Bro Grébé parle pour la première fois depuis sa sortie de prison : «Je ne regrette rien de mon combat»

La présidente des Femmes patriotes, Geneviève Bro Grébé, a rompu le silence hier, à l’occasion d’une cérémonie orga- nisée par les femmes patriotes, précédée d’une messe d’action de grâces en faveur de l’ex-pensionnaire de Katiola.

Mardi 17 Septembre 2013 - 08:30


Bro Grébé parle pour la première fois depuis sa sortie de prison : «Je ne regrette rien de mon combat»
Geneviève BroGrebé s’était murée dans un silence voulu depuis sa sortie du goulag de Katiola, après un transfèrement à la Pisam. 45 jours après sa libération, la ministre  n’est pas passée par quatre chemins pour dire certaines vérités. «Nous avons vaincu les bombes et les tortures. Nous avons vaincu les serpents et les scorpions. Nous avons vaincu la faim, nous avons vaincu la maladie et nous sommes ressuscités avec Jésus-Christ. Aujourd’hui, je suis entière. J’ai la vie, c’est la chose la plus importante», a déclaré la prési- dente des Femmes patriotes. Après avoir subi toutes sortes d’humiliations et d’acte de torture morale et physique, Mme Bro Grebé a le cœur blanc et sans rancune. «Pourquoi dois-je nourrir des ressentiments, pourquoi dois-je avoir des rancœurs ? Je n’en veux à personne. Même pas à mes frères et sœurs qui ont dansé et sablé le champagne, le 11 avril 2011. Je ne leur en veux pas. Je leur accorde le pardon. Le Seigneur dit: A moi la vengeance et la rétribution. Je n’ai pas d’esprit de vengeance», a fait savoir Geneviève Bro Grébé.
«Je ne regrette rien de mon combat…» Parlant de son combat, la présidente des femmes patriotes a dit assumer ses choix et son combat: Je ne regrette rien de mon combat pour la Côte d’Ivoire. Si c’était à refaire, je le referai… Il ne faut pas avoir peur, il ne faut pas regretter. Nous avons travaillé pour notre pays et nous en sommes fiers», a martelé Mme Bro Grébé.
Elle a par ailleurs appelé les uns et les autres au pardon. «Le pardon est un pouvoir magique pour celui qui l’accorde et à celui à qui on l’accorde. Pardonnons- nous les uns les autres. Il nous faut pardonner. Parce qu’on ne peut pas faire autrement. On ne peut pas passer notre temps à aller de vengeance en vengeance. Si nous aimons notre pays, il faut pardonner. Ceux qui nous ont fait du tort, il faut les aimer, prier pour eux. C’est difficile, mais on peut y arriver», a- t-elle  conseillé . Elle a expliqué que sa détention durant 28 mois n’était en réalité qu’une mission. «Nous étions en mission, nous sommes de retour», a fait savoir l’ex- detenue. Elle a indiqué qu’un pan de sa «mission» a consisté à comprendre d’autres facettes de la crise ivoirienne. «Pour 5000 Fcfa, il y a des gens qui se sont enrôlés dans la rébellion. On a ins - trumentalisé l’ignorance des gens pour les entraîner dans la guerre. Je dis je viens de mission. Dieu m’a envoyée en mission pour écouter les jeunes qui ont pris les armes. Ils nous ont tout dit et nous savons aujourd’hui pourquoi et comment des personnes ont été trompées», dira-t-elle. Elle a conseillé le pardon et la prière aux Ivoiriens car, fait- elle savoir, «la prière est une arme redoutable pour combattre l’ennemi, mais elle est aussi une arme redoutable pour désarmer l’ennemi».

Par Frank Toti




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