Avis aux Chefs d'Etat indéboulonnables: Bozizé Installé par la France, lâché par Paris

Mardi 26 Mars 2013 - 03:17


Avis aux Chefs d'Etat indéboulonnables: Bozizé Installé par la France, lâché par Paris
François Bozizé n’est plus le chef de l’Etat de la Centrafrique. Il a été chassé hier du pouvoir par la rébel - lion de la Séléka. Une rébellion armée dont certains membres sont bien connus de Bozizé pour avoir participé avec lui au renversement d’Ange-Félix Patassé en 2003. Bozizé a donc été évincé du pouvoir sous le regard passif de la France. Qui a ainsi lâché son « poulain ». Lui, le franc- maçon de l’une des grandes loges françaises, qui se croyait à l’abri de toute surprise pour avoir été installé au pouvoir avec l’appui de la France sous Jacques Chirac. Quand la rébellion armée de la Séléka a commencé à gagner du terrain, François Bozizé avait lancé un appel pathétique à « ses cousins » français afin qu’il lui vienne en aide pour anéantir les agresseurs. Mais Paris n’a pas réagit. Ou du moins, François Hollande a plutôt demandé au général Bozizé de négocier avec son opposition et la rébellion armée. Des négociations ouvertes à Libreville (Gabon), en janvier 2013, sous l’égide de la communauté éco - nomique des Etats de l’Afrique cen - trale (CEEAC). Et pour permettre l’ouverture de ces négociations, la France avait demandé à Idriss Débi du Tchad de voler au secours de Bozizé  en stoppant la progression de la rébellion armée vers Bangui, la capitale centrafricaine . Malheureusement, les négociations ont fait long feu puisque Bozizé n’a voulu céder à aucune revendication des rebelles. C’est le lieu de rappeler que depuis son élection controversée, le 1er février 2011, au premier tour avec 66,80%, Bozizé était contesté par l’opposition qui l’accusait de fraude massive. La tension était vive dans le pays et le dialogue politique au point mort. Bozizé avait même fait arrêter des personnes proches de  l’opposition et de la rébellion armée. Conséquence, la rébellion a repris la guerre. Cette fois-ci, la France n’a rien dit. Elle s’est contentée seulement d’assurer la sécurité de ses res - sortissants et celle de l’aéroport, justement pour évacuer les Français au cas où la situation se compliquerait. N’ayant donc plus le soutien de la France comme en 2003 quand il conduisait une rébellion armée contre Patassé, c’est tout naturellement que Bozizé est tombé. Chef d’Etat major de l’armée Centrafricaine sous Ange-Félix Patassé, le général François Bozizé tente sans succès un coup d’Etat en 2001. Il part en exil et forme une rébellion armée à partir du Tchad. Alors que le président Patassé se trouvait en visite au Niger en mars 2003, la rébellion armée conduite par Bozizé s’empare du pouvoir par coup d’Etat en Centrafrique. Avec le soutien du Tchad d’Idriss Déby, le Congo-Brazzaville de Dénis Sassou N’Guesso et le Gabon d’Omar Bongo. Bien entendu avec la bénédiction de la France de Jacques Chirac. Le général Bozizé qui se trouvait en France arrive à Bangui par un avion français et s’installe au pouvoir. Selon des sources diplomatiques, Paris a activement soutenu le renversement de Patassé pour se débarrasser d’un chef d’Etat qui voulait ouvrir le marché centrafricain des richesses du sous-sol à la Chine. La France, l’ex-puissance colonisatrice, a préféré un dirigeant malléable comme Bozizé. C’est ce même Bozizé, adulé hier par la France,  qui est aujourd’hui lâché par la même France. Il s’agit-là d’un message important à l’endroit de ceux qui se disent indéboulonnables parce qu’installés au pouvoir par la France et une rébellion armée.

Boga Sivori

bogasivo@yahoo.fr
Source: Notre Voie N°4376 du lundi 25 mars 2013




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