Bombardement du cantonnement français de Bouaké en 2004: Après avoir accusé Gbagbo, la France propose un règlement à l’amiable

Samedi 8 Novembre 2014 - 08:34


10 après, un autre complot contre Gbagbo tombe à l’eau

06 novembre 2004- 06novembre 2014, cela faisait hier, dix ans, jour pour jour que les évènements de Bouaké sont survenus. Pour rappel, le 04 novembre 2004, l’armée régulière de Côte d’Ivoire,- ulcérée par l’attitude des rebelles du nord qui n’en finissaient plus de ruser avec le désarmement et de violer constamment, le cessez-le-feu et les différentes lignes de démarcation-, entreprend de lancer l’opération « Dignité » pour punir les troupes de Guillaume Soro et partant, libérer le pays coupé en deux depuis 2 ans. L’opération qui se fait au départ, avec la bénédiction des autorités françaises, connait un franc-succès  les deux premiers jours, et dans les milieux parisiens, l’on parle même de frappes chirurgicales de la chasse ivoirienne qui avait pris pour cible l’arsenal militaire de la rébellion. Et alors que l’armée loyale au président Laurent Gbagbo s’apprêtait à finir le boulot avec l’entrée en scène des troupes au sol, voilà que subitement, la force française, Licorne, se plaint que dans la manœuvre de l’aviation ivoirienne, une bombe a été larguée sur son cantonnement de Bouaké, occasionnant du coup la mort de 9 soldats français et un civil américain. Aussitôt, les évènements s’emballent. Le président Laurent Gbagbo n’a pas encore fini de s’informer sur l’incident  en question, que depuis Paris, Jacques Chirac, après avoir piqué une grosse colère, ordonne à l’armée française de détruire toute la flotte des Forces armées nationales de côte d’Ivoire (Fanci). Aussitôt dit, aussitôt fait. Les avions et hélicoptères de combat sont pulvérisés au sol par des roquettes pendant que ceux, stationnés à l’aéroport d’Abidjan, sont vandalisés à la hache. L’ar- mée de France, prend dans le même élan, le contrôle de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan Port-Bouët. Une réaction surprenante qui indigne et révolte les jeunes patriotes ivoi- riens, qui sous la houlette de Charles Blé Goudé, décident de résister à l’occupation française. Les mains nues, ils affrontent les chars enragés de la Licorne devant l’Hôtel Ivoire, le 06 novembre 2004. Près de 70 d’entre eux y perdront la vie pendant que plus de 2000 manifestants s’en tireront avec des blessures plus ou moins graves. Ce sont les évènements de l’Hôtel Ivoire. Pour couvrir la dérive de son armée, Mme Michelle Alliot-Marie, ministre de la Défense de l’époque, pousse la chansonnette de la légitime défense, les jeunes patriotes, à ses yeux, étant armés et ayant même été les premiers à ouvrir le feu sur les soldats français. Elle sera désavouée quelques jours plus tard par la chaine de télévision français, cryptée, Canal+ qui réalisera un formidable documentaire sur ces évènements. Dans cette crise de début novembre 2004, Alliot- Marie n’est pas à son premier mensonge. Car elle a beau s’énerver sur la question, jamais elle n’avait apporté le moindre commencement de preuve sur la mort alléguée des neuf soldats français tués à Bouaké. L’essentiel pour elle, étant  certainement, que l’opinion de son pays retienne que le régime Gbagbo a tué délibérément 9 éléments de l’armée française. Cela, pour justifier les représailles et la tentative avortée de renverser ce 06 novembre, le récalcitrant Laurent Gbagbo. Jacques Chirac lui- même, ne s’était-il pas vanté comme un jeune collégien, qu’on ne tue pas impunément des soldats français ? Mais malgré toute cette débauche d’énergie, Michelle Alliot-Marie n’arrivera pas à convaincre les parents des victimes et leur avocat, Me Balan, qui demanderont à voir les corps des défunts pour identification. Ils essuient un refus poli de la part des autorités françaises  qui plombent les cercueils et enterrent ceux-ci aux Invalides, mettant ainsi fin au débat sur l’authenticité des corps. Aussi, les parents  des victimes ne comprennent pas que les pilotes biélorusses, supposés avoir tiré sur le camp français, à Bouaké, aient été relâchés par les soldats français qui les avaient du reste, interpellés. L’interrogation restera sans réponse valable pendant toute une décennie qui verra se succéder trois différents locataires au palais de l’Elysée, à savoir Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et aujourd’hui, François Hollande. Dix ans après, Me Balan et ses clients se voient à présent, proposer un règlement à l’amiable par les autorités de leur pays. C’est assurément la preuve que cette affaire de soldats tués par les hommes de Gbagbo n’était rien d’autre que de la pure invention faite dans le seul but de diaboliser l’ex n°1 ivoirien. Encore une fabrique de la Françafrique qui tombe ainsi à l’eau. Mais aussi et surtout, une stratégie déjà observée avec les escadrons de la mort, attribués aux Gbagbo sans la moindre preuve. Ce qui avait valu d’ailleurs, on s’en souvient, au président Laurent Gbagbo de gagner tous les procès intentés contre les différents médias français qui avaient vite fait d’amplifier  cette accusation grotesque et sans  fondement. La vérité finit toujours par triompher. Et on ne le dira jamais assez.  


Géraldine Diomandé

Source: Aujourd’hui / N°764 du vendredi 07 novembre 2014




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !