Au sujet de la crise ivoirienne: Don Mello corrige la copie de Bensouda

Docteur-ingénieur des ponts et chaussées, ancien directeur général du bureau national d’études techniques et de développement (Bnetd), membre du dernier gouvernement du président Laurent Gbagbo, Don Mello Ahoua vit depuis plus de trois ans en exil au Ghana. Cela ne l’empêche pas de jeter un regard critique sur les accusations portées par la procureure de la Cpi, Fatou Bensouda contre Gbagbo. Interview !


Mercredi 11 Juin 2014 - 08:04


Ahoua Don Mello : « Bensouda a caché la vérité à la Cpi »

Don Mello Ahoua
Don Mello Ahoua
Que vous inspire le Document de Notification des Charges modifié contre Laurent Gbagbo dé- posé par Bensouda ?

Ahoua Don Mello : le 13 janvier 2014, mme fatou Bensouda déposait à la cour pénale internationale, le document de notification des charges (dnc) modifié. l’histoire récente de la côte d’ivoire, telle que relatée dans le document, passe sous silence des faits historiques vérifiables mais consciemment omis ou falsifiés pour accuser un homme : laurent Gbagbo. de 2000 à 2011, laurent Gbagbo est accusé d’avoir élaboré un « plan commun » et une « politique » d’attaques systématiques et généralisées visant les partisans de m. ouattara. en tant qu’acteur de la vie politique de la côte d’ivoire de 2000 à 2011, j’ai été surpris de ce « coupé décalé » de l’histoire récente de la côte d’ivoire.  cela m’a rappelé l’histoire des armes de destruction massive qui ont justifié le bombardement de l’irak et l’assassinat de saddam hussein et cela me rappelle l’histoire récente de la syrie heureusement mise en échec grâce à la vigilance de poutine. les faits étant têtus, la vérité sur la crise ivoirienne éclatera dans toute sa nudité j’en suis sûr. a ce propos permettez-moi  avant tout propos de saluer la dense et vigoureuse réplique adressée à Bensouda par la défense du président Gbagbo, dirigée par me altit.


Justement vous qui êtes un proche de Laurent Gbagbo que pensez de l’affirmation de Bensouda disant que dès son accession à la Présidence en 2000, Gbagbo a eu pour objectif de se maintenir au pouvoir, y compris en ré- primant ou en attaquant violemment ceux qui constituaient une menace pour son régime. Sachant l’élection présidentielle inévitable, Gbagbo aurait, conjointement avec son entourage immédiat, conçu et mis en œuvre un Plan commun afin de se maintenir à la Présidence par tous les moyens nécessaires

 A.D.M: chinua achebe a rai- son quand il disait que tant que le lion n’aura pas son historien, l’histoire de la chasse sera toujours à la gloire du chasseur. Laurent Gbagbo attaqué par Alassane dès son accession au pouvoir, n’a pas eu d’historien au cabinet du procureur pour lui donner les faits. par votre canal je vais me faire le devoir de lui en donner quelques-uns. Laurent Gbagbo a accédé au pouvoir en novembre 2000. deux mois après sa prise de fonction effective, un coup d’etat manqué avec occupation de la télévision ivoirienne est organisé par les partisans de m. ouattara. ensuite une tentative d’invasion connue en côte d’ ivoire du nom du complot de la Mercédès noire est organisée depuis le Burkina faso par les partisans de m. Ouattara. cette tentative fut un échec. deux ans après, une autre tentative de coup d’Etat échoue avec 60 gendarmes et leurs familles exécutés à Bouaké par les rebelles de m. Ouattara, le ministre Boga doudou tué et 10 danseuses traditionnelles Baoulés de sakassou sont assassinées. pour la première partie de votre question vous voyez vous-même celui qui a attaqué  dès l’accession de Laurent Gbagbo au pouvoir. c’est la rébellion parrainée par m. ouattara. pour faire face à ces multiples crises, Laurent  Gbagbo accepte de s’asseoir autour d’une même table avec les rebelles pour produire un plan commun de sortie de crise sous la supervision de la France. il en sortira les accords de Linas-marcoussis et un gouvernement de réconciliation nationale avec un premier ministre de consensus et des rebelles au gouvernement. si faire des rebelles des ministres c’est les attaquer et les réprimer, beau- coup d’ivoiriens souhaiteraient être attaqués et réprimés de la sorte. si les accords de linas-marcoussis constituent un plan com- mun pour se maintenir au pouvoir comme l’écrit le procureur, j’invite ouattara à en faire autant, lui qui a déjà an- noncé sa candidature pour 2015. pendant que laurent Gbagbo appliquait le plan commun de linas-marcous- sis, le seul point qui était de- mandé aux rebelles de m. ouattara, à savoir le désarmement qui devait intervenir dès la mise en place du gouvernement de réconciliation n’a jamais eu lieu. au contraire, la rébellion a fait main basse sur les ressources de la Bceao dans les zones centre-nord-ouest (cno) occupées, main basse sur le diamant, le coton, l’anacarde, le bois, le cacao dans la zone occupée et un trafic d’armes s’est développé avec comme base arrière le Burkina faso. l’onu dans sa résolution 1643 du 15 décembre 2005, a demandé à l’onuci de : « recueillir et analyser toutes informations pertinentes en Côte d’Ivoire et ailleurs, en coopération avec les gouver- nements de ces pays, sur les mouvements d’armes et de matériels connexes, sur la fourniture de toute assistance, de tout conseil et de toute formation se rapportant à des activités militaires, sur les réseaux opérant en violation des mesures imposées par le paragraphe 7 de la ré- solution 1572 (2004), ainsi que sur les sources de financement, notamment l’exploitation des ressources naturelles en Côte d’Ivoire, consacrés à l’acquisition d’armes et de matériels connexes ou se rapportant à des activités apparentées. » et de « Prendre les mesures nécessaires pour interdire l’importation sur les territoires voisins de tous les diamants bruts en provenance de Côte d’Ivoire » en lieu et place du désarmement, les rebelles de m. ouattara ont continué à s’armer et commettre des crimes économiques, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité au nord, au centre et surtout à l’ouest de la côte d’ivoire de 2002 à 2011. de cela rien n’est mentionné dans le dnc modifié. a votre avis qui avait un plan caché pour prendre le pouvoir par tous les moyens y compris en réprimant ou en attaquant violemment ceux qui constituaient une menace pour son accession au pouvoir ?

Selon Bensouda dans le DNC modifié, le second tour de l’élection présidentielle a eu lieu le 28 novembre 2010 et l’annonce des résultats était prévue le 1 décembre 2010. Le 2 décembre, le Président de la CEI a annoncé les résultats provisoires et déclaré que Ouattara avait remporté 54,1% des voix et Gbagbo 45,9%. Le 3 décembre, le Président du Conseil constitutionnel, un allié de Gbagbo, a invalidé la décision de la CEI et annoncé la victoire de celui-ci. Les deux candidats se sont proclamés simultanément Présidents de la Côte d’Ivoire. Cependant, le 4 décembre, le Conseil constitutionnel a fait prêter serment à Gbagbo pour un nouveau mandat présidentiel. Peu après, Ouattara prêtait serment par écrit en tant que Président de la République. Les deux camps ont alors formé leurs gouvernements respectifs. Pouvez-vous confirmer ces écrits ?

A.D.M: c’est l’arme de destruction massive qui a été découverte en côte d’ivoire pour ceux qui avaient l’intension de faire main basse sur une côte d’ivoire qui avait réussi sous laurent Gbagbo à affirmer sa souveraineté. mme Bensouda a omis de dire que le 2 décembre, c’est le Qg de m. ouattara qui a donné des résultats et non le président de la cei qui était forclos le 1er décembre à minuit. la cei n’avait, le 2 dé- cembre que des résultats partiels aussi bien au niveau du comptage électronique que du comptage manuel. ces résultats sont pour laurent Gbagbo 53.87% pour les 14 régions sur 19 consolidés pour le comptage manuel et le comptage électronique affichait 51.24% pour 60% des électeurs. m. ouattara avait 46.13% pour le comptage manuel et 48.76% pour le comptage électronique. ce sont ces deux documents qui ont été transmis au conseil constitutionnel avec la liste des procès-verbaux frauduleux détectés par le système de comptage électronique. au vu de ces documents, le conseil constition a  donné les résultats suivants : Gbagbo laurent 51.45%, alassane ouattara 48.55%. ces documents existent et sont vérifiables. si vous demandez à mme Bensouda de vous donner un document de la cei signé par les membres de la commission électorale prouvant les résultats annoncés par france 24 et associés et repris par elle, elle en sera tout simplement incapable parce qu’un tel document est inexistant. ecrire par conséquent que m. ouattara a gagné les élec- tions sur la base des résultats annoncés irrégulièrement par Youssouf Bakayoko relève du pur mensonge.  ce n’est pas en répétant un mensonge plusieurs fois par les media occidentaux et en le faisant certifier illégalement par l’onu contre les termes du mandat de certification qu’il deviendra vérité. comme en irak, on découvrira un jour la vérité sur ces autres armes de destructions massives que sont l’onu et les media occidentaux. médiapart le célèbre média français a déjà donné le ton. pour médiapart Laurent Gbagbo est le vainqueur de l’élection présidentielle ivoirienne du 28 novembre 2010.


Bensouda écrit encore : « Entre le 27 novembre 2010 et le 8 mai 2011, les forces pro-Gbagbo ont dirigé une attaque contre des civils considérés comme des partisans de M. Ouattara. Plus d’une centaine d’incidents impliquant les FDS ainsi que des jeunes pro-Gbagbo, des  miliciens et mercenaires ont eu lieu au cours de ladite période. Selon une évaluation à minima, ces incidents ont causé la mort d’au moins 1000 civils, à Abidjan et dans certaines localités de l’Ouest du pays. Les forces pro- Gbagbo ontégalement arbitrairement arrêté au moins 520 personnes et ont infligé à plus de140 civils de grandes souffrances et des atteintes graves à l’intégrité physique. Par ailleurs, pour la seule ville d’Abidjan, au moins 40 femmes et jeunes filles ont été violées par les forces pro-Gbagbo au cours des violences postélectorales»

 A.D.M: la grande expertise, dans ce cas nous pouvons parler de prestidigitation, du procureur Bensouda est d’avoir permuté les acteurs de la crise postélectorale : les crimes des rebelles sont attribués aux pro-Gbagbo et les victimes deviennent des pro-ouattara dans des zones supposées être les fiefs des pro-Gbagbo. en effet, le 28 novembre 2010, Bensouda reconnaît que les rebelles ont progressé de l’ouest, du centre et de l’est vers abidjan mais curieusement, les 1000 civils tués lors de leur progression (800 civils tués dans la seule ville de duékoué et dans la seule journée du 28 novembre par les rebelles de m. ouattara) sont attribués aux forces de défense et de sécurité et aux jeunes pro- Gbagbo comme si les rebelles en progressant avec des armes jusqu’à abidjan n’avait tiré aucun coup de fusils et que dès qu’un rebelle était tué pendant les ba- tailles, il devenait brusquement un civil. pour rappel, le 28 novembre 2010, suite au déclenche- ment des attaques des re- belles passés sous le commandement de m. ouattara par une « ordonnance » signée de ses propres mains le 17 mars 2011, le régime du président Gbagbo a ap- pelé au respect du cessez- le-feu instauré par la résolution 1528 du 27 février 2004 sous surveillance de l’onuci. les forces de défense et de sécurité n’ont donc pas tiré. seuls les re- belles massacraient, pillaient, volaient et violaient sur leur passage la population qui était sans résistance. ce qui explique l’arrivée de ces derniers à abidjan en moins de 3 jours. pendant ce temps, à abidjan, le commando invisible pro-ouattara était à la manœuvre à abobo massacrant des dizaines de villageois dans le village d’anonkoua-Kouté et tuant des dizaines de policiers affectés dans cette commune pour le maintien de l’ordre. Bensouda a fait le black-out sur les positions, les activités et les affrontements entre les groupes armés pro-ouattara et les fds, dans le but de cacher la vérité sur les atrocités des soldats de m. ouattara. laissez-moi vous donner une idée des faits et massacres lors de leur progression, en plus du génocide de duekoué :


Lundi 28 mars 2011

 Région du moyen cavally les positions des forces de défense et de sécurité de Guiglo, duékoué et leurs postes à Guéhiébly et dibobly ont été attaquées par les rebelles. ces attaques ont été précédées d’un ballet aérien des hélicoptères de l’onuci et des forces françaises de l’opération licorne qui ont pré-positionné des rebelles et des armes en plu- sieurs endroits stratégiques de la région. les forces de défense et de sécurité ont opéré un repli pour se reconditionner. ·région de la marahoué.
 Zuénoula. huit (08) gen- darmes de la brigade de la ville en patrouilles à Kanzra ont été enlevés et pris en otage par des rebelles.
Bédiala. des rebelles en provenance de vavoua ont attaqué Bédiala. les forces de défense et de sécurité ont quitté leur position. là encore, l’onuci était présente avec les mi 24. ·région du Zanzan a doropo et Bondoukou, le mardi 1er avril à 04 heures 30 minutes, des rebelles en provenance de Bouna à bord de huit (08) véhicules de type 4x4 dont un (01) monté d’un canon 12,7 ont attaqué la position avancée des forces de défense et de sécurité à Gbanhoui sous-préfecture de laoudiba, soixante (60) km de Bondoukou. les rebelles se sont repliés à Bouna. en fin d’après-midi, les posi- tions des forces de défense et de sécurité ont été attaquées par les rebelles lourdement armés, respectivement à laoudiba et à Bondoukou. les forces de défense et de sécurité ont quitté leur position.

Mardi 29 mars 2011

·Région du haut-sassandra, dans la nuit du 28 au 29 mars 2011. Daloa. les positions des forces  de défense et de sécurité ont été l’objet d’une attaque massive des rebelles. les forces de défense et de sécurité ont opéré un repli pour se reconditionner. les renforts y sont acheminés en vue de lancer une contre-offensive. les forces de l’opération de l’onuci et de l’opération française licorne effectuaient d’incessants mouvements terrestres et aériens hostiles dans le dispositif des forces de défense et de sécurité sur l’ensemble du territoire national. a duékoué, l’onuci a quadrillé la ville avec des chars pendant les combats. les chars de l’onuci ont renseigné constamment sur les positions des fds pendant les combats à daloa. les fds se battent en réalité contre l’onuci qui apporte l’appui logistique conséquent aux terroristes qui attaquent la côte d’ivoire. l’union européenne n’a pas manqué à l’appel en prenant les décisions mortelles suivantes : -l’embargo sur les médicaments ; -la fermeture des banques ; -et l’interdiction d’exporter le cacao privant ainsi la popu- lation ivoirienne de revenus pour se nourrir, se soigner, scolariser les enfants et vivre décemment ces mesures inhumaines ont été adoptées par la france et l’ue, dans l’indifférence des conséquences sur la vie et la santé des ivoiriens. aucun journaliste occidental n’a enquêté sur les effets de ces décisions inhumaines sur les populations civiles ! le dnc Bensouda, rempile dans le même sens, alors qu’il prétend vouloir ré- primer des crimes contre l’humanité. priver volontairement des malades de soins et de médicaments sans les prévenir, n’est-ce pas un crime contre l’humanité, surtout lorsque de telles mesures sont prises dans le seul but d’installer au pouvoir par la contrainte des populations, un homme qui a officiellement perdu les élections ? Bensouda n’a rien vu ou bien considère ces crimes comme légitimes ! Qui a financé, formé, armé, transporté ces rebelles, encadré, soutenu et ordonné les massacres ? le paragraphe 9 b de la résolution 1643 du 15 décembre 2005 que j’ai cité plus haut vous donne un début de réponse ainsi que les faits ci-dessus rapportés.

Interview réalisée par KouKougnon Zabril

Notre Voie  n° 4736 du mardi 10 juin 2014 - 16ème année




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