Avec Ouattara, La Côte d’Ivoire en passe de devenir un Pays Emergent Très Endetté (PETE)

Samedi 12 Octobre 2013 - 15:12


Avec Ouattara, La Côte d’Ivoire en passe de devenir un Pays Emergent Très Endetté (PETE)
La Côte d’Ivoire a atteint le point d’achèvement de l’initiative Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE) le 26 juin 2012. Le stock de sa dette a été allégé de façon substantielle. C’était une occasion pour les nouvelles autorités de faire entrer le pays dans un cercle vertueux du développement. Mais depuis le 26 juin 2012, le régime Ouattara s’est englué dans un verglas d’endettement sans limite. Le recours sans frein à l’épargne extérieure laisse croire que le régime Ouattara est incapable de mobiliser les ressources internes du pays pour son développement. Et pourtant, alors qu’il était candidat à l’élection présidentielle, comme un médecin au chevet d’une économie malade, il a promis élever le savoir scientifique à la hauteur des conclusions spontanées du bon sens populaire. Après deux années passées au pouvoir, le régime Ouattara a mis le pays sous assistance financière à telle enseigne que le pays a de fortes chances de plonger dans un cercle vicieux du surendettement.  Telle est l’idée maîtresse de cette présente réflexion.

1. L’Etat de l’économie ivoirienne après l’atteinte du point d’achèvement de l’IPPTE

 Á la fin juin 2012, la Communauté Financière Internationale a enfin accordé à la Côte d’Ivoire l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE. Sur un stock de dette de 6500 milliards de FCFA, l’allègement global de dette attendu était estimé à 2500 milliards de FCFA dont 1500 milliards de FCFA au titre du PPTE et 1000 milliards de FCFA au titre de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM). Si on exclut les 800 milliards de FCFA d’annulation de dette déjà reçus à travers les dons d’apurement des arriérés octroyés à la Côte d’Ivoire par les bailleurs de fonds multilatéraux (Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement ) et les autres annulations de dette sur la période 2009-2010, alors le bénéfice de l’annulation du solde restant était estimé à 1700 milliards de FCFA. Par ailleurs, le service de la dette issu du  stock de dette non traité par l’IPPTE est estimé à 4000 milliards de FCFA. Cette dette doit faire l’objet d’un remboursement à bonne date étant donné que la dette est redevenue supportable selon les projections à long terme réalisées conjoin - tement par les équipes du Fonds Monétaire International et l’Administration ivoirienne. Avec son partenaire historique, l’annulation de la dette ivoirienne se fait dans le cadre du Contrat de désendettement et de développement (C2D). Ce dernier est une initiative pour l’allègement de la dette contractée au titre de l’aide publique au développement. Mis en œuvre à partir du point d’achèvement de l’initiative PPTE, ce contrat C2D s’ajoute à l’annulation directe de 600 mil - liards de dette consentie dans le cadre du club de Paris. Avec la France, c’est 1900 milliards de FCFA qui sont mis à la disposition de la Côte d’Ivoire pour financer des pro - jets de développement et de réduction de la pauvreté sur une période de 20 ans. Malgré ce coup de pouce de la communauté internationale, les caisses de l’Etat sont régulièrement vides.

2. L’économie ivoirienne est sous assistante financière

Sous le régime Ouattara, l’économie ivoirienne n’a plus de repères. Cette dernière ne fonctionne qu’avec l’aide de l’argent de l’étranger. C’est comme si l’économie ivoirienne avait une insuffisance respiratoire chronique. Avec une telle altération de la capacité respiratoire, la seule voie est la prescription d’une assistance respiratoire. En clair, l’économie ivoirienne ne peut plus fonctionner correctement sans l’aide extérieure sous le régime Ouattara. Pour la période de 2012 à 2015, c’est 117 milliards FCFA qui sont présentement disponibles dans le cadre de C2D. Malgré le soutien massif de la communauté internationale, le régime Ouattara peine à trouver l’argent en Côte d’Ivoire pour construire le pays. Pour un kilomètre de route, pour une ampoule d’un  bureau, pour payer les fonctionnaires, il lui faut tendre la main à l’étranger pour le financement. Les exemples sont légions. La Banque islamique de développement (BID) octroie 84 milliards FCFA à la Côte d’Ivoire pour la région Nord-Ouest le 23 septembre 2013. Ces accords de prêt portent sur le financement du projet de construction de routes dans la région nord- ouest de la Côte d’Ivoire et du projet de reconstruction post-conflit du lycée professionnel d’Odienné. Pour Mme Kaba Nialé, ministre en charge de l’Economie et des Finances, ces nouveaux accords de prêt portent à 266,5 milliards de francs CFA soit environ 533,2 millions de dollars américains, le concours global de la Banque islamique de développement à travers 23 accords de financement. Début septembre 2013, c’est la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) qui débloquait la somme de 7,5 milliards de francs CFA pour la réhabilitation d’une voie desservant un quartier populaire de la banlieue abidjanaise. Si ce n’est pas vers les marchés internationaux qu’il se tourne, c’est vers le marché boursier de l’UEMOA. En effet, depuis que M. Ouattara est aux affaires, son régime a procédé au moins à quatre appels à l’épargne publique régionale sur le marché boursier de  l’UEMOA. L’emprunt est couvert par la garantie souveraine de l’État et le remboursement est sécurisé par un compte séquestre ouvert à la BCEAO. Décidément, le malheur des Ivoiriens ne prendra pas fin maintenant car ils crouleront demain sous le poids de la dette.

Un texte proposé par Prao Yao Séraphin, délégué national chargé des questions financières et moné- taires à LIDER

source:  Le Nouveau Courrier N° 901 Du Vendredi 11 Octobre 2013





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