Bombardement de la résidence de Gbagbo en avril 2011: Révélations sur l’assassinat des jeunes patriotes

Jeudi 12 Juin 2014 - 10:25


Image d'archives: La résidence de Gbagbo après les bombardements
Image d'archives: La résidence de Gbagbo après les bombardements
Le Secrétaire national de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (Jfpi), Konaté Navigué a fait, le lundi 9 juin 2014, lors de sa visite à la fédération d’Abobo-Anyama, des révélations sur le renversement du président Laurent Gbagbo en avril 2011.
On ne le dira jamais assez. La France était ouvertement en guerre contre Gbagbo. Les révélations faites par Konaté Navigué illustrent si besoin en était encore cette thèse. «On était le 10 avril matin, quand on m’appelle du Golf pour dire qu’une réunion vient de se tenir et que le 11 avril sera l’assaut final sur la résidence et ils vont prendre le président», a-t-il relaté. Après plusieurs jours, les bombardements étaient de plus en plus intenses et les snipers étaient postés un peu partout autour de la résidence. Dans la mi-journée du 10 avril, se souvient l’ancien directeur des affaires politiques au ministère de l’Intérieur, il reçoit un appel anonyme. La personne au bout du fil profère
des menaces. «Le soir, vers 20 heures, une autre source française m’appelle cette fois- ci pour me dire M. Navigué, «demain on va prendre le président [Gbagbo] et on ne garantit pas la vie de tous ceux qui sont avec lui. Je tenais à vous le dire». Donc il a confirmé l’information qui était venue du Golf, révèle Konaté Navigué. Cette nuit, vers 22 H, profitant de la forte pluie qui s’abattait sur Abidjan, et qui induit un relâchement des bombardements, qu’il a quitté la résidence présidentielle de Cocody. Konaté Navigué n’a pas manqué de saluer la dignité et la résistance du président Gbagbo. «Vous pouvez être fier du président Laurent Gbagbo», a-t-il indiqué, expliquant
qu’alors que les bombardements faisaient trembler la résidence, Gbagbo était serein ainsi que ses proches comme Aboudrahamane Sangaré et Simone Gbagbo. Nous sommes le 11 avril 2011. «A 6 Heures 30, le ministre Tagro m’appelle encore. Il me dit : «Il faut appeler la source française d’hier. On vient de me dire que les chars sont en train de quitter le 43ème BIMA pour venir prendre le président. Il faut vérifier l’information». J’appelle le monsieur, et il me dit : «M. Navigué, hélas oui» (…) J’ai appelé le ministre Tagro pour lui dire que c’est vrai. La seule chose que Tagro m’a dite c’est : «Donc ils vont me tuer. Mais où vous êtes, à côté de la résidence ? Quittez là». On est parti vers 11 heures 30», relate celui qui a passé plusieurs jours dans la résidence de Gbagbo. C’est finalement le 16 avril qu’il est allé en exil. «Vous avez vu les blessures de Sidiki Bakaba après, mais c’est devant nous que cela s’est passé. Bably Gohourou, est mort sous nos yeux». Selon les révélations de Navigué, de nombreux patriotes qui étaient mobilisés devant la résidence présidentielle ont été grièvement blessés par les bombardements. «On était en train de chercher des solutions, comment les soigner, mais quand ils [les FRCI] sont arrivés le 11 avril, ils les ont tous achevés», témoigne-til.

Par Anderson D.

Source: Le Nouveau Courrier N°1047 Du Mercredi 11 Juin




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