Bernard Doza fait à Paris le procès de ceux qui ont trahi Laurent Gbagbo. Il annonce la chute prochaine du régime Ouattara

Dimanche 22 Mars 2015 - 08:48


Bernard tenant le micro. A sa gauche, Thibeaud Obou, co-animateur de la conférence
Bernard tenant le micro. A sa gauche, Thibeaud Obou, co-animateur de la conférence
Bernard Doza, journaliste d'investigation, auteur du livre intitulé "Liberté confisquée", et ancien compagnon de lutte de Laurent Gbagbo était ce week-end face aux patriotes ivoiriens. Il animait une conférence publique sur le thème: "Le combat pour la libération nationale depuis le 11 avril 2015".
Venus nombreux au 177 rue de Charonne dans le 11ème arrondissement de Paris pour écouter Bernard Doza, les participants ont été bien servi. Révélations et galvanisation ont meublé cette conférence. Bernard Doza, il faut le souligner, n'est pas un couturier de la vérité. Bien au contraire, il est celui qui prend éminemment plaisir à la déshabiller, afin de la présenter dans sa belle nudité. Mais cette nudité, bien que séduisante et excitante, dont tout l'art est d'agrémenter le discours tout en éclairant les esprits, n'est pas de nature à plaire à tout le monde. Cela a encore été prouvé à cette conférence, où certains participants ont eu du mal  à contenir leur mécontentement en entendant des vérités crues du conférencier. Une situation  qui a suscité quelques bruits dans la salle. Des "faut pas dire" et des "il faut dire" étaient partagés dans la salle. Bernard Doza le reconnait lui-même:  "toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire".  N'empêche qu'il a saisi encore une fois l'occasion pour dire ses vérités qui fâchent.
Il a dressé une liste non exhaustives des cadres du FPI qui ont trahi Laurent Gbagbo avant et après sa chute du pouvoir. Une liste qu'il a pu établir sur la base de ses investigations et de certaines confidences crédibles.  Le Pasteur Koré Moïse, le Ministre Koné Katinan (porte-parole de Laurent Gbagbo),  M. Fofana (ex-responsable des renseignements au palais),  le général Philippe Mangou, Amani N'Guessan Michel,  Marcel Gossio, Voho Sahi, Affi N'Guessan, etc...., sont autant de personnes qui ont trahi la lutte ou la confiance de Laurent Gbagbo.  S'agissant du cas Affi N'Guessan, Bernard Doza a souligné que son animosité pour Laurent Gbagbo est partie de l'emprisonnement de sa femme Angiline Kili, accusée dans l'affaire du détournement des fonds de la filière Café- Cacao.  Il a révélé qu'Affi N'Guessan avait ouvertement manifesté son mécontentement à Gbagbo dans cette affaire où par solidarité à sa femme, il partait passer des nuits en prison à ses côtés.  Le conférencier a aussi parlé d'un Affi N'Guessan qui avait  négocié un poste de premier ministre de Ouattara avant la chute de Laurent Gbagbo.  Il n'a pas manqué de souligner la corruption de  certains membres de l'ancienne direction du FPI sous Gbagbo. Des responsables du parti de Laurent Gbagbo se sont laissés corrompre par Alassane Ouattara par l'intermédiaire de son ministre de l'intérieur, Hamed Bakayoko, disposant d'un fond  destiné à cette fin, a révélé le Bernard Doza.
Outre cette plaie qui  a contribué à la chute du régime de Laurent Gbagbo et qui met en mal la lutte pour la libération de la Côte d'Ivoire, le conférencier a cité cette autre plaie qu'était l'entourage PDCI de Laurent Gbagbo. Un entourage PDCI excessif au palais et au gouvernement qu'il  a reproché à Laurent Gbagbo, considérant qu'il a été constitué au détriment de ceux avec lesquels il a mené la lutte. Selon Bernard Doza, cet entourage PDCI qui n'avait d'autre préoccupation que de  profiter au maximum du pouvoir en s'enrichissant de façon illicite. L'un des ministres de Laurent Gbagbo,  leader d'un parti politique et ami de Konan Bédié, dont nous préférons taire le nom,  avait même eu l'ingéniosité , selon Bernard Doza, de cacher un 1 milliard de francs CFA dans un mur de sa maison en louant les services d'un maçon béninois venu spécialement du Bénin pour cette mission. Cette forte somme d'argent avait été récupérée par les FRCI, suite aux révélations du maçon béninois, revenu du Bénin après la chute du régime.
Pour l'auteur de "Liberté confisquée'', proclamant être du camp de la révolution anti-coloniale, Ouattara,  qui n'est pas un démocrate, ne partira pas du pouvoir par les élections. Pour lui,  il n'est donc pas question  que l'opposition ivoirienne s'y aventure. C'est pourquoi  il se dit partisan d'un renversement violent de l'actuel occupant du palais présidentiel d'Abidjan.  Mais pour se donner les moyens d'une telle action, il  dit ne pas compter sur les petites cotisations des ivoiriens de la diaspora. Il a profité de l'occasion pour fustiger ceux qui ont escroqué des ivoiriens en leur faisant rêver de financer un renversement du régime  d'Alassane Ouattara.
Bernard Doza estime que la libération de la Côte d'Ivoire pourra aussi  passer par des manifestations de masse des démocrates ivoiriens, afin de rendre le pays ingouvernable. Car selon lui, "l'homme blanc ne discute que lorsqu'il a le couteau à la gorge". Ainsi la France, qui a installé un sous-préfet local à Abidjan, pourra négocier avec les démocrates ivoiriens,  pense Bernard Doza. 
Il s'est présenté comme celui qui porte la révolution anti-coloniale dans son âme et qui accepte de vivre difficilement, afin de ne pas trahir la lutte en acceptant de mener une vie de petit bourgeois par l'acceptation de certaines propositions.
A ceux qui lui reprochent ses critiques contre Laurent Gbagbo, Bernard Doza a rappelé qu'il est dans son rôle de critiquer celui qui,  plus qu'un ami, est pour lui un frère, à qui il ne veut cependant pas rendre visite à La Haye, estimant qu'il sait ce qu'il doit faire pour le faire sortir de la prison de Scheveningen. Sur cette question, il a au passage estimé que les manifestations des patriotes ivoiriens à Paris et La  Haye ne pourront faire sortir Laurent Gbagbo de sa prison.
Il faut noter par ailleurs que cette conférence co-animée et introduite par Thibeaud Obou, écrivain et président de l'Association "Africains du monde", a connu la participation d'autres africains et d'antillais venus apporter leur contribution au combat pour la libération des peuples noirs.  Cette conférence a été l'occasion pour Bernard Doza de dédicacer son livre intitulé "Liberté confisquée". Un livre actuellement en vente qui avait été interdit de vente en Côte d'Ivoire sous le régime d'Houphouët Boigny . Ce dernier s'était fermement opposé aux révélations sur sa personne contenues dans ce livre.


Zéka Togui.                                                      
 




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