Au coeur de la galère des refugiés ivoiriens au Ghana. La présidente de l'ARDEFE, Martine Kéi Vao, raconte...et lance un SOS en faveur des refugiés

Mercredi 30 Janvier 2013 - 00:51


Au coeur de la galère des refugiés ivoiriens au Ghana. La présidente de l'ARDEFE, Martine Kéi Vao, raconte...et lance un SOS en faveur des refugiés
Village d’AYENSUDU, au cœur de TAKORADI AU GHANA.

Sous des tentes où la canicule prend pied 24 heures sur 24, des bouches affamées y ont trouvé refuge. Il s’agit des Ivoiriens du « Refugee camp d’EGYIKROM ». Au nombre d’environ 3000 personnes, Hommes, Femmes, Enfants qui ont fui la mort en COTE D’IVOIRE, leur pays d’origine en proie à une sale guerre consécutive à une crise post-électorale. Ces survivants qui pour la plupart ont tout perdu, ont donc trouvé refuge au GHANA, à ELMINA notamment. Les adultes regroupés dans ce camp peuvent dormir avec leurs progénitures (pour ceux qui en ont) à l’abri de la pluie, du froid et autres intempéries, sous des tentes surchauffées, n’offrant aucune autre commodité. Au point où dès les premiers chants du coq, ses abris de fortune vomissent à l’extérieur du beau monde ; des désœuvrés pour la plupart. C’est donc cet univers que j’ai découvert récemment. Déléguée par mon Association « ARDEFE » afin d’apporter soutien moral et matériel à nos compatriotes frappés par le malheur. Ainsi, en collaboration avec une organisation religieuse de la place, j’y ai organisé un réveillon pour les tout- petits. Moment de gaité et de joie. Puisque ces enfants ont reçu du « Père Noël » de circonstance, beaucoup de cadeaux. Le lendemain, en bon samaritain du jour nous avons récidivé en élargissant l’assiette des dons aux adultes et jeunes gens, et ce, en marge de la messe à laquelle ils ont pris part à cet effet dans le camp.
Soutenir les nécessiteux, les consoler, m’enquérir de leur état d’esprit et de santé, être attentive à leurs attentes. Tel était ma motivation en allant rencontrer ces frères et sœurs en situation difficile au GHANA. Il faut noter que j’ai été très émue de constater que la situation d’indigence des résidents des camps n’a pas dissout en eux, leur dignité ; même si, le quotidien, très difficile pour chacun d'eux, pousse certains au découragement et à quelques facilités...

Par ailleurs, il se pose un gros problème aux enfants et enseignants bénévoles des camps de réfugiés. Les enseignants qui font de la formation professionnelle (artisanat, maçonnerie, etc) manquent de matériels didactiques pour former les pensionnaires encore en âge d’être éduqués, formés à de petits métiers :
La première catégorie est constituée de réfugiés qui sont dans la détresse totale. Des personnes du 3ème âge, des retraités qui ont tout perdu.
La deuxième catégorie est composée en majorité de jeunes gens. Bon nombre d’entre eux sont titulaires d’un diplôme ou sont des étudiants ayant fuient les cités universitaires qui ont été attaquées par les forces armées et Dozos. Accusés à tort d’être des miliciens à la solde de Laurent Gbagbo, le chef d’Etat déchu. Nombreux sont des enfants du secondaire (3è et Terminale), contraints à rester à la maison c’est-à-dire sous des tentes « enfiévrées », parce que leurs parents n’ont pas les moyens de leur assurer le droit d’examen que réclament les écoles Togolaises où ont cours des enseignements conformes au système francophone.
Un droit d’examen qui s’élève par candidat à la somme de 80 cedi, (35€). Rien que pour cette modique somme, l’Unesco, le HCR, et bien d’organismes regardent mourir d’illettrisme des enfants (avenir des Nations). Pourtant chaque année, des « Prix Nobel » sont organisés ici et là (Francophonie) ou la lutte contre l’Analphabetisation.
Il est donc urgent de se battre afin de parrainer chaque enfant candidat à un examen (du primaire au secondaire) en leur assurant ce minimum vital au savoir. A ce jour, 200 enfants sont dans l’attente de cette somme et ce, d’ici fin Février afin de déposer leurs candidatures aux examens de Juin 2013.

La troisième catégorie de réfugiés vient en grande partie de l’Ouest de la Côte d’ivoire. Lieu où les martyrs du génocide Wè sont reconnaissables. C’est notamment le cas à Elmina (60% de l’Ouest : Guiglo, Man, Duékoué, Bangolo, Kouibly, Faocbly, Soubré, Ouragaio, etc…. et 40% pour les autres régions de la Côte d’Ivoire). Il est à signaler que des rescapés des derniers massacres de Nahibly le 20 Juillet 2012 ont trouvé réfuge dans ce camp.

Pour subsister, les femmes de ces différents camps se sont mises en association. Aujourd’hui, ces femmes souhaiteraient acquérir pour chaque camp, une broyeuse de manioc afin de fabriquer aisément de l’attiéké. Il faut dire selon la Présidente Mme Baya, qu’une broyeuse coûte environ 250 cedi (1 cedi=350 fcfa, soit 110€, donc 440€ pour équiper les 4 camps).

De plus, il faudra débourser la somme de (150 Ghana cedi (environ 45 mille cfa ), soit 70€) afin d’acquérir une plantation de manioc. Une fois cela, le manioc sera transformé en Attiéké puis vendu en ville afin de sortir de la misère et soutenir par- là la famille, notamment les jeunes filles qui, se livrent pour certaines à la prostitution (1 Cedi=300 fcfa) pour pouvoir manger.

A cet effet, L’ARDEFE organise une rencontre le Samedi 9 Février de 13h à 19h au 21, Rue des Ecoles – 75005 Paris, Métro Maubert Mutualité afin d’aider nos compatriotes dans la détresse. Merci de votre attention.

Martine KEI VAO

Présidente de l’ARDEFE
(Association des Ressortissants De Duékoué en France et Europe)




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