Avant la présidentielle de 2015: La guerre Ouattara-Banny aura lieu

A deux années des prochaines élections présidentielles en Côte d’Ivoire, la bataille est engagée entre les protagonistes déclarés ou non. Elle s’annonce particulièrement rude entre Alassane Ouattara et le président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR), Charles Konan Banny, que le régime soupçonne d’être le candidat du PDCI-RDA lors des futures joutes électorales.

Mardi 14 Mai 2013 - 18:31


Avant la présidentielle de 2015: La guerre Ouattara-Banny aura lieu
La guerre aura-t-elle lieu entre le chef de l’Etat Alassane Ouattara et le président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation, Charles Konan Banny dont les velléités de candidature pour les présidentielles de 2015 se font de plus en plus persistantes ? La question mérite d’être posée. Les faits et dires de ces deux acteurs de la vie politique ivoirienne portent à croire que le choc est inévitable. En effet, en lançant le vendredi 10 mai dernier les activités du Programme national de cohésion sociale (PNCS) dont les activités vont se poursuivre jusqu’en 2015, Ouattara signe sans autre forme de procès l’acte de décès de la CDVR dont le président a déjà annoncé son départ en septembre prochain, c’est- à-dire à la fin du mandat initial de la structure fixé à deux ans. Le chef de l’Etat donne raison à ceux qui ont toujours soutenu qu’il voyait en Charles Konan Banny, comme lui ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest et ancien premier ministre, un potentiel adversaire pour la présidentielle de 2015. S’il l’a nommé à la tête de la CDVR, c’était pour s’en débarrasser, dans le partage du gâteau – le pouvoir - entre cadres  RHDP, principalement entre le RDR et le PDCI. Son souhait, des observateurs de la vie politique ivoirienne sont formels, n’a jamais été de voir la CDVR réussir sa mission. Cela était inadmissible car le potentiel candidat du PDCI  à la présidentielle de 2015 pourrait en profiter pour s’assurer une forte popularité. Alors que la responsable du PNCS déclare ne pas être «en concurrence» avec la CDVR, il est curieux de savoir que les deux structures ont des attributions quasi- identiques. Si ce n’est pour des calculs politiciens, on se demande pourquoi Ouattara crée ce programme qui, de par ses attributions, vient supplanter la CDVR à laquelle il a refusé de donner les moyens nécessaires pour mener à bien sa mission. Alors que Charles Konan Banny n’a de cesse d’interpeller sur le manque de moyens qui plombe la structure créée au lendemain de la prise du pouvoir par Ouattara, suite aux bombardements de l’armée française sur la résidence du président Gbagbo, le Programme national de cohésion sociale qui vient de naitre est doté d’un budget de sept milliards francs Cfa. «Tous ceux qui ont perdu leurs logements et des biens, nous allons leur fournir une aide.  Ceci est du concret pouvant consolider la cohésion sociale», explique la coordonnatrice nationale du PNCS le Pr. Mariétou Koné. Cette nouvelle structure est donc mieux logée et on se demande ce qu’il reste à la CDVR comme attributions si ce n’est de tournoyer et vivoter jusqu’à ce que ses animateurs comprennent que le régime n’a pas besoin d’eux. Contrairement à la Commission dialogue, vérité et réconciliation portée sur les fonts baptismaux sans moyens pour travailler. C’est plusieurs mois après son installation qu’elle a bénéficié d’un budget de deux milliards de l’Union Européenne pour démarrer ses activités.

La réconciliation nationale n’est pas un objectif pour Ouattara

Si tant est que la réconciliation est une priorité pour Alassane Ouattara comme il tente de le faire croire, pourquoi n’a-t-il jamais accepté de doter la CDVR  de moyens ?  Et pourquoi avoir choisi ainsi de créer une CDVR bis, avec des moyens renforcés et à forte connotation de rattrapage ethnique ? Au delà de sa volonté de couper l’herbe sous le pied de l’ex-premier ministre Charles Konan Banny considéré comme un adversaire potentiel, ce mélange des genres trahit le manque de visibilité dans la conduite du processus de paix et de réconciliation nationale dont le régime ne veut pas entendre en réalité entendre parler. Car après avoir saboté le dialogue direct avec le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo et  les discussions du cadre permanent de dialogue (CPD) regroupant onze autres formations politiques de l’opposition, la création d’une profusion de structures en charge de faciliter le processus de réconciliation s’explique difficilement. Après l’adoption du plan d’actions de l’Observation de la solidarité et de la cohésion sociale (OSCS) en février dernier, c’est aujourd’hui au tour du Programme national de cohésion sociale de lancer ses activités. Une démarche difficile à comprendre quand on sait que Ouattara avait dissout l’ensemble des structures et programmes de démobilisation et de réinsertion en août 2012 pour les remplacer par une seule : l’Autorité de désarmement, démobilisation et réintégration. Estimant que c’était pour mieux coordonner ce processus.  

Par Anderson Diédri et Edouard Amichia


Source: Le Nouveau   Courrier N°797 Du Lundi 13 Mai 2013




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