques. Le globe-trotter, pardon le chef de l’Etat, bien plus préoccupé par sa sécurité personnelle et son bien-être, multiplie les voyages aussi inutiles les uns que les autres pour le pays. Depuis qu’il dit avoir été élu, le peuple attend toujours qu’il lui communique son programme politique. La pluie de milliards ayant été un mirage, peut-on au minima remettre les pieds sur terre pour penser notre simple fait d’exister ? Tout ce que le président Gbagbo avait voulu initier pour notre développement a été remis en cause sans qu’on nous propose autre chose. Nous sommes tous dans ce pays à nous poser la question suivante : où allons-nous avec Alassane Ouattara ? On dit que la nature a horreur du vide et les Ivoiriens commencent à avoir horreur de ce gouvernement qui ne met rien à la place de ce qu’il déconstruit. Et ils sont tellement conscients de la fureur qui habite le silence des Ivoiriens qu’ils croient en atténuer les effets dévastateurs par des incantations du genre « oubliez Gbagbo ! ». Si plus d’un an après, celui qu’ils ont traité de tous les noms de diable est encore présent dans le cœur des Ivoiriens, cela veut simplement dire qu’ils ne lui arrivent pas à la cheville. Même là où on attendait qu’ils montrent un brin d’intelligence à cause de leur amour pour les armes et la force, leur démarche reste des plus illisibles. On a besoin aussi d’un peu d’intelligence politique pour mettre en place un Etat policier parce qu’il est totalement illogique d’arrêter un citoyen hors du territoire national, l’extrader, faire son procès au cours d’une émission télévisée, le torturer pour lui arracher des aveux pour tentative de coup d’Etat et, avant de l’écrouer, ne retenir contre lui qu’un crime économique sans expliquer au peuple ce que sont devenues les preuves et les accusations de subversion ! Pour ceux qui m’écrivent, j’attends toujours de comprendre nos gouvernants actuels.

Joseph Marat ( Aujourd’hui )





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