Audition de l'ex-premiere dame, Simone Gbagbo promet le grand déballage au procès. Ce qui s'est passé hier à Odienné

Mercredi 14 Novembre 2012 - 07:59


Audition de l'ex-premiere dame, Simone Gbagbo promet le grand déballage au procès. Ce qui s'est passé hier à Odienné
Simone Ehivet Gbagbo a été finalement entendue hier mardi 13 novembre 2012, à Odienné, au Nord-Ouest de la Côte d'Ivoire.
 
L'audition sur le fond de l'ex-Première Dame de Côte d'Ivoire a été menée par le magistrat Koné Mamadou, juge au 10ème cabinet d'instruction près le Tribunal de 1ère instance d'Abidjan, arrivé dans la capitale du Kabadougou lundi. Simone Gbagbo était assistée de Me Rodrigue Dadjé, son avocat depuis l'époque du règne de son époux, Laurent Gbagbo. Tout comme le juge d'instruction, le conseil juridique de l'ancienne député d'Abobo et présidente du Groupe parlementaire du Front populaire ivoirien (FPI) à l'Assemblée nationale, est également arrivé à Odienné avant-hier.
Simone Gbagbo était bel et et bien présente dans le Kabadougou, mais l'audience n'a pu se tenir le mardi dans la matinée. Selon des membres du Collectif d'avocats qui défendent les prisonniers pro-Gbagbo, qui ont joint leur confrère le matin aux environs de 10H et 11H, le juge d'instruction Koné Mamadou ne s'était pas encore signalé à la résidence où est détenue l'ex-Première Dame. Me Dadjé a donc pu s'entretenir longuement avec sa cliente, avant de se rendre à la section du tribunal d'Odienné, où l'audience s'est ouverte en début d'après-midi. Selon nos sources, l'audition d'hier a essentiellement porté sur le crime de génocide imputé par le pouvoir ivoirien à Mme Gbagbo.
Le site Internet Koaci.com apprend que l'ex-Première Dame ne se serait pas montrée très coopérative en se murant dans le silence, laissant à son avocat la tâche de répondre au juge. Toujours selon ce portail d'informations en ligne, Simone Gbagbo attendrait de pied ferme l'ouverture de son procès afin de pouvoir s'expliquer devant la justice et devant le peuple sur les accusations dont elle fait l'objet. L’épouse de l’ex-président ivoirien est l’une des huit personnalités de l'ancien régime en détention déjà inculpées par la justice ivoirienne pour génocide.
En février dernier, Simone Gbagbo avait été la première à être informée que le crime de génocide avait été ajouté aux autres chefs d’inculpation, à savoir crimes de sang, crimes économiques et atteinte à la sûreté de l’État. Les sept (07) autres pro-Gbagbo poursuivis pour le même chef d'accusation sont Geneviève Bro-Grébé, ex-leader des « femmes patriotes », Abou Drahamane Sangaré, ancien vice-président du FPI et Inspecteur général d’État, l'ancien Premier ministre Gilbert Aké N'Gbo, l'ex-président du FPI Pascal Affi N'Guessan, les anciens ministres Alcide Djédjé et Désiré Dallo, et le général Brunot Dogbo Blé, déjà jugé et condamné à 15 ans de prison pour enlèvement, séquestration et assassinat du Colonel-major à la retraite Dosso Adama. Selon l'AFP, les avocats des prévenus concernés par l’accusation de génocide ne veulent pas commenter cet aspect des dossiers qu’ils vont défendre. Ils souhaitent que les procès commencent le plus vite possible, leurs clients étant détenus depuis plus d’un an et demi.
 
Me Dadjé détenu puis libéré
 
Faut-il le souligner, depuis 18 mois que Mme Gbagbo est emprisonnée à Odienné, c'est la toute première fois qu'elle a un contact direct avec son avocat qui l'avait défendue dans plusieurs affaires. Notamment celles relatives aux « Escadrons de la mort » et à la disparition le 16 avril 2004, du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. En effet, suite à la crise postélectorale, Me Dadjé Rodrigue s'était exilé à Paris, en France. Revenu au pays en mars 2012, et comptant se rendre à Odienné pour voir sa « patronne », l'avocat de Mme Gbagbo avait été interpellé le 29 du même mois par les autorités policières ivoiriennes, et détenu pendant trois mois à la Direction de la surveillance du territoire (DST). Il a été libéré le 21 juin 2012.
Depuis lors, on n'avait plus d'informations sur Me Dadjé Rodrigue, jusqu'à ce qu'on le retrouve plaidant hier pour l'ex-Première Dame. Par ailleurs, les pro-Gbagbo détenus à Katiola seront également entendus ce mercredi 14 novembre par un juge d'instruction présent sur place depuis hier. Puis suivront les auditions des prisonniers de Boundiali et de Bouna, avant l'ouverture des procès annoncés pour probablement courant novembre 2012. Un fait a inquiété les confrères de Me Dadjé Rodrigue. Aussi bien ceux présents à Abidjan ou à Paris, les avocats membres du Collectif qui défend les pro-Gbagbo détenus, ont déclaré qu'ils étaient durant toute l'après-midi jusque vers 21H, dans l'impossibilité de joindre le conseil juridique de Mme Gbagbo à Odiénné.
 
ANASSE ANASSE
 
Source: L’Inter.





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