Au nom de la dignité, 11 avril et 29 novembre 2011: deux dates essentielles !

Vendredi 14 Novembre 2014 - 02:49


Le 11 avril 2011 : le jour où tout a basculé !


Le président Laurent Gbagbo, homme politique ivoirien, historien-chercheur, membre fondateur du Front Populaire Ivoirien (FPI), parti politique dont il fut le premier président, a été élu Président de la République de Côte d’Ivoire en octobre 2000. En septembre 2002, une rébellion ourdie par Alassane Ouattara, avec le soutien de la France et du Burkina Faso, provoque une crise grave qui engendre la partition du pays. Le Président Laurent Gbagbo doit alors faire face à toutes sortes de difficultés dans la gestion de l’Etat. Tous les secteurs de la vie sont en crise, et le pays ploie sous les exactions des miliciens, des chasseurs traditionnels et des mercenaires que soutiennent pernicieusement un détachement de l’armée française dénommé « Licorne » et des soldats de l’ONU, censés agir pour la paix. Au bout de plusieurs années de jeu de dupes mené par la France, sous le couvert de « la Communauté Internationale », Laurent Gbagbo signe l’Accord Politique de Ouagadougou (APO) avec le chef rebelle Soro Guillaume, pour ouvrir la voie à l’organisation d’une élection dite de sortie de crise. Honnêtement et de bonne foi, le président Gbagbo exécute toutes les exigences de cet accord, pendant que les rebelles, forts de leurs appuis extérieurs, refusent la mise en application du moindre point de l’APO, notamment le point crucial concernant le désarmement. La Communauté Internationale, alliée de la rébellion, n’en fait pas moins pression sur le Président Gbagbo, qui est contraint de faire organiser l’élection présidentielle en octobre 2010. Vainqueur du premier tour de l’élection, le président Gbagbo doit aller au second tour avec Monsieur Alassane Ouattara, déclaré second. A l’issue du second tour qui a lieu le 28 novembre 2010, Laurent Gbagbo sort vainqueur avec 51,45 % du suffrage exprimé contre 48,55% à son adversaire. Il a prêté serment, en tant que Président de la République, conformément à la Constitution ivoirienne, le 4 décembre 2010. Les Ivoiriens, témoins et acteurs de premier plan dans le processus électoral, croyaient être arrivés au bout d’un marathon périlleux de plusieurs années avec une rébellion sanguinaire. La vie allait certainement reprendre un cours normal, lorsque le président de la France, Monsieur Nicolas Sarkozy, depuis New Dehli en Inde, s’excita à ordonner que le président élu de la Côte d’Ivoire cède le fauteuil présidentiel à son « ami » Alassane Ouattara. La suite, c’est la descente des armées rebelles, soutenues par les mercenaires et les armées onusienne et française, du nord sur le sud de la Côte d’Ivoire, en perpétrant assassinats, viols, vol, incendies, toutes les cruautés imaginables de gens sans foi ni loi, assurés de bénéficier du soutien des plus forts. En effet, le représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU dans le pays, se prévalant de super pouvoirs sur la Constitution ivoirienne, sur la base d’une certaine certification, proclama qu’Alassane Ouattara était le vainqueur de l’élection présidentielle. L’Union Africaine, qui avait pourtant envoyé des représentants s’informer sur ce qui se passait dans le pays, se dépêcha de se ranger du côté de l’ONU. Notre pays se retrouvait alors dans une phase de massacres sans retenue de sa population avec l’aval de l’ONU et de la Communauté Internationale menée par la France. La résistance des Ivoiriens à la coalition internationale finit par perdre du terrain. Puis entrèrent en jeu les bombardements français de la résidence présidentielle. Durant  des jours, d’abord de nuit, puis nuit et jour, l’armée française bombarda la résidence du président de la république de Côte d’Ivoire, au mépris et des lois et de la vie des civils, femmes, enfants et personnes âgés, pris au piège des appétits inhumains des Français. Dans tout le pays et autour de la résidence présidentielle, les tueries massives d’innocents par les Français et leurs protégés devenaient insupportables. Le 11 avril 2011, le Président Laurent Gbagbo, qui avait demandé à l’armée ivoirienne de ne pas se battre contre les armées française et onusienne, décide de sortir des ruines de la résidence bombardée : il est arrêté par les soldats français et remis aux rebelles, avec son épouse, son fils et toutes les personnes dont de simples citoyens trouvées dans les décombres. Les rebelles les traiteront avec la cruauté qui les caractérise avant des les envoyer dans les prisons, pour la plupart au nord du pays. La Côte d’Ivoire entrait dans un cauchemar qui a noms : emprisonnements extrajudiciaires, exécutions sommaire, Etat de non droit, expropriations à la pelle, pertes d’emplois, rattrapage ethnique, naturalisations illégales, invasion et occupation par la force des armes, détournement de fonds, déchirement du tissu social, insécurité galopante…. La liste, parce que touchant tous les aspects de la vie est trop longue à maîtriser ! Le Président Gbagbo sera embastillé à Korhogo de longs et pénibles mois, dans des conditions inhumaines, sans assistance aucune ni d’avocat ni de médecin.


Le 29 novembre 2011, Laurent Gbagbo comme le Roi GBêhanzin :


Le Roi Gbêhanzin (ou Béhanzin) du Dahomey (1844-1906) est une des figures emblématiques du continent africain dans sa marche pour l’affirmation de la dignité humaine. Il fut arrêté par les Français en 1894, puis déporté en Martinique, pour être ensuite jeté en Algérie à Blida où il mourut en 1906. La France, dans sa soif de grandeur (même dans la négation de toute éthique, bien que « Pays des Droits de l’homme ») ne lésine sur aucune barbarie ni aucune bassesse pour assouvir son ambition. Le Président Laurent Gbagbo est enlevé, ce jour, 11 novembre de l’année 2011,  et déporté à La Haye au Pays Bas, où il doit répondre des accusations de crimes contre l’humanité, devant la Cour Pénale Internationale (CPI). Ainsi, le président élu de la Côte d’Ivoire est dans les geôles de l’impérialisme sans scrupule, loin de son pays et des siens, pour avoir voulu respecter les normes républicaines dans son pays. Depuis, la Côte d’Ivoire est sous une dictature cruelle, dans laquelle tous les droits sont bafoués et l’opposition ghettoïsée. La population en proie à un abandon en règle vit dans l’insécurité permanente et la paupérisation grandit de jour en jour, avec une gouvernance scabreuse sous-tendue par des théories ségrégationnistes telles « le rattrapage ethnique ».
De même que la France se fit maîtresse du Dahomey, après avoir enlevé et déporté le Roi Gbêhanzin, en s’y accordant tous les droits et toutes les prérogatives liés à la fameuse « Conférence de Berlin » de 1884-1885, la France régente aujourd’hui tout en Côte d’Ivoire. C’est que le « Pays des Droits de l’homme » est aussi celui des Chirac, Sarkozy et autres Hollande, ces hérauts qui semblent n’avoir jamais considéré les humains qui sont nés et vivent en Afrique comme des êtres humains à part entière. Tous les travers de gouvernance et de respect de normes qui se perpètrent aujourd’hui en Côte d’Ivoire, comme dans la plupart des pays francophones du continent africain, se font sous la dictée de la France ! Hollande n’est-il pas venu à Abidjan, ordonner à un certain Affi Nguessan, président du Parti de Gbagbo, d’aller aux élections de Ouattara ? Autrement dit, accompagner son protégé dans sa mascarade électorale « si son Parti, le FPI, veut continuer d’exister » ? Ne nous y trompons pas ! De même qu’au temps de la colonisation où la France capturait et déportait les résistants à l’acte colonial loin des leurs pour les faire périr dans la souffrance, de même, les officiels français nourrissent aujourd’hui le dessein sadique de faire mourir le Président Gbagbo en captivité, comme naguère Gbêhanzin, Samory Touré et d’autres qui périrent en déportation. Que Hollande ait fait une telle « confidence » ferme à Affi Nguessan, lors de sa venue en Côte d’Ivoire, ne serait pas exclu des fondements de la détermination du président actuel du FPI, qui met déjà le Président Gbagbo dans un cercueil, pour s’acharner à se présenter à la présidence du Parti contre Gbagbo, malgré ou du fait d’un long mandat (13 ans) terne et obscur. On sait, en effet, que le principe de la CPI, c’est de garder les personnalités déportées en captivité pour les faire périr au bout du compte : on ne peut oublier le cas du Serbe Slobodan Milosevic, embastillé à La Haye en 2001, qui décéda en 2006, après 5 années de comédie juridique. La France veut nous nier l’existence en tant que nation, le droit à un Etat. A preuve, depuis ce le coup d’Etat qui a été réalisée pour imposer aux Ivoiriens un président qu’ils n’ont pas élu, le pays est exsangue : les souffrances se multiplient et s’aggravent.
Notre seul et unique posture aujourd’hui, en tant qu’êtres humains, car nous sommes des êtres humains, n’en déplaise aux Français et à leurs alliés, est des nous  rassembler autour de valeurs fédératrices, des valeurs autour desquelles les personnes éprises de dignité, de justice, de paix et de liberté, peuvent se retrouver pour regarder dans la même direction. Laurent Gbagbo est l’une de ces valeurs-là ! Il est de ces héros qui, comme dans les tragédies anciennes, sont choisis pour  aller au combat à la place de  tous les leurs, combattre pour toute la nation. La déportation n’est qu’une péripétie du combat à lui confié. Là-bas, en déportation, il reste au combat ! Et nos cœurs avec le sien battent à l’unisson. Toute autre posture n’est que trahison et rien d’autre ! L’histoire retiendra !
Dieu nous assiste !
                                                                                                                   

    Bédi Holy

 




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