Banny est-il l’homme indiqué pour mener la réconciliation en Côte d’Ivoire ?

Samedi 21 Avril 2012 - 06:30


Banny est-il l’homme indiqué pour mener la réconciliation en Côte d’Ivoire ?
Tous les Ivoiriens savent que Banny est un militant actif du RHDP, c'est-à-dire une coalition créée à Paris sous l’égide de la Françafrique. L’ex-président Jacques Chirac en était le mentor, tant il tenait à la préservation de ses intérêts privés en Côte d’Ivoire. Le conflit d’intérêt est chose courante en Afrique francophone. L’on a pu apprendre l’existence de plantations de cacao appartenant à la famille ou aux proches de Chirac dans la région de Divo. La Becob, entreprise spécialisée dans le commerce du bois tropical, dirigée par Bernard-Henri Lévy est un autre exemple de conflit d’intérêt qui sont à la base des turpitudes sociales en Côte d’Ivoire.
L’objectif du RHDP, cette espèce de serpent à sept têtes, est de représenter et de défendre bec et ongle les intérêts de la puissance coloniale en Côte d’Ivoire et dans la sous région ouest-africaine. La cooptation de Banny pour mener la médiation entre les Ivoiriens nous interpelle vivement. Comment peut-on être juge et parti ?
L’illustre médiateur l’a dit haut et fort. Il a souvent clamé son appartenance à la mouvance« ouattariste ». Comment peut-il être impartial dans cette mission qui dépasse ses compétences ? Il nous semble pertinent de rappeler la présence de Banny au QG de Dramane Ouattara lorsque celui-ci suppliait la CEDAO et la France d’intervenir militairement dans la crise ivoirienne pour arrêter Gbagbo. Le message du RHDP a été entendu et a été exécuté par les forces de l’ONUCI, de la licorne et de la CEDAO : Gbagbo a été arrêté et humilié comme un vulgaire malfrat.
Banny a applaudi le sale boulot de Sarkozy qui a autorisé l’armée française à attaquer un petit pays qui ne lui a pas déclaré la guerre.
Que répond- il au secrétaire du RDR qui a annoncé publiquement que les militants du FPI termineront au cimetière ? Que pense t- il des assassinats ciblés contre les cadres et les militants du FPI ? Juste après les enterrements de Bohoun Bouabré, de Tagro Désiré, de Yan Raymond, de Gozé et de Gomond, le ministre Amani N’guessan a été agressé à son domicile et l’avocat de Simone Gbagbo jeté en prison. Comment peut-on parler de réconciliation dans un tel climat d’horreur ? Banny n’a jamais dénoncé toutes ces exactions devant la communauté internationale qu’il se plaisait à appeler au secours il y a seulement quelques mois.
Une provocation de trop
Le 11 Avril 2012 le RHDP célébrait pour la première fois ce qu’il a appelé la victoire de la démocratie sur la fin de la dictature en Côte d’Ivoire. Toutes les images de l’arrestation de Gbagbo et de son épouse ont refait surface à travers les médias du monde dans le seul but de choquer les partisans de Gbagbo et de les humilier. Là encore Banny n’a pas réagi.
Banny est-il libre ?
Tous les Ivoiriens se souviennent encore, que le même Banny avait été imposé à Gbagbo au poste de premier ministre par la même communauté internationale sous les injonctions de Jacques Chirac. Banny n’avait pas réussi faute de compétences et de légitimité. Les épaules de Banny nous semblent faibles pour supporter le poids des turpitudes ivoiriennes.
Quel rôle joue l’intellectuel Séry Bailly dans la commission de réconciliation ?
Le silence du professeur Séry Bailly est assourdissant. Que cherche-t-il dans cette galère ? En parodiant une scène du filme de J. Cocteau, intitulé « le bossu », on se demande si ce n’est pas Lagardère qui est allé à Séry Bailly. Sa posture antérieure nous fait douter d’une démarche volontariste de rejoindre ce « panier de crabes. » Séry Bailly doit éclairer tous ceux qui ont partagé de loin ou de près une autre vision de l’Afrique. Nous pourrions même exiger une clarification de sa position tant son silence nous semble coupable. Séry Bailly sait très bien qu’il ne peut pas y avoir de réconciliation en Côte d’Ivoire sans Gbagbo et les autres camarades emprisonnés. C’est une question de bon sens. Les militants du PDCI et du RDR avaient exigé la présence ou le retour de leurs leaders au pays avant la tenue du forum de réconciliation initié par Gbagbo en 2001.
C’est pourquoi il sera difficile de parler de réconciliation avec Ouattara qui n’a pas la même conception d’un Etat de droits que la plupart des patriotes ivoiriens. La preuve, notre président« développeur acharné » de la Côte d’Ivoire est aussi ministre de la défense de ce petit Etat.
Je conseille à Sery Bailly de revenir dans sa famille politique pour continuer le combat pour lequel Gbagbo est injustement à la CPI, car c’est pendant les grands défis que les peuples ont eu besoin de leurs intellectuels.
Liadé G
Militant du FPI-France.
 
 





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