Audience du 18 juin: Comment les avocats de Gbagbo veulent coincer le procureur

Lundi 21 Mai 2012 - 05:00


Audience du 18 juin: Comment les avocats de Gbagbo veulent coincer le procureur
L’audience de confirmation ou non des chefs d’accusation contre Laurent Gbagbo, ancien président ivoirien détenu à La Haye (Pays Bas), prévu pour le 18 juin 2012 donnera lieu, s’il y a débat, à un vrai ‘’pugilat’’ de preuves. Autant l’accusation soutenu par le procureur Fatou Bensouda mettra à la disposition de la Cour des éléments accablant le prévenu, autant la défense apportera les preuves contraires à l’effet de contraindre le tribunal à infirmer les charges qui pèseraient sur son client. Il ressort de certaines informations que nous tenons de sources crédibles que les avocats de Laurent Gbagbo, avec à leur tête Me Emmanuel Altit, joueront sur plusieurs tableaux, dans l’intention évidente d’affaiblir les arguments du procureur et de le coincer sur divers points. Premier élément : la défense de Gbagbo va s’employer à demander au procureur de citer ceux qu’il considère comme les auteurs directs des crimes en Côte d’Ivoire, dans la mesure où l’accusation présente Laurent Gbagbo comme co-auteur indirect. « Si l’accusation considère Gbagbo comme co-auteur indirect, il lui appartient de dire qui sont les autres auteurs directs ou coauteurs indirects ou directs », a fait remarquer un avocat qui s’intéresse au dossier du plus célèbre prisonnier de la Haye.
Le deuxième élément, c’est que les avocats de Laurent Gbagbo vont exiger à leur contradicteur des preuves tangibles, matérielles contre leur client. Car, selon eux, c’est celui qui accuse qui apporte les preuves. « Or en l’espèce, les avocats de Gbagbo ont obtenu que toutes les preuves du procureur, ainsi que le recommandent les textes de la Cpi, soient mises à la disposition de la défense. Donc les avocats, avant l’audience, ont eu le temps d’étudier les preuves de l’accusation et ont déjà élaboré une stratégie pour les ‘’détruire’’», confient nos sources. Troisième élément : les hommes de Gbagbo feront comprendre à la Cour que les procureurs de la Cpi que sont Luis Ocampo et Fatou Bensouda auraient des accointances avec les tenants du régime en Côte d’Ivoire et que cela serait de nature à entacher la crédibilité des preuves qu’apporterait la partie adverse à la barre. Autre point sur lequel les avocats de l’ancien président entendent confondre le procureur, c’est qu’ils s’attelleront à démontrer qu’il s’agit d’un contentieux électoral. Ils démontreront que c’est un conflit dans lequel une puissance étrangère, allusion faite à la France, a pris partie dans un pays souverain. Laurent Gbagbo avait d’ailleurs donné le ton en affirmant qu’il a été arrêté sous les bombes françaises. Une déclaration qui avait semblé gêner la présidente de la Cour Silvia Fernandez De Gurmendi. A terme, la défense de Gbagbo voudrait faire savoir à l’audience et pendant la durée du procès, le caractère injuste et illégal de l’arrestation de son client, en mettant gravement en cause la France, contre qui, selon nos sources, elle détiendrait des enregistrements audiovisuels.

Alain BOUABRE

Source : Soir Info du samedi 18 mai 2012




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !