Atteinte aux droits de l'homme à Divo: Une ONG dénonce les enlèvements pratiqués dans la région par la Gestapo du régime dramanien

Mercredi 5 Septembre 2012 - 07:27


Atteinte aux droits de l'homme à Divo: Une ONG dénonce les enlèvements pratiqués dans la région par la Gestapo du régime dramanien
ENQUETE SUR LA SITUATION SOCIOPOLITIQUE ET SECURITAIRE DANS LA REGION DU LOH DJIBOUA
 

RAPPORT D’ACTIVITE
 
Point des actions de terrain pour la situation sociopolitique et sécuritaire dans la région du Loh Djiboua

 
INTRODUCTION
 
 
Du Mardi 21 au Mardi 28 Août 2012, les responsables des organisations de la société civile du Loh Djiboua, membres de la plateforme de la société civile pour la justice transitionnelle, à l’initiative du Centre Régional de Promotion de la Société Civile pour la Culture de la Paix et le Développement Durable et composé de l’Action de la Protection des Droits de l’Homme (APDH), de la Coalition pour la Justice et le Pardon des Victimes de guerre de Côte d’Ivoire (CJPVGCI), de l’ONG Côte d’Ivoire Sans SIDA, de la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (LIDHO), de l’Organisation pour la Prévention, de l’Environnement, la Santé, l’Education et l’Agriculture-Vie (OPESEA-Vie), de la Jeune Chambre Internationale (JCI) ont entrepris des actions dans le but de s’informer et enquêter suite à la vague de rumeurs d’attaques circulant dans la région et surtout face à la série d’arrestations ou d’enlèvements de certaines personnes, proches de l’ex parti au pouvoir. Après les différentes rencontres avec les personnes cibles, voici le rapport que nous vous présentons, comme suit:
1- Plan d’action
2- Activités menées du Mercredi 22 au Mardi 28
3- Constats
4- Analyse de la situation
5- Difficultés rencontrées
6- Recommandations

 
1- PLAN D’ACTION
 
 
Notre démarche était axée autour de trois points principaux :
- Vérifier toutes les informations circulant au plan local (rumeurs) auprès des autorités locales pour avoir une vision claire de la situation ;
- Mener une enquête et une documentation approfondie auprès des sachants (parents et témoins) pour comprendre ce qui se passe et identifier éventuellement les personnes arrêtées ou enlevées ou impliquées dans toutes ces affaires ;
- Rassurer les populations à travers une communication et une information plus ou moins conformes à la réalité, pour éviter la psychose et la panique qui commencent à se faire ressentir dans la population. Ainsi donc le Mardi 21, nous avons tenu une première réunion de coordination pour élaborer une stratégie et une méthode de travail, qui consistait à identifier les structures, institutions ou personnes à rencontrer. Ce sont dans l’ordre: L’ONUCI – Le Conseil Général de Divo – Le Délégué Général FRCI Divo - Le Préfet de Région du Loh Djiboua – Le Substitut du Procureur de Divo - Le Maire de Divo - Le Député de Divo Commune - Les Parents de certaines des personnes enlevées.
 
2- ACTIVITES MENEES
 
 
Ainsi donc le mercredi 22, nous avons pu visiter et échanger avec : L’ONUCI, Le Conseil Général et Le Délégué Général des FRCI de Divo et quelques personnes proches des personnes arrêtées ou enlevées.
Le Jeudi 23 Août, nous avons pu rencontrer brièvement le Préfet de Région, Préfet du département de Divo, qui a promis nous recevoir en compagnie des responsables de la sécurité pour plus d’éclairage. Nous attendons toujours la confirmation de la rencontre par le secrétariat du préfet que nous avons relancé plusieurs fois.
Le Lundi 27 Août, nous avons pu échanger avec le Substitut du Procureur du Tribunal de Divo, Le Chef Cabinet du Maire de Divo, Le Délégué General DES FRCI de Divo et Le Député de Divo Commune.


3- CONSTATS


 
Après ces rencontres et les échanges, nous pouvons faire les constats suivants : La plupart des responsables administratifs rencontrés nous ont affirmés ne pas avoir été officiellement saisit avant ou après, des enlèvements/arrestations qui ont eu lieu ; Ces opérations se seraient donc déroulées à l’insu des autorités administratives (préfet et maire) judiciaires (procureur) et sécuritaire (police, gendarmerie, FRCI), locales de Divo et Lakota selon nos informations.
Au niveau des personnes enlevées : une Quinzaine dont certaines identifiées notamment : Djidji Tako Ayekpa Denis, Gode Gbalé, Konan Kablan Alain, Koré Anatole, Boby Kédi, Ossouin John Richard, BALLO Philippe, MAYE et d’autres personnes non encore identifiées de Divo et Lakota ;
Au niveau des circonstances de leurs arrestations ou enlèvements: pour la plupart, ces personnes ont été contacté, soit physiquement, soit par téléphone par des personnes quelles connaissaient très bien, qui les invitaient à un rendez vous dans un endroit souvent isolé ;
Les domiciles des personnes arrêtées n’ont pas été perquisitionnées à notre connaissance, pour rechercher une quelconque preuve de leur culpabilité;
De façon récurrente, il nous est revenu que ces opérations ont été menées par des individus armés non identifiés à bord de quatre (4) véhicules 4 x 4, d’immatriculation banalisée ;
Les opérations ont duré trois (03) jours au moins: du Jeudi16 au Samedi18 Août 2012: Les premières arrestations se sont déroulées à partir du Jeudi 16 à 13h et se sont poursuivies jusqu’au Samedi 18 à Djidjidou.
Les familles des personnes enlevées ne savent pas le motif de l’arrestation ou les causes de l’enlèvement et le lieu de détention exact de leurs proches ; Au niveau de la population, il ya la peur, la méfiance, une suspicion, la panique;Absence de réaction des médias locaux, des autorités religieuses.


4- ANALYSE DE LA SITUATION
 
Nous notons une passivité des autorités locales avant, pendant et après ces Opérations (manque de communication avec les populations dont elles sont responsables) Cette situation est venue réduire à néant tous les efforts mis en œuvre pour Restaurer la confiance entre les populations locales par la société civile et certains partenaires; Cette situation de confusion et de panique a entraîné la fuite de certains habitants dans certaines localités de la région ; Cette situation a aussi entraîné le ralentissement des activités économiques.

 
5- DIFFICULTES RENCONTREES

 
Les principales difficultés étaient surtout au niveau de l’accès à l’information au niveau de l’administration (personnes ne sait quoi que ce soit), l’accès aux familles des victimes (peur de représailles) et surtout le manque de moyens logistiques et financiers de la société civile locale.


6- RECOMMANDATIONS
 
A l’ETAT ET A SES DEMEMBREMENTS
(Préfet, Sous-préfet)
- De respecter les principes de l’Etat de droit en toutes circonstances ;
- De remplir son devoir de protection de tous les Ivoiriens et de tous les habitants de la Côte d’Ivoire sans exclusive ;
- De demander aux éléments des FRCI, de faire preuve de professionnalisme dans leurs activités de sécurisation des populations ;
- De respecter et faire respecter les articles 2 et 3 de la Constitution ivoirienne qui stipulent : article 2 : « la personne humaine est sacrée. Tous les êtres humains naissent libres et égaux devant la loi. Ils jouissent des droits inaliénables que sont le droit à la vie, à la liberté, à l’épanouissement de leur personnalité et au respect de leur dignité. Les droits de la personne humaine sont inviolables. Les autorités publiques ont l’obligation d’en assurer le respect, la protection et la promotion. Toute sanction tendant à la privation de la vie humaine est interdite »; article 3 : « sont interdits et punis par la loi, l’esclavage, le travail forcé, les traitements inhumains et cruels, dégradants et humiliants, la torture physique ou morale, les violences physiques et les mutilations et toutes les formes d’avilissement de l’être humain ».
- De commencer le DDR et la Réforme du Système de Sécurité (R.S.S.) ;
- Subventionner et renforcer la capacité des Organisations de la Société Civile.
- Mettre une fin définitive aux barrages anarchiques et illégaux (Dozos) sur nos pistes et routes;
- D’associer la société civile à la gestion des affaires publiques pour plus de transparence ;
- Prendre des mesures vigoureuses pour identifier et sanctionner tous les auteurs des rumeurs.

AUX HOMMES POLITIQUES DE DIVO
 
 
 
- Etre regardant au respect des lois en vigueur et aux manquements des droits humains ;
- S’impliquer dans le processus de réconciliation en sensibilisant leurs militants ;
- Renoncer à toutes formes de violences;
- Réactiver la plateforme des partis politiques afin de faciliter le dialogue politique local.


A L’ONUCI
 
 
 
- De mettre en œuvre son mandat de protection des civils, tel que rappelé dans la résolution 2062 du 30 Juillet 2012 ;
- D’accélérer les activités appui à la réduction de la violence
communautaire et de cohésion sociale par des AGR, en direction des femmes et des jeunes ;
- D’appuyer les actions de la société civile locale dans le processus de justice transitionnelle ;
- D’ouvrir un bureau des droits de l’homme à Divo,
- De mettre en place des mécanismes de suivi des actions et activités menées à l’endroit des populations.

A LA CDVR

- D’agir sur les hommes politiques pour arrêter ces violences inutiles et  meurtrières, qui fragilisent le travail des OSC et de la CDVR sur le terrain ;
- Renforcer les capacités de la plateforme de la société civile sur la justice transitionnelle à Divo pour un travail plus efficace sur le terrain,
- Solliciter les médias de proximité (Radios locales) pour diffuser des messages de paix.


AUX AUTORITES RELIGIEUSES ET COUTUMIERES
 
 
- S’impliquer activement dans le processus de la réconciliation nationale ;
- Sensibiliser davantage leurs fidèles et les membres de leur communauté respective à développer un esprit de cohésion, de fraternité et de paix.
- A se départir des positions partisanes et jouer pleinement leur rôle de leaders communautaires.

 
AUX MEDIAS LOCAUX

 
- D’accorder des temps d’antennes aux Organisations de la Société Civile dans le cadre de la promotion de la cohésion sociale ;
- S’inscrire dans l’esprit et la lettre du processus de réconciliation nationale en cours ;
- Faire la promotion de la réconciliation dans leurs organes respectifs.


 
A LA SOCIETE CIVILE


- Intensifier leurs actions sur le terrain en faveur de la réconciliation ;
- Faire preuve de professionnalisme et d’impartialité dans leurs actions sur le terrain ;
- Faire le monitoring autour des activités de la CDVR, CNE et CSE ;
- Assurer le suivi de l’application effective par le gouvernement des
résolutions de la CDVR, la CNE et la CSE.
- Favoriser le travail en réseau pour plus d’efficacité ;
- Promouvoir la bonne gouvernance au sein des OSC ;
- Se départir de toutes accointances politiques ;


 
CONCLUSION


Face à la fragilité de la situation sécuritaire et aux rumeurs qui continuent toujours de circuler, la plateforme de la société civile, reste saisie de la situation et réagira de façon régulière pour informer les populations et alerter les autorités pour une réponse adéquate et proactive, signe de bonne gouvernance.
Fait à Divo le Mardi 28 Aout 2012


Le Président
Yoro Isidore Lohouri
225 47 98 97 19
 

LISTES DE QUELQUES PERSONNES ARRETEES DU JEUDI 16 AU SAMEDI 18 AOUT 2012






DANS LA REGION DU LOH-DJIBOUA







 
 
Noms et prénoms
 
 
Profession
 
 
Date et heure d’arrestation
 
 
Lieu d’arrestation
 
Motifs
 
 
Destination
 
 
1
 
KORE Anatole
 
Ouvrier dans
Une scierie
 
Jeudi 16 Août 2012 à 13h
 
En face de la Mairie de Divo
 
Inconnus
 
Inconnue
 
2
 
DJIDJI Tako Ayekpa
 
Dénis
 
Chargé de mission au Conseil Général de Divo
 
Jeudi 16 Août 2012 aux environs de 13h
 
Au maquis "la bonne fourchette" Qt Commandant
 
Inconnus
 
Inconnue
 
3
 
GODE Gbalé
 
Informaticien, Vice président de La Générale des Consommateurs et Président de l’ex Sorbonne de Divo
 
Jeudi 16 Août 2012 aux environs de 21h
 
En face de l'hôtel "IKO"
 
Inconnus
 
Inconnue
 
4
 
KONAN Kablan Alain
 
Informaticien
 
      inconnue
 
 
 
5
 
BOBY Kedi
 
Président des jeunes Patriotes de Divo
 
Vendredi 17 Août 2012 aux environs de 15h
 
Bada non loin du maquis "le Kirikou"
 
Inconnus
 
Inconnue
 
6
 
MAYE Casimir
 
Vigile dans une pharmacie de la place
 
Vendredi 17 Août 2012 aux environs de 15h
 
Grémian (marché)
 
Inconnus
 
Inconnue
 
7
 
BALLO Philipe
 
Membre du bureau de la jeunesse communale de Lakota
 
Vendredi 17 Août 2012 aux environs de 15h
 
Lakota (non précisé)
 
Inconnus
 
Inconnue
 
8
 
OSSOUHIN John
Richard
 
Planteur
 
Dans la nuit du Vendredi au Samedi 18 Août 2012
 
Djidjidou dans sa plantation
 
Inconnus
 
Inconnue
 
 


N.B: toutes ces personnes ont été enlevées pour des motifs inconnus et transportées vers des destations inconnues.


 




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