CPI: Lobbying, Communication, et Stratégies Pendant la Trêve Judiciaire

Lundi 7 Mars 2016 - 00:21


La seconde manche du procès de la Honte s’ouvrira le 7 Mars après la trêve anticipée le 15 Février 2016 pour manque de témoins à charge. Entretemps, certains juges et le bureau du procureur ont pris conseils. La défense a continué à étudier le lourd et pesant dossier mais vide de la procureure et de son substitut, qui de leur propre aveu n’a rien de sérieux contre Gbagbo. Dans les media, une double voire une triple lecture du conflit Ivoirien, et les premières analyses de ce procès de la Honte ont comblé cette période de suspension temporaire.

Vacances Médiatiques Atlantiste


Mediapart et Canard Enchaîné ont ouvert les hostilités. Faisant des révélations sur les tenants des “guerres secrètes antiGbagbo” et sur la mascarade de son procès.  Les investigations de la juge Sabine Kheris sur le bombardement de Bouaké qui ont d’une part mis en cause trois ex-ministres de Jacques Chirac–Dominique de Villepin, à l’époque à l’Intérieur, Michel Barnier au Quai d’Orsay, et Michèle Alliot-Marie à la Défense– , et permis  d’autre part “de penser à l'existence d'une concertation à un haut niveau de l'Etat,” canalisent l’analyse des experts qui s’appuient sur les témoignages qu’elle a recueillis.
Plusieurs dépositions entrent en ligne dans la nouvelle interprétation du conflit Ivoirien et ses conséquences judiciaires. Le général Poncet, patron de “Licorne” à l’époque des faits affirme que “Gbagbo était trop fin politique pour prendre ce risque.” Le général Renaud Alziari de Malaussène, adjoint de Poncet en 2005 va plus loin: “Je n'étais pas présent en Côte d'Ivoire au moment de ces événements, [...] mais aujourd'hui je suis convaincu que Gbagbo n'a pas voulu tuer des soldats Français et que quelqu'un de son entourage a pris cette décision sans le [lui] dire.” Puis dévoile l’engrenage de la traîtrise qui se mettait en place autour du président. “Je pense que la mouvance Gbagbo est tombée dans un piège. Il y avait derrière un dessein politique très fort de mettre Ouattara en place.”
Les révélations de Mediapart et du Canard Enchaîné, plus les résultats d’enquête de Kheris, brisent la thèse officielle qui a prévalu, désignant Laurent Gbagbo comme le commanditaire de l’opération.  Puis désactiver le “mode silence-complice” des media occidentaux. Français en particulier. Les supports écrits, audio et visuels –AFP, RFI, TV5, France 24, Europe 1, Jeune Afrique, Libération, Le Monde,… –de propagande de la Francafrique se secouent mais ne modifient pas formellement leur ligne de mensonge. Dans le style mi-clair-mi-sombre qui, pris au premier degré ne culpabilise ni ne disculpe, mais qui, dans les entrailles des lignes développent la désinformation ou le parti-pris, ces propagandistes font l’autopsie du massacre d’Abobo. Tous les petits plats de mensonge placés dans les grands, et qui ont servi de base pour faire approuver l’intervention Française et Onusienne contre la Côte d’Ivoire sont revisités. Ils débouchent sur la certitude que la crise électorale fut la conséquence d’un coup d’Etat tissé dans les arcanes de la politique Française.  
Pendant cette trêve riche en communication, les media pro-Otan-Soros-Chirac-Sarkozy-Hollande-Fabius-Ouattara et leurs appendices en Côte d’Ivoire se sont tus. La déroute de l’accusation ne les a pas encouragé à disserter sur ce qui s’est passé, ni inciter ces “tonnelets” à se projeter dans l’avenir de ce procès dont la nature  politique n’est plus à démontrer. A part les diatribes contre les panafricanistes, les attaques contre le camp Gbagbo, la diversion avec le  procès Gueï Robert, ou encore des faits divers qui n’intéressent pas un Etat en construction, ils n’avaient rien de particulier à dire pour soutenir les arguments de l’accusation contre le président Gbagbo.
 
Media de Combat



Les media de combat mettent à profit cette trêve pour disséquer différents angles du drame Ivoirien. Analyses, enquêtes,  interviews pour mieux enseigner sur l’Histoire politique récente de ce pays ont été multipliées. Des conférences-débats sont organisées, pour informer sur l’escroquerie judiciaire en cours à La Haye. Des témoignages et vidéos ressuscités. Tous pointant d’un doigt accusateur la France et l’occident. D’autres instruisant sur la nature criminelle des partisans de Ouattara que la procureure Bensouda se refuse de voir.
Comme sujet d’analyse, on peut entre autres lire, “Révélation tout azimut de secrets d’Etat: Et si l’audience du président Laurent Gbagbo à la CPI posait des difficultés à la diplomatie Française?,” “Du bombardement de Bouaké au massacre de l’hôtel Ivoire: Dix ans de mensonges et d’impunité,”    “Côte d'Ivoire: Trois anciens ministres français visés par la justice,” “Bouaké: Le rôle de Dominique de Villepin a été essentiel,” “Et si l'audience du président Laurent Gbagbo à la CPI posait des difficultés à la diplomatie Française?,” “CPI: Les Ingrédients d’un Procès Politique,” “CPI: chronique d’un désastre,” “Côte d'Ivoire: Villepin, Barnier et MAM rattrapés par les bombardements de Bouaké,” “Procès de Gbagbo et Blé Goudé: La France veut une solution négociée,” “Fiasco de la marche des femmes du RDR à la CPI: Ne remplit pas La Haye qui veut!,” “Reprise du procès de la honte: Comment Gbagbo et Blé Goudé se préparent” “Affaire d'Abobo: Identifier ensemble la parenté du témoin P.199,”“ Depuis Londres, un spécialiste révèle la fiction d'Abobo,” ou enfin “Laurent Gbagbo à la CPI, ou le procès fait à l’Afrique,” une tribune de Michel Galy refusée par  “Le Monde” et le “Figaro.”


Bensouda sur le Font Sud


Croulant sous le poids de ses faux montages, ensevelie sous la charge des critiques, grillée par le feu de sa cupidité, affaiblie par les révélations sur sa nomination non-élective mais par consensus parce que nègre, pour agir en nègre de maison, la procureure-robot, instrument de politique internationale au service de l’Occident, téléguidée depuis les bureaux de l’Otan,  n’a pas chômé entretemps. Elle a trouvé un moyen de repartir à la recherche d’une nouvelle virginité. Mais aussi pour la conquête sans gloire de nouvelles terres  recolonisables: Centrafrique, Mali.
L’activisme de Bensouda pendant cette saison de repos s’explique. Conscient de la faiblesse de son dossier à charge, et du mépris avec lequel elle est traitée par les panafricains et la quasi-totalité des chefs d’Etat Africains qui l’accusent d’être un agent du néocolonialisme, cette habituée des passe-droits a animé des conférences pour s’expliquer et chercher des appuis. Fin Février elle était aux portes de Idriss Deby, chef d’Etat Tchadien et président en exercice de l’union Africaine. Raison? Solliciter son soutien pour se lancer sur de nouvelles proies alors qu’elle est incapable de vider avec équité le contentieux Ivoirien. Quelle gloutonnerie suspecte!
Pourquoi Deby grand pourfendeur de la CPI qui lors d’une conférence de presse à l’issue d’un sommet de l’UA, déclarait, “la CPI ne s’acharne que sur les pays africains, sur les chefs d’Etats africains, et même sur les chefs d’Etats en exercice, alors que ailleurs dans le monde, des choses se passent, beaucoup de violations des droits de l’homme flagrantes, je dis bien flagrantes, mais personne n’est inquiété[?].”
Bensouda a ses raisons et ses stratégies. Aux accusations de partialité dont sa Cour fait l’objet, la procureure a sa parade. Elle se défend en accusant. “la CPI ne s’intéresse pas qu’aux Chefs d’Etat africains. Toutes nos actions en Afrique sont déclenchées à la demande des gouvernements en place.” Cette déclaration qui semble partiellement vraie est fausse. Car le Président Omar Hassan al-Bashir du Soudan n’a pas été à la base de sa propre inculpation par la CPI. Le cas de Uhuru Kenyatta verse dans le même flou entretenu par Bensouda et ses mandataires. Aucun doute, les Africains déportés  à La Haye l’ont été  sur instigation et incitations des lobbies dont elle sert.

Partialité Juridique et Raciale


Cette pause a également permis à la procureure de se révéler autrement. Femme forte? Bensouda est un être faible. “Quand j’entends dire que la CPI ne cible que les présidents Africains, j’ai mal. J’ai mal en tant qu’Africaine, mais pas en tant Procureure,” s’est-elle risquée de dire lors  d’une conférence à Paris le 23 Février 2016. Comment la procureure qui a bâti toute sa charge contre le président Ivoirien Gbagbo sur une supposée division ethnique et religieuse développée par ce dernier pour se maintenir au pouvoir peut-elle ignorer les victimes non-Africaines? Bensouda souffre non seulement de partialité juridique, mais raciale.
En admettant un instant qu’elle souffre pour l’Afrique, pour les victimes Africaines puisqu’elle a déclaré, “si l’Afrique décide de se retirer de la CPI, ... C’est une régression de l’Etat de droit et de la justice pour les victimes,” on serait tenté de lui demander ce qu’elle fait pour restaurer l’image de l’Afrique bafouée par cette institution contestée de toutes parts, qui menace les leaders Africains souverainistes quand elle ne les déporte pas clandestinement. Aucun être sensé ne peut croire aux bonnes déclarations d’intention de la procureure sur l’Afrique puisqu’elle n’a jamais rien fait pour se séparer “de la politique étrangère de ses financiers” qui tuent les leaders indépendantistes du Continent.
Aussi, en parlant de “régression de l’Etat de droit et de justice” dans une Cour à vocation politique, Bensouda se ridiculise. Albert Bourgi, professeur de droit constitutionnel, lui rappelle que le président Gbagbo est allé à la CPI par la politique. Par conséquent, “seule la politique pourrait l’y soustraire.” Donc, pas question d'attendre que le droit soit dit à ce procès, ni pour un autre.


Tempête dans un Verre


“L’assassinat de sept femmes lors d’une manifestation le 3 Mars 2011 à Abobo,” est l’un des chefs d’accusation de Fatou Bensouda, mais aussi l’un des faits importants qui ont conduit au vote de la résolution 1975 par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Pour commémorer cette triste date, les militants du RDR et partisans des rebelles sont sortis de leur engourdissement profond. Ils ont pris la rue pour dénoncer ces crimes. Défier les panafricanistes portant le flambeau de la libération du président Gbagbo, souffler dans les voiles pendantes de l’accusation pour redynamiser la procureure et son équipe, et mettre la pression sur les juges de la CPI afin d’enfoncer définitivement le président Gbagbo.
Entre autres objectifs, cette marche visait à contrer la mobilisation patriotique à La Haye en soutien au président Gbagbo et à son ministre Blé Goudé, annoncée pour le 7 Mars 2016, à l'ouverture de la deuxième partie de ce procès de la Honte.   Malheureusement, cette marche annoncée en fanfare et qui aurait mobilisé un budget d’environ 30 millions de FCFA n’a été qu’une illusion. A peine une cinquantaine de marcheurs. Où était la communauté internationale. Où était cette majorité réprimée chère aux media occidentaux, quand il a fallu qu’elle fasse entendre sa voix dans un milieu qui lui est acquis? C’est vrai, “ne remplit pas La Haye qui veut!” Et l’innocence de Gbagbo encore prouvée.


Seconde Partie de la Bataille


Après la divulgation de l'identité des témoins, l'absence chronique de preuves, la fuite des témoins à charge, la pression sur certains témoins, la découverte d'un trafic de faux témoins à qui on a promis l'immigration en Europe, la découverte de preuves falsifiées par la procureure en pleine audience, les faux certificats médicaux, que reste-t-il à une accusation qui sombre dans le mensonge et le faux?
La seconde partie de cette bataille politico-juridique risque d’enfoncer un peu plus l’accusation si la défense sort des faux postulats, combat sa torpeur et pointe du doigt la complicité des instigateurs: les Nations Unies, la France et l’Africom et leurs exécutants: Nicolas Sarkozy, Philip Carter III et Jean-Marc Simon, respectivement ambassadeur des USA et de France en Côte d’Ivoire au moment des faits, et, Ban ki Moon et Choï Young-jin, son “parent” et son ancien représentant spécial en Côte d’Ivoire.
Aucun doute, le dossier de l’accusation est vide et les combines politiques nombreuses. A la défense de les démêler pour sa propre victoire d’abord, et pour les accusés ensuite. La période de suspension provisoire du procès Gbagbo a démontré qu’elle peut y arriver!


Feumba Samen
 




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