Boycott du recensement: Ouattara panique et veut arrêter Affi

Le gouvernement a décidé, hier lundi 5 mai en conseil des ministres, de sanctionner ceux qui refusent de se faire recenser mais aussi ceux qui appellent au boycott du RGPH. D’ores et déjà, le président du Fpi, Pascal Affi N’Guessan, qui est dans le viseur du régime Ouattara.

Jeudi 8 Mai 2014 - 07:10


C’est l’information principale du conseil des ministres qui a eu lieu hier au palais présidentiel au Plateau dans l’après-midi. Le gouvernement a décidé de sanctionner les Ivoiriens qui refusent de se faire recenser ainsi que ceux qui ont lancé des mots d’ordre de boycott de l’opération qui a commencé à la mi-mars. Selon le porte-parole du gouvernement qui s’exprimait à l’is- sue du conseil, tous ceux qui appellent au boycott sont responsables des troubles et perturbations constatés sur le terrain. « Nous souhaitons également attirer l’attention des uns et des autres sur les risques que prennent certaines personnes qui, devant tout le monde ouvertement, défient l’Etat et violent nos lois. Il faut savoir qu’il y a une loi sur les statistiques et puis surtout il y a le code pénal qui dans l’article 169 punit tout ce qui est en rapport avec les troubles à l’ordre. En l’espèce, c’est ce qui se passe parce que les mots d’ordre qui sont donnés par certaines personnes conduisent à quoi en définitive ? A des troubles au-delà même de toute la gêne que cela peut constituer au niveau de l’aspect totalement technique du recensement, il y a des troubles à l’ordre public et qui ne pourront plus être tolérés. On ne peut pas accepter que certaines personnes dans les journaux tiennent certains langages. Le gouvernement tient à ce que cela soit porté très clairement à toutes les populations que demain, qu’on ne nous dise pas qu’on est contre la démocratie, qu’on a arrêté tel parce qu’il est de tel parti », a déclaré Bruno Koné, nerveux. « Ceux qui veulent continuer à dire des choses, qu’ils continuent à le dire. Donc le ministère de la justice a été saisi dans ce sens, le ministère de l’Intérieur a été saisi dans ce sens. Le gouvernement prendra désormais ses responsabilités vis-à-vis de tous ceux qui troublent d’une façon ou d’une autre le déroulement de cette opération », poursuit-il, ajoutant qu’à partir aujourd’hui, le gouvernement va commencer à sévir.

Affi N’Guessan dans le viseur du régime

 Ce message du gouvernement est sans ambiguïté : il s’adresse au président du Fpi qui a appelé dès le début les Ivoiriens à s’abstenir de tout recensement parce que les conditions politiques mais techniques ne sont pas réunies pour mener à bien cette opération qui prendre fin le 22 mai prochain. C’est Pascal Affi N’Guessan qui est directement visé et que le régime Ouattara veut encore une fois arrêter. Cette fébrilité du régime parait incompréhensible. D’autant plus que Bruno Koné assure que l’opération de recensement se déroule « globalement » bien car les premiers résultats se situent entre 20% et 93% d’enrôlement selon les localités et que même à Lakota on en est à 87%. Il soutient aussi que les perturbations enregistrées seraient des actes « isolés ». Mais comment une opération qui se déroule bien peut amener le camp Ouattara à bander les muscles et à vouloir sanctionner des personnes qui refusent de se faire recenser ou arrêter les dirigeants de l’opposition qui appellent leurs militants à s’abstenir de cette opération ? Visiblement, c’est l’échec du RGPH, surtout avec le mot d’ordre du Fpi, qui met le gouvernement dans cette panique. Le camp Ouattara brandit donc les menaces, espérant que les Ivoiriens se mobilisent pour cette opération et tentant d’intimider le Fpi qui maintient son boycott. Les menaces brandies par Joël N’Guessan, porte-parole du Rdr, n’ayant pas eu d’effet, le gouverne- ment monte au créneau. Mais c’est connu. Quand le régime est en difficulté, il adopte cette posture. On se rappelle que lorsque le Premier ministre Affi relevait l’inéligibilité d’Alassane Ouattara ou la gestion chaotique du pays lors de ces tournées politiques, les thuriféraires de l’actuel pouvoir, notamment Amadou Soumahoro, Secrétaire général du RDR, avaient brandi les mêmes menaces. Comment Bruno Koné peut-il à la fois affirmer que le RGPH se déroule à merveille et reconnaitre également qu’il y a des « difficultés » concernant la mobilité des agents-recenseurs, les retards de livraison des équipements informatiques (Smartphones) et de cou- verture Internet ? Le gouvernement, qui a mis la charrue avant les bœufs en lançant dans la précipitation cette opération alors que les conditions n’étaient pas encore réunies, doit assumer son entêtement.

Par Anderson Diédri

Source: Le Nouveau Courrier N° 1023 Du mardi 06 Mai  2014





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