Au cœur de l’audition de Simone Ehivet Gbagbo, hier

Récluse dans une «résidence surveillée» d’Odienné depuis 2011 Simone Ehivet Gbagbo auditionnée, hier à huis clos

Mercredi 5 Février 2014 - 21:34


L’information a été confirmée par nos sources. Simone Ehivet-Gbagbo, a été bel et bien auditionnée, dans la matinée d’hier mardi 4 février. Une audition qui s’est déroulée entre quatre murs. Loin des regards indiscrets. Lundi matin, une équipe du tribunal d’Abidjan Plateau conduite par le procureur Adou Gérard, comprenant le doyen des juges d’instruction et des greffiers, foulait le sol de la ville d’Odienné (Nord-Est d’Abidjan) où s’est poursuivie l’instruction du dos- sier de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire. «Mme Simone Gbagbo fait face à l’équipe qui instruit son dossier. Souffrez que je n’en dise pas plus»,a confirmé dans le Kabadougou, une source proche de l’affaire. «L’audition se tient dans sa résidence surveillée, à Odienné même»,a précisé, à Lg infos, une autre source anonyme, hier en fin d’après midi.  Ajoutant que «son avocat assistait aussi à cette audition». Il s’agirait d’une «audition sur le fond qui vise à vérifier les faits qui lui sont reprochés après enquête. Ces enquêtes doivent permettre de confirmer ou non les charges qui pèsent contre elle», a encore précisé la source. Cette rencontre entre l’Accusation d’une part et l’ex-Première dame et son avocat de l’autre, s’inscrit dans le cadre d’une procédure enclenchée depuis 2011, année de sa détention. Mme Gbagbo avait déjà été entendue en novembre 2012, par le magistrat Koné Mamadou, juge du 10e cabinet d’instruction près le tribunal de première instance d’Abidjan. Ce, après avoir passé plus d’un an dans les mains de ses tortionnaires qui la maintiennent dans le goulag du Nord dans une ville supposée acquise au pouvoir d’Alassane Ouattara. Pour certains observateurs, Odienné représenterait un gage pour le régime actuel. D’autres renchérissent pour dire que le choix de cette ville du Nord requiert particulièrement une garantie supplémentaire contre ceux des pro Gbagbo qui manifesteraient une certaine velléité éventuelle de libération par la force. Cette hypothèse renforce le caractère dictatorial du régime actuel, analyse un juriste interrogé par Lg Infos. Alors en séjour médical l’année dernière à Abidjan, Mme Simone Gbagbo hospitalisée d’urgence par hélicoptère d’Odienné à Abidjan, avait été enlevée de force de l’hôpital portant encore ses sondes. Cette façon cavalière de faire du régime Ouattara avait laissé courir la rumeur de son transfèrement à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). La rumeur, qui avait même fait cas de son billet d’écrou, n’a jamais été confirmée par les autorités judiciaires encore moins politiques qui s’occupent de son dossier. Jusqu’à ce que l’on annonce son retour dans cette fameuse résidence surveillée d’Odienné. Que va-t-il se passer les jours, semaines ou mois à venir après cette audition d’hier ? On n’en sait rien pour l’instant. Mais, l’annonce de la libération pour «délit non constitué», avant-hier lundi 3 février, de dix officiers de police, tous proches d’elle et de son époux Laurent Gbagbo, fait monter l’enthousiasme dans la galaxie patriotique. Ses parti- sans croisent les doigts pour que cette que fois soit la bonne et que l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire recouvre la liberté. Ceux-ci sont d’autant confortés dans leur attente, à l’idée que le nouveau pouvoir ivoirien a, le 20 septembre 2013, «refusé de collaborer»avec la Cour pénale internationale (Cpi) qui continue de réclamer l’ancienne Première dame ainsi que Charles Blé Goudé, ancien ministre du dernier gouvernement du Président Laurent Gbagbo.

Simplice Allard sallard05@yahoo.fr

Source: LG Infos N°653 DU MERCREDI 5 FÉVRIER 2014





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