CPI: De folles rumeurs sur Gbagbo

Vendredi 2 novembre dernier, la Cour pénale internationale(Cpi) a déclaré l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, apte à suivre la procédure judiciaire engagée contre lui.

Jeudi 8 Novembre 2012 - 07:19


CPI: De folles rumeurs sur Gbagbo
La Cpi a en effet tranché, à l'issue d'une audience à huis clos qu'elle a tenue les 24 et 25 septembre pour statuer sur l'état de santé de Gbagbo, histoire de dire s'il est en possession de toutes ses facultés pour être jugé. Conséquence : l'ex-chef de l'Etat va demeurer en détention jusqu'à la tenue de l'audience de confirmation des charges.
De toute évidence, il passera sa deuxième Noël à la prison de Scheveningen à La Haye. Et pourtant, que n'a-t-on pas lu et entendu avant ce verdict ! Avant la tenue de cette audience dont la décision devait initialement tomber le 30 octobre, les rumeurs les plus folles avaient circulé sur le sort de Gbagbo. La presse proche de l'ancien président avait laissé entendre qu'il y a de bonnes chances qu'il bénéficie de la liberté provisoire. Un deal, avançait-on, avait été conclu entre les soutiens politiques de Laurent Gbagbo et certains décideurs du monde qui tirent les ficelles à la Cpi. On arguait que des calculs politiques souterrains étaient engagés en haut lieu pour concéder à l'icône des jeunes patriotes, cette liberté provisoire tant espérée. Les écrits les plus fous avaient fini par laisser croire que le jeu était fait et donc que Gbagbo recouvrerait la liberté, ne fut-ce que pendant un moment. Des noms de pays susceptibles de lui offrir gîte et couvert circulaient. On avait parlé de l'Ouganda, de la Gambie et même de l'Angola. Se fondant certainement sur les bons rapports que l'ex-président entretenait avec les chefs d'Etat de ces pays du temps où il était aux affaires. D'aucuns prétendaient que l'affaire avait quitté le terrain judiciaire pour laisser place aux tractations politiques.
Le président français, François Hollande, jurait-on presque, avait tout bouclé avec son homologue ivoirien lors du récent sommet de la Francophonie qui s'est tenue à Kinshasa en République démocratique du Congo. Hollande aurait convaincu Ouattara de se faire à l'idée que le célèbre prisonnier de Scheveningen allait être libéré et revenir couler ses vieux jours à Mama, son village natal.
A charge pour Ouattara de garantir sa sécurité. Info ou intox ? La suite des événements viendra faire mentir tous ceux qui ont fait courir toutes ces informations. Tout porte à croire que certains ont tout intérêt à distiller ces rumeurs pour doper le moral des militants et sympathisants de l'ancien président ou, à tout le moins, exploiter ses déboires judiciaires comme un fonds de commerce. Car, on le voit, les décisions successives rendues par la Cpi le 26 octobre et le 2 novembre tendent à montrer que la procédure judiciaire n'est pas près de s'arrêter pour quelque calcul politique que ce soit.
En effet, la Cour a confirmé ce 26 octobre, le rejet de la décision de mise en liberté provisoire introduite en appel par la défense de Gbagbo. Le faisant, cette juridiction internationale souligne, si besoin était, que les informations disant qu'elle est aux ordres des « gourous » politiques sont infondées. Et comme pour bien faire mentir ceux qui propagent de telles rumeurs, la Cpi a rendu un autre verdict le 2 novembre jugeant Gbagbo « apte » à être jugé et donc prolongeant son maintien en détention. Moralité : aucune pression politique ne semble pouvoir casser la procédure en cours à la Cpi. Tous ces flatteurs, qui vivent aux dépens de ceux qui les croient, devraient en tirer toutes les conséquences.
 
Assane NIADA
 
Source: L’Inter




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