Atteintes à la liberté de la presse en Côte d’Ivoire: La résistance Patriotique ivoirienne de France a manifesté son indignation devant Reporters sans Frontières ce Week-end.

Pourvu que l’on face preuve d’honnêteté, nul ne saurait douter de l’évidence sur la situation politique en Côte d’Ivoire. Le régime installé par le coup d’Etat du 11 avril 2012 est attentatoire aux libertés, à la démocratie et à la liberté de la presse. Le suspension abusive des journaux proches de l’opposition sont légion. A cela il faut ajouter les cambriolages de leurs sièges, les agressions et emprisonnements abusifs des journalistes. Face à cette situation, les journaux victimes des injonctions et de la terreur de l’actuel régime ont eu à manifester leur opposition à travers une grève. Mais la réalité est que la situation n’a pas changé. Ousmane Sy Savané, Directeur Général du groupe Cyclone,éditeur du quotidien « Le temps » croupit encore en Prison. C’est pourquoi plusieurs patriotes ivoiriens se sont donné rendez-vous ce week-end pour manifester devant le siège de Reporter Sans Frontière. Il s’agissait pour eux d’interpeller cette Organisation sur la réalité de la presse en Côte d’Ivoire, afin qu’elle prenne ses responsabilités en sortant de son mutisme complice. Une motion a été produite à l’occasion de cette manifestation. Motion que nous publions pour nos lecteurs.


Lundi 5 Novembre 2012 - 07:29


Image d'archives
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MOTION D’INTERPELLATION DE RSF DU SAMEDI 03 NOVEMBRE 2012

 
NOUS militants des droits de l’Homme et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sommes ici pour interpeller Reporters Sans Frontières sur les graves atteintes à la liberté de la presse qui sévissent en Côte d’Ivoire. Cette chape de silence médiatique n’est pourtant pas celle de la PAIX mais bien celle de la TERREUR  !
Reporters sans frontières(RSF) est une organisation non gouvernementale internationale fondée parRobert Ménard,Jean-Claude Guillebaud et  Rony Brauman en 1985, qui se définit ainsi: « Reporters sans frontières défend les journalistes emprisonnés et la liberté de la presse dans le monde, c'est-à-dire le droit d'informer et d'être informé, conformément à l'article 19 de laDéclaration universelle des droits de l'homme. » Alors que les libertés fondamentales - à commencer par celle de la presse - n’ont jamais autant été bafouées en Côte d’Ivoire que depuis l’installation par la force de Dramane Ouattara le 11 avril 2011, vous avez estimé dans votre «bilan en « demi-teinte » pour la liberté de l’information en Côte d’Ivoire» publié le mercredi 25 juillet 2012 - soit la veille de la rencontre Hollande-Ouattara à PARIS - que «Seize mois après l’accession d’Alassane Ouattara à la présidence de la Côte d’Ivoire, […] l’environnement pour les médias s’est progressivement amélioré». «Amélioré » dites-vous  ?
 Des journalistes sont toujours emprisonnés : il s’agit notamment de  Martin Sokouri Bohui, directeur général de La Refondation SA (éditrice de Notre Voie), Norbert Gnahoua Zibrabi, ancien directeur de publication de L’œil du peuple  et ancien conseiller technique de Laurent Gbabgo détenus depuis le 11 avril 2011. Ousmane Sy Savané, directeur de publication de plusieurs quotidiens ivoiriens proches de Laurent GBAGBO est également maintenu en détention depuis le 27 mars 2012 (A noter d’ailleurs que RSF a bizarrement été le premier à connaître le motif fallacieux de son arrestation - atteinte à la sureté de l’Etat - avant même son avocat et sa famille, ce motif ayant d’ailleurs été retenu abusivement avant lui contre Herman Aboa qui aura passé 5 mois en prison avant d’être totalement blanchi !)  ;
 Les sièges de plusieurs journaux ont été occupés, saccagés  et systématiquement pillés, notamment ceux de Notre Voie, du Nouveau Courrier, du Temps et du Quotidien d’Abidjan ;
 Des menaces de mort et des sanctions aussi illégitimes que disproportionnées frappent les journaux d’opposition, telle la suspension des journaux pro-gbagbo pour avoir publié des photographies de Laurent Gbagbo et de ses proches, accompagnées de légende indiquant les postes de ministres occupés par ces personnalités durant la crise post électorale ou encore pour avoir osé appeler Alassane Ouattara «Dramane »  ;
 La lumière sur la disparition de Guy André Kieffer - que vous appelez de vos vœux certes mais à laquelle nous sommes encore plus attachée tant elle a été injustement instrumentalisée pour diaboliser le couple Gbagbo - n’a toujours pas été faite  ;
 Les assassinats d’Antoine Massé le 7 novembre 2004 dans la région de Duékoué et de Sylvain Gagnetaud présentateur d’émissions à la Radio de Yopougon aux alentours du 08 mai 2011 – tous deux proches de l’ancienne mouvance présidentielle - n’ont également toujours pas été élucidés.
 De nombreux journalistes proches de l’ancien régime ou tout simplement soucieux du respect des institutions de la République de Côte d’Ivoire sont en exil totalement démunis et abandonnés de tous y compris de votre organisation supposée les protéger.
Vous vous draperez sans doute dans votre dignité outragée à la lecture de cette interpellation peu amène. Car il est vrai que vous avez rédigé des communiqués pour appeler à la libération d’Herman Aboa, des trois journalistes de notre Voie arrêtés auparavant, de Nina Bolou, directrice des ressources de Cyclone, tous remis en liberté, et plus récemment d’Ousmane Sy Savané. Il est encore vrai que vous avez octroyé une bourse d’assistance à la journaliste Awa Ehoura et que vous avez diffusé un communiqué sur la disparition tragique d’Antoine Massé et Sylvain Gagnetaud. Mais au-delà de ce bref et unique communiqué de circonstance, aucune action d’envergure de nature à donner de la visibilité à ces tragiques disparitions de journalistes n’a été entreprise par RSF contrairement à la polarisation de vos actions sur l’affaire Guy André Kieffer certes légitimes mais qui n’ont aucune chance d’aboutir tant que les Juges, les médias et vous-mêmes vous interdirez d’autres pistes sachant que Guy André Kieffer avait mis en cause le clan Ouattara dans des affaires de spéculations sur le cacao via la société Armajaro dont Loïc Folloroux, le gendre de Ouattara n’est autre que le Directeur Afrique  !
 
Toutes ces gesticulations suffisent peut-être à donner une apparente « objectivité  » à votre couverture des atteintes à la liberté de la presse en Côte d’Ivoire au lecteur non averti, un peu comme l’excellent mais pervers travail de répartition des victimes à titre posthume auquel se livre complaisamment Human Right Watch, organisation non gouvernementale avec laquelle vous avez un point commun de taille qu’il me plaît d’ailleurs de citer ici  : la contribution financière à vos activités respectives de Georges Soros grand ami de Ouattara… Mais malheureusement, c’est aux antipodes de ce qu’il faudrait faire pour que la censure et l’autocensure cessent d’être au service de l’occupation du pays par la France via le régime sanguinaire de Dramane Ouattara.
Dans un pays où c’est la force qui gouverne, où les lois et les principes qui régissent le fonctionnement normal des institutions ont cessé de s’appliquer, le seul moyen d’empêcher les massacres, les tortures, les viols, les pillages, les arrestations extrajudiciaires et les disparitions inquiétantes de centaines de militants réels ou supposés de l’ancien Régime, c’est de juger les coupables, car l’impunité est source de récidive. A défaut de Justice un tant soit peu équitable, il faudrait au moins que quelques projecteurs puissent se braquer sur ceux qui commettent ces crimes afin de freiner leurs ardeurs criminelles… Au lieu de cela, nous assistons à entreprise multiforme et multipolaire de désinformation pour essayer par tous les moyens de justifier le coup d’Etat le plus long de toute l’Histoire néocoloniale  !
Vous participez ainsi à l’inversion de la victime et du bourreau dans le domaine de la liberté de la presse qui nous intéresse. Vous admettez d’ailleurs sans difficulté dans votre classement de la liberté de la presse RSF de 2011/2012 que la Côte d’Ivoire a chu de 41 places, en tentant d’en attribuer l’entière responsabilité au conflit post-électoral dont serait seul responsable Laurent Gbagbo, reconnaissant ainsi implicitement que la liberté de la presse était beaucoup mieux assurée sous son règne.
Non seulement vous avez failli à votre mission de défendre le droit d’informer, mais vous méprisez totalement notre droit d’être informés, votre deuxième objectif principal si l’on s’en réfère à votre propre définition. Les crimes les plus odieux sont perpétrés quotidiennement en Côte d’Ivoire et aucun grand média occidental n’en parle mais de surcroit quand des journalistes ou tout simplement des citoyens ont le courage de les dénoncer en Côte d’Ivoire, où ils risquent ainsi leur vie ou ailleurs, vous n’en parlez pas, fidèles en cela à la «  stratégie de l’édredon  » qui consiste à ne pas réagir aux accusations en espérant qu’elles se tasseront d’elles-mêmes.
Suite à l’enlèvement de Simon Pierre Ehivet – le frère de la Première Dame - ce jeudi 01 novembre consécutivement à la parution d’un article de Maria Malagardis dans le quotidien Libération mentionnant son nom et sa qualité, nous vous suggérons de rappeler les journalistes que vous défendez à leurs obligations déontologiques – à commencer par la protection de leurs sources. Dame Malagardis n’en est pas à son coup d’essai ayant déjà commis cet article que nous ne nous souvenons pas de vous avoir entendu condamner où elle relayait la rumeur la plus indécente selon laquelle «  Simone Gbagbo se tresserait avec les nerfs d’enfants béninois sacrifiés », déshumanisant ainsi celle qui allait pouvoir être livrée aux mauvais traitements des FRCI en toute impunité. Vous d’habitude si prompts à remettre les journalistes africains dans le droit chemin n’avez jamais condamné ce genre de dérives pas plus que celles de Vincent Hugeux ou encore Antoine Glaser justifiant les mauvais traitements des Gbagbo par des accusations calomnieuses pourtant condamnées par la Justice française. Il est vrai que ces pseudos journalistes experts de l’Afrique et la Côte d’Ivoire sont Européens d’origine donc absolument pas « soupçonnables» de xénophobie ou de partialité  !
Nous manifestons depuis plus de 2 ans et déplorons de nombreux cas de violences policières jamais relayés par les médias que vous défendez, pas plus d’ailleurs que celles beaucoup plus souvent mortelles commises en Côte d’Ivoire. Ainsi deux de nos militants ont été violemment pris à parti par les forces de l’ordre hollandaises en marge de l’audience de la CPI du 30 octobre 2012 sans qu’il en soit fait état nulle part de la même façon que peu de média ont parlé de Laurence sauvagement défigurée par des Pro-Ouattara. J’ose sans peine imaginer la frénésie qui se serait emparée des médias si elle avait seulement été juive, anti-Assad ou encore anti-Ahmadinejad.
Par votre silence ou vos indignations sélectives, vous vous rendez complice des violences en tous genres qui continuent d’endeuiller le pays. Mais nous sommes partisans de la non violence active telle que nous l’a enseignée Laurent Gbagbo - qui n’exclut d’ailleurs pas la légitime défense – Alors nous continuerons de vous interpeller avec la seule arme que nous connaissons qui gagne toujours à long terme : la VERITE.
« Le véritable courage consiste à dénoncer les crimes commis par son propre camp et non ceux commis par l'adversaire!  » Bertrand Russel

Pour la résistance ¨Patriotique Ivoirienne de France
Christine Tibala.
 




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