Banny rompt le silence depuis Paris: La bataille pour l'âme du PDCI a commencé !

Le président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR), Charles Konan Banny, a enfin rompu le silence et à demi mot, affiche vraisemblablement ses ambitions de l’après-CDVR. En ligne de mire, sans nul doute désormais, les échéances électorales de 2015. Mais avant, l’ex-premier ministre invite à la tenue d’un congrès et à l'ouverture du débat au sein du parti sexagénaire, le Pdci.

Samedi 4 Mai 2013 - 08:55


Banny rompt le silence depuis Paris: La bataille pour l'âme du PDCI a commencé !
Aux lendemains des élections municipales et régionales, avec ses vagues de fraudes et de vio - lences, la question de l’alliance entre le Pdci et le Rdr fait débat. Dans la foulée, le chef de l’Etat, annonce insidieusement sa candidature aux prochaines élections présidentielles de 2015. Et alors qu’on s’y attendait le moins, ce sont les intentions cachées de Charles Konan Banny qui sont révélées. L’homme pense désormais à sa carrière politique et surtout à 2015. Un Banny candidat face à Ouattara, son «ex- employeur». L’annonce fait l’effet d’une bombe. Mais curieusement, aucun démenti du concerné lui-même encore moins de ses proches ne vient infirmer les choses. Et comme s’il s’agissait d’une préparation des esprits à la candidature de Banny en 2015, c’est lui-même qui va rompre le silence. Mais en y allant avec la langue de bois et sa méthode propre à lui, «le dévoilement progressif». Dans un bref entretien avec RFI, le président de la Cdvr parle du Pdci, son parti politique (et pourtant, son mandat à la CDVR court jusqu’en septembre 2013 et il est donc astreint logiquement au débat politique de par sa fonction). «Le Pdci a une place à nul autre pareil dans la Côte d’Ivoire. Le Pdci doit continuer à être le parti d’avant-garde. Les générations changent, mais il est bon que le Pdci soit vigilant pour ne pas être dépassé par les évènements. C’est pour tout cela qu’il faut que le congrès du parti se fasse», a déclaré Banny sur les antennes de Rfi, hier jeudi 2 mai 2013. Une déclaration qui s’inscrit logiquement dans le contexte postélectoral de 2013, marqué par des dissensions et des accusations mutuelles entre les alliés du Rdr et du Pdci. Et surtout, 48 heures après la célébration des 67 ans d’existence du Pdci marqué par le malaise vagal du président du parti, Henri Konan Bédié, survenu dans la nuit du 30 avril dernier. Cette déclaration, enregistrée, selon nos informations, il y a un peu plus de deux semaines, a relancé le débat de sa succession et surtout de la tenue d’un congrès. Pour Charles Konan Banny, c’est au cours du congrès que des réponses seront trouvées à toutes les questions qui restent en suspens, notamment l’avenir du parti fondé par Félix Houphouët-Boigny, la présidentielle de 2015…
Un congrès du Pdci prévu pour octobre prochain «Le Pdci doit être à la hauteur des enjeux. Il faut qu’on n’ait pas peur du débat. Il y aura des débats, j’en suis certain. Qui peut dire qu’il n’y a pas matière à discuter pour trouver la meilleure des solutions ? Je suis tellement bien placé pour le savoir», a affirmé Charles Konan Banny. Réponse du ber - ger à la bergère : le président du Pdci, Henri Konan Bédié qui s’est bien remis de son malaise, a présidé lui-même, hier jeudi 2 mai 2013, le comité provisoire chargé de l’organisation du prochain congrès qui a été prévu, à cette rencontre, finalement pour se tenir en octobre prochain. Toutefois aucune date précise n’a pu être donnée. Néanmoins, c’est tout de même une victoire des partisans de la tenue d’un congrès qui ont réussi à arracher une période à Bédié. Les dés sont désormais jetés.
CDVR : Banny ne veut pas rempiler C’est un secret de polichinelle que de le dire. Banny a clairement affiché sa volonté de ne pas être reconduit pour un second mandat à la tête de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR), dont la mission a été sérieusement fragilisée par le politique. Ruinant à plusieurs reprises les maigres acquis de l’appareil réconciliateur. Tout le monde, y compris Banny lui-même, savait que c’était un cadeau empoisonné que lui avait offert le chef de l’Etat, Alassane Ouattara au lendemain de sa prise du pouvoir. Mais l’ex- Premier ministre ne s’est pas dérobé de la mission qu’il qualifiait pourtant de «divine». Banny pense désormais à autre chose, avec le regard tourné vers la présidentielle de 2015 qui reste, inti - mement liée avec un profond changement à la tête du parti sexagénaire. La bataille pour l'âme du PDCI a bel et bien commencé. Elle pourrait être sanglante. Tous aux abris !

Par Frank Toti

Source: Le Nouveau Courrier N°790 du Vendredi 03 Mai 2013




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !