Au soir d’un régime moribond, la panique !

Au Rassemblement des Républicains, c’est la nuit des temps, disons presque l’épopée ! L’heure n’est plus à la sérénité encore moins aux arrogances de 2010 où Anne Ouloto et Kobénan Adjoumani vomissaient des propos de feu, pleins de haine et de mépris à l’encontre de Laurent Gbagbo, sur une chaîne d’une radio locale que je me garde de citer ici

Mercredi 1 Avril 2015 - 05:55


Au Rassemblement des Républicains, c’est la nuit des temps, disons presque l’épopée ! L’heure n’est plus à la sérénité encore moins aux arrogances de 2010 où Anne Ouloto et Kobénan Adjoumani vomissaient des propos de feu, pleins de haine et de mépris à l’encontre de Laurent Gbagbo, sur une chaîne d’une radio locale que je me garde de citer ici. Tout ce mois d’Avril 2011 qui les consacra vainqueurs sur la constitution ivoirienne par la violence, les caciques du Rdr, adoubés par une communauté internationale aux objectifs mercantiles et mesquins, n’avaient jamais pensés que la nuit, tournant décisif et redouté du jour parce qu’il cache tous ses éclats, pouvait tomber sur eux d’un moment à l’autre comme un voile sans issue. Et voici que le temps s’écoula pour donner un sens à la tombée de la nuit. Occasion qui édifie par ailleurs l’étrange dissimulation des éclats du pouvoir usurpé d’Abidjan. En moins d’un mois, les lignes bougèrent suffisamment pour dévoiler la déconfiture avancée d’un régime branlant. Au parquet militaire et civil ivoiriens, les juristes s’empoignent à mort. Pour ceux qui revendiquent la science de la maison, non seulement il n’y a jamais eu de bombardement du marché d’Abobo par les forces de défense et de sécurité loyales à Laurent Gbagbo lors de la crise de 2010, mais aussi, il se pourrait qu’il y ait un non-lieu pour Simone Gbagbo et les autres collaborateurs de Gbagbo injustement incarcérés dans les goulags du nord. Les gesticulations de Paul Koffi Koffi, Ministre délégués à la défense ivoirienne ne rassurent point le monde entier qui crie à présent à la duperie et à l’abus. Les témoignages incohérents et hésitants ajoutés aux manques de preuves tangibles pour confondre les accusés de Ouattara, c'est-à-dire les cadres collaborateurs de Laurent Gbagbo injustement privés de liberté, ont finis de convaincre sur une justice embastillée par le régime tortionnaire et totalitaire d’Abidjan. « Je ne sais pas encore pourquoi je suis devant vous Monsieur le Procureur » assenait sans recul la dame de fer de la politique ivoirienne, Simone Gbagbo. Au plan diplomatique, les pots ne sont pas non plus roses. Tabo M’Beki, garant de la candidature exceptionnelle du dictateur d’Abidjan, lui qui avait conseillé l’article 48 de la constitution ivoirienne à Laurent Gbagbo pour soulager le pays de son mal de rébellion parrainé par Ouattara, a repris langue avec le bénéficiaire des temps pour lui signifier la fin de son parcours. On nous apprend aussi depuis certaines chancelleries que, de toutes les façons, la France et les Usa ne veulent plus continuer la marche aveugle avec Ouattara après avoir reçu, chacun, les rapports authentiques et troublants sur la situation qui a prévalu en 2010. Le déroulé tatillon des procès des partisans de Laurent Gbagbo, très médiatisé dans le monde a non seulement conforté tous les points pertinents des rapports sur la Côte d’ivoire, mais aussi a largement contribuer à ramener plus d’un incrédule sur le contenu du deal de la nébuleuse Onu-France sur les intérêts ivoiriens bradés autour d’un contentieux électoral suscité pour la cause. Une mafia qui a bien fonctionné dans un folklore mensonger en 2010 grâce à une presse occidentale trop dressée contre Laurent Gbagbo. C’est là tout le sens de la compréhension de la disgrâce diplomatique de Ouattara. Plausible donc qu’Obama, premier AfroAméricain élu (face à 18 autres candidats) rédacteur en chef de la prestigieuse Harvard Law Review , donc homme de média et juriste de pointe aujourd’hui président du plus puissant pays au monde, soit dans l’embarras. In fine, s’interroge-t-on sur le contentieux électoral du siècle - puisqu’il a fait officiellement 3000 morts et des millions d’exilé -, comment se ferait la passation des charges s’il était établi que le vainqueur des élections de 2010 était Ouattara ? En réalité la façon cavalière et l’empressement avec lequel Obama, Ban Ki Moon, Sarkozy et autres icones du monde exigeaient à Laurent Gbagbo de quitter son fauteuil présidentiel intriguent à présent ces leaders mondiaux dont le Président Obama qui pourrait réaliser qu’il a été englué dans une marre de farce et de fable. C’est le temps pour les pourfendeurs de Laurent Gbagbo de se résoudre à accepter en toute conscience libre, que le vrai vainqueur des élections présidentielles ivoiriennes de 2010, semble être, Laurent Gbagbo lui qui a souhaité le recomptage des voies en lieu et place du cafouillage. Toute position corroborée par ailleurs par les rapports des observateurs de l’Union européenne qui avaient été séquestrés au nord de la Côte d’Ivoire par les ex-rebelles partisans jurés de l’actuel président ivoirien et des enquêteurs internationaux qui viennent d’achever un travail de recomptage et de confrontation des faits entrepris depuis un moment. Par la faute d’une diplomatie mensongère qui s’effrite à l’image de l’éjection de Zorro Bi Ballo prétendu expert indépendant quoique militant indécrottable du Rdr de la Cpi, Ouattara est donc infréquentable aujourd’hui. C’est une descente aux enfers imprévisible et irréversible. Au plan de la politique interne, les choses ne sont pas aussi simples que ça. L’école ivoirienne est en panne et le front social est en ébullition. A l’origine, une affaire d’augmentation salariale. Les promesses flatteuses de campagne tombent comme des feuilles mortes face à la réalité des faits sur le terrain. Matériellement, il n’y a pas de recours financiers pour gonfler la masse salariale des fonctionnaires ivoiriens. Les premiers moratoires des nombreuses dettes doivent s’amorcer pleinement dès la fin de ce trimestre. Il faut ajouter à cela la contre performance de certains établissements publics nationaux, pourvoyeuses de fonds comme la Société des Transports abidjanais, les douanes ivoiriennes, la société ivoirienne de raffinerie, le trésor publique, le Port Autonome d’Abidjan, la Radio télévision ivoirienne pour ne citer qu’eux, qui peinent à suivre les procédures de fonctionnement très vite mises en berne par des recrutements et des politiques de gestion désastreux. C’est pratiquement la faillite collective.
Par ailleurs, le produit intérieur brut naguère tenu par une forte compensation agricole est elle aussi grippée. Résultat : on cherche l’argent partout même dans les foyers où il n’y en pas. Et les jours qui viennent ne sont pas bons. Au niveau social, non seulement, il n’y pas eu d’université construite chaque année comme promis, mais aussi il n’y a pas eu de promotion de l’emploi pour les jeunes. Les résidences universitaires ne sont pas encore libérées par les éléments égarés des forces gouvernementales et non républicaines. Les errements de Koné Mamadou et d’Ahmed Bakayoko à ce propos contrastent avec le recrutement de la vielle garde comme Seydou Diarra aux sommets des fonctions de l’Etat. Sous Ouattara, il n’y a pas de retraite et de punition pour les vauriens et les vieux pourvu qu’ils eussent participés militairement et civilement à son ascension. Au soir d’un régime moribond qui a trop forcé le destin, l’alternative s’appelle désormais Laurent Gbagbo. C’est à juste raison que la Haye apparait comme le lieu de pèlerinage qui sauve. Pour la Côte d’ivoire, les forces vives de la république ne se font plus prier pour franchir les barreaux afin de s’assoir avec Laurent Gbagbo pour discuter. Là où Paul Koffi brandit ses armes lourdes pour consacrer le passage en force de son mentor, attendons-nous à une alternance pacifique crédible et durable sans Alassane Ouattara, forclos et dépassé par ses errements et ses mensonges.

Par  Jean Pierre Regardan Chroniqueur politique

Source: Aujourd’hui / N°859
 




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