Bertin Konan Kouadio, président de la JPdci : «Je ne crains rien»

Présent dans les médias pour un combat qu’il « mène dans l’intérêt » de son parti, le président de la Jeunesse du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (JPdci) et député de Port-Bouët, Bertin Kouadio Konan (KKB), soutient qu’il ne cautionnera pas la disparition de la formation politique créée par Houphouet-Boigny.

Mercredi 26 Juin 2013 - 11:37


Konan Kouadio Bertin
Konan Kouadio Bertin
KKB par-ci, KKB par-là. Que recherche le député de Port-Bouët ?

En réalité, je suis un soldat du parti au service du Pdci-Rda, un parti qui m’est cher. S’il y a une chose à laquelle Houphouet-Boigny tenait avant sa mort, c’est le Pdci-Rda. Quand on a fait le serment de militer dans ce parti, de soutenir l’idéal de ce grand homme, on défend son parti. C’est en gardien de temple que je me comporte comme je le fais. Le seul intérêt mien, c’est celui du Pdci-Rda.


Un soldat de parti "engagé" dans un combat ouvert contre son chef. N’est-ce pas contradictoire ?

Je n’agis jamais contre le président Bédié. Tout ce que je fais, lui profite toujours. Je sers ses intérêts ; je suis sûr que Bédié me comprendra un jour et ce que je fais dans l’intérêt du Pdci-Rda sera aussi dans son intérêt. Donc, KKB n’a vraiment rien contre le président Bédié. Je ne le combats pas. Je le répète, je l’ai librement choisi, Bédié est et restera un père pour moi.


Le "fils" était-il obligé de passer par les médias pour faire des "reproches" à son "père" ?

Je n’ai pas fait de reproches au président Bédié.


Pourquoi dites-vous que le douzième congrès de votre parti est celui des jeunes ? Les "vieux" du Pdci vous empêchent-ils de vous épanouir?

C’est au regard des prochains congressistes que j’ai tenu ces propos. La moitié des membres statutaires du parti est jeune, c’est pourquoi je dis que ce congrès est celui des jeunes parce qu’ils doivent avoir le souci de projeter l’avenir et cet avenir, c’est la jeunesse. Voilà le fond de ma pensée. Et, je l’ai toujours dit aux jeunes, s’il y a une chose à laquelle chacun de nous tient, c’est la chaîne des générations. Nous faisons en sorte que chez nous, personne ne brise cette chaîne. Les vieux ont leur place au Pdci, les jeunes aussi. C’est un ensemble qui se tient.


C’est une toute autre impression que vos sorties donnent, puisque vous ne ménagez pas la "vieille garde" que vous semblez combattre farouchement.

Non, je ne combats pas la vieille garde. Mais il va de soi que dans une situation politique comme la nôtre, il y ait une responsabilisation accrue des jeunes. Pour renforcer le dynamisme au sein du parti, je pense que cela s’impose.


Nos sources révèlent que vous êtes la voix audible d’un groupe de personnes "tapies" dans l’ombre. Que ces barons du Pdci vous utilisent pour assouvir des desseins. N’avez-vous pas peur de perdre la face ? Ne craignez-vous pas de finir, in fine, comme d’autres?

Je ne crains rien. Mais ceux qui pensent que je roule pour des personnes ne me connaissent pas. Je roule pour mon parti, le Pdci-Rda. Je ne suis pas manipulable ; j’ai toujours agi en toute liberté. C’est ainsi que j’ai agi en 1999 après le coup d’Etat ; je n’ai pas changé.


Vous avez dit récemment que M. Mady a été mal récompensé. Que voulez-vous exprimer ? N’est-ce pas à vous-même que vous faites allusion ?

Je répondais à une question qui m’avait été posée. Si elle avait un rapport avec ma personne, j’aurais répondu.


Avez-vous bien été récompensé, vous ?

Je suis constant et je prie Dieu pour qu’il m’inspire toujours des positions qui servent l’intérêt général, afin que je ne ramène jamais tout à ma modeste personne.

Répondez, s’il vous plaît à la question !

Oui, je pense que pour l’instant je suis sur la bonne voie, celle de servir les intérêts du Pdci-Rda.

Et M. Mady ?

Acceptez que je n’en parle pas, s’il vous plaît.

Et pourquoi ?

Je crois en avoir suffisamment parlé.


Au cours d’une conférence de presse, vous avez volé dans les plumes du Rassemblement des républicains (Rdr), le principal allié du Pdci. Que reprochez-vous au parti du président Ouattara ?

Je n’ai jamais volé dans les plumes du Rdr. Et c’est une belle opportunité pour moi de rassurer notre allié et lui dire que notre combat n’est pas dirigé contre lui. Seulement, je dis que le Pdci, le plus vieux parti de Côte d’Ivoire qui a de l’expérience, est mieux placé pour savoir ce qui est bien pour lui. Que le Rdr ne donne pas l’impression de vouloir nous imposer nos chefs, nos responsables. Qu’il nous laisse nous organiser librement. Personne ne remet en cause notre alliance. Le futur président qui sortira du congrès ne causera pas de problème à l’alliance. Je voudrais rassurer nos alliés du Rdr que notre combat n’est pas dirigé contre eux. Bien au contraire, le Rhdp (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, ndlr) sera fort quand chaque membre sera fort.


Vous avez été député sous la bannière du Rhdp. Pensez-vous que ce mouvement puisse encore se prévaloir d’un fondement solide jusqu’en 2015 ?

Ce n’est un secret, le Rhdp traverse une zone de turbulence.


On annonce une mutation du Rhdp en parti politique. Etes-vous d’accord ?

Si le parti unifié suppose la disparition du Pdci-Rda, je dis non.


Etes-vous toujours pour un candidat Pdci à la présidentielle de 2015 ?

Oui, je suis toujours pour que le Pdci ait son candidat en 2015. La mission d’un parti politique, c’est de conquérir le pouvoir d’Etat. Et le Pdci qui a conduit ce pays à l’indépendance, l’a bâti. Je ne sais pourquoi il choisirait de se faire hara-kiri en refusant de se présenter à une élection présidentielle. Je dis tout haut, le Pdci aura son candidat en 2015.


Et si le douzième congrès décide que le Pdci soutienne la candidature de M. Ouattara?

Je ne peux tenir le congrès avant la date arrêtée.

Si c’est le cas ?

Nous sommes en démocratie, si la grande majorité se dégage pour une position, je m’alignerai.


Comment avez-vous perçu la récente sortie du ministre du Commerce, Jean-Louis Billon, sur la cession du deuxième terminal à conteneurs au groupe Bolloré ?

C’est inédit, c’est la première fois qu’un tel fait se produit en Côte d’Ivoire ; qu’un membre du gouvernement fasse une telle sortie. Cela pose le problème de la solidarité gouvernementale. Dans les grands pays, dans les grandes démocraties, quand on arrive à ce stade, il y a forcément des conséquences. A la limite, la première chose, c’est que le gouvernement fasse la lumière sur une telle action.

Réalisée par Parfait Tadjau
 

 




Publié le mardi 25 juin 2013  |  Nord-Sud




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