Attaques répétées en Côte d’Ivoire ou le temps de l’invisible

Samedi 25 Août 2012 - 09:17


Attaques répétées en Côte d’Ivoire ou le temps de l’invisible
Lettre ouverte à mes lecteurs, au peuple ivoirien et aux amis de la Côte d’Ivoire…
Je voudrais par la présente note vous dire merci pour votre attachement à mes opinions sur la Côte d’Ivoire en particulier et sur l’Afrique en général.
A tous ceux qui m’appellent ou qui m’écrivent pour me demander pourquoi je ne dis rien sur les attaques en cours en Côte d’Ivoire, je voudrais dire que dans la vie, lorsqu’on n’a rien à dire, on ne dit rien. Il ne sert à rien de parler pour parler.
Parler, nous avons parlé. Nous avons écrit à qui voulait nous entendre. Nous avons adressé des lettres ouvertes aux autorités locales comme aux autorités internationales.
En son temps, Nous avons même adressé des lettres ouvertes à ladite communauté internationale, à certains de ses pions clés, tel le geôlier Luis Ocampo de la CPI. Nous avons interpellé les dirigeants d’Afrique sur le danger que courait la Côte d’ivoire, si jamais ils suivaient moutonnement les décisions des propriétaires de la communauté internationale… Nous avons interpellé le peuple de Côte d’Ivoire sur la tragédie que courait notre pays si nous ne savons pas nous mettre au dessus de la normale et du standard. Nous avons attiré l’attention des autorités ivoiriennes sur le chao qu’elles pourraient créer dans notre pays si jamais elles continuaient dans leur logique de l’exercice abusif d’un pouvoir mal acquis; duquel elles ne sauraient profiter, même dans un rattrapage de complexés.
Nous avons dit à qui voulait nous entendre qu’on ne fait pas de réconciliation en maltraitant l’ennemi, qui somme toute demeure un frère. Nous avons prévenu qu’une justice des vainqueurs produit l’endurcissement des cœurs des vaincus.
Nous avons crié sur tous les toits et sur toute la toile à qui voulait nous entendre…
Nous avons dénoncé le massacre du peuple Wê et l’expropriation des terres ivoiriennes au profit des burkinabés déversés à longueur de journée dans nos forêt à l’ouest du pays. Nous avons dit NON à l’imposture dans toute sa laideur. Nous avons dit NON à la « burkinabéisation » ou à la « burkinaïsation » de notre CHÈRE CÔTE D’IVOIRE…
Nous avons supplié les Ivoiriens de ne pas mettre le feu à la maison IVOIRE pour ne pas imiter le voisin et sa clique de truands sous-régionaux et internationaux qui se réjouissent de voir la Côte d’Ivoire partir en fumée. Nous avons dit aux vrais houphouétistes, aux pseudo-houphouétistes et à tous ceux qui se rappellent du combat de Nanan Houphouët Boigny, que : « la PAIX, CE N’EST PAS UN VAIN MOT, MAIS UN COMPORTEMENT… »
Nous avons dit à toutes et à tous que les ivoiriens ont besoin de se réconcilier, que la Côte d’Ivoire doit faire appel à toutes ses filles et ses fils pour mieux avancer. Et surtout que la réconciliation doit se faire dans la sincérité et la vérité.
Nous avons donné quelques éléments de réflexion analytique qui pourraient aider Charles Konan Banny et son équipe à développer une méthodologie efficace, afin de ne pas se retrouver dans tous les sens, sans méthode ni objectifs clairs…
Nous avons dit aux ivoiriens d’apprendre à mettre fin à la politique de MANGEMENT qui fait qu’on supporte l’insupportable, juste parce qu’on ne pense qu’à son ventre et à son bas-ventre.
Une telle pratique (corruption) érigée en culture nationale (la culture du mangement biensûr) et transposée en politique, où le plus important est de manger maintenant et tout de suite, conduit ses adeptes à manger tout ce qui est au tour d’eux et à s’entre-manger pour finir; à s’auto-manger… Un véritable panier à crabes!
Nous avons dit, nous avons dit et nous avons dit… Nous avons dit t redit.
Des gens et non des moindres ont même répété ce que nous disions, en nous prouvant que nous disons juste ou alors que nous disions ce que la majorité pense bas…
Nous disons aujourd’hui que dans la vie, il ne faut pas parler pour parler…LA PAROLE EST VIE ET IL FAUDRAIT QUE NOTRE PAROLE AIT UN SENS POUR QUE NOTRE VIE EN AIT UN…
Nous avons parlé en tant que citoyenne civile, partisane de la non-violence, activiste de la justice et de la paix et qui surtout aime son pays et son continent.
Tout ce que nous écrivons est loin de la recherche d’un intérêt personnel quelconque. Pour ceux qui ne sauraient pas que c’est un DEVOIR, nous disons que si nous ne le faisons pas, personne ne le ferait à notre place.
C’est un devoir humain et divin que de dénoncer les dérives des individus qui conduisent tout un peuple dans le gouffre. C’est un devoir de génération surtout... En le faisant, nous sommes conscient que : « la liberté des uns s’arrête là ou commence celle des autres. » Nous tenons compte de la diversité d’opinions qui doit être respectée et combattons la culture de la pensée unique.
En ma qualité de civile, je parle un langage de civile, où je dis ce que j’ai à dire sur la base d’observations et d’analyses de civile en toute objectivité. Je ne comprends rien du langage militaire…
D’autres civils, dans la diaspora, en exil ou vivant en Côte d’Ivoire ont dit, tout comme moi ce qu’ils avaient à dire sur la situation de notre pays. Le point commun dans tout ce que nous disons tous (de même bord, de bord parallèle ou de bord juxtaposé), est l’Amour pour notre pays et notre souhait au retour de son identité vraie.
En réponse à tous nos cris de cœur, nous ne voyons que de la moquerie, de la foutaise et du mépris de la part des tenants du pouvoir acquis dans le sang des innocents…
· Au lieu de demander pardon au peuple ivoirien pour un tort bien causé depuis le 19 Septembre 2002, on préfère dire que c’est la faute à Gbagbo tout seul…
· Au lieu d’appeler tous les fils et filles de la Côte d’Ivoire pour qu’ensemble nous partions sur de nouvelles bases républicaines fondées sur des valeurs d’une Nation, on préfère installer un club de dioula-burkinabé à la tête de toutes les institutions du pays…
· Au lieu de mettre les compétences à leur place, on préfère se rattraper entre amis frères et maîtresses.
Un pays où l’on jette sans raison un si grand intellectuel comme Aké N’gbo en prison pour mettre Kandia kamara à la tête de l’EDUCATION NATIONALE, allez-y comprendre que nous vivons la politique du vertige…
(Mme Kandia dans tout son dynamisme, pourrait prouver ses compétences à d’autres postes que de tenir un ministère où le langage devrait être de rigueur. Ce qui nous épargnerait la honte qu’elle nous donne en ce moment devant nos amis non-ivoiriens, chaque fois qu’elle fait une phrase. Tous, faisons des fautes dans la langue française qui n’est pas la nôtre, mais à ce niveau où l’on devient l’exemple et l’image du système éducatif d’un pays, les fautes devraient être réduites…)
· Au lieu de cultiver l’humilité comme le feraient de dignes vainqueurs, en tendant la main aux vaincus, on préfère les traquer jusque dans leur dernier retranchement…
· Au lieu de chercher à canaliser ces chiens et loups de guerre qui ont contribué à l’aboutissement de cette nauséabonde vision du « POUVOIR PAR TOUS LES MOYENS », on préfère les jeter à leur propre sort afin qu’ils puissent mieux dévorer les survivant, que les affres de la guerre n’ont pu emporter… Créant ainsi l’insécurité chaotique qui affaiblit de plus en plus le peuple ivoirien.
Au lieu d’aider la CDVR à mieux raccommoder le tissu social profondément entamé, on préfère saboter le travail de Konan Banny et de ses compagnons dans cette aventure ambigüe…
Le Comble! Pendant que des Présidents et chef d’état écourtent leur séjour à l’étranger pour rentrer dans leur pays toute fois qu’il y a un danger, celui des ivoiriens, fait l’inverse. Il court pour sortir du pays « dès que dés que » comme s’il est conscient d’être le responsable de cette merde. Un chef d’Etat qui passe plus de temps à l’étranger que dans son pays, il faut être le président de l’étranger pour réaliser cet exploit. Quand j’entendais le président Laurent Gbagbo parler de « candidat de l’étranger », j’ai pensé que c’était encore une de ses blagues qui ne finissent jamais. J’étais loin de m’imaginer que c’était une expression prophétique... Et les ministres ivoiriens se déplacent régulièrement dans le palais du président de l’étranger à l’étranger, le rejoindre pour tenir des conseils de ministres d’étrangers à l’étranger… Au compte de l’étranger bien sûr! Côte d’Ivoire YAKO!
Hannnn! Imaginons, Barack Obama, François Holland ou Angela Merkel faire ça!
Bref, dans tous les cas, il paraît que la Côte d’Ivoire avance à grand pas avec des chantiers de géants, malgré tout. Il paraît que le taux de chômage a considérablement baissé. Il paraît que la Côte d’Ivoire se sent mieux sans ses fils et filles en exil, mais plutôt avec des burkinabé déversés pour occuper incroyablement nos forêts…
Malgré les réalités qui montrent la misère du peuple ivoirien même à ceux qui refusent de la voir, des esprits malhonnêtes célèbrent tout de même l’avancement de la Côte d’Ivoire à pas de géant…
Or en Côte d’Ivoire, il n’y pas que des civiles comme nous pour faire des analyses et des jugements de civile.
En Côte d’Ivoire, il n’y a pas que des femmes comme Roska qui crient en vain sur tous les toits et toute la toile dans l’espoir que des oreilles qui savent entendre entendent…
En Côte d’Ivoire, il y a aussi des hommes et des femmes qui ont fait l’armée et qui sont éparpillés dans la nature par la force des choses. Ces hommes et femmes, éduqués selon les principes et valeurs militaires, ne verront pas les choses de la même manière que nous civiles, qui espérons tout le temps que les vainqueurs d’hier tendront sincèrement et humblement la main aux vaincus, un de ces jours. Ces hommes et femmes de l’armée voient ce que nous ne voyons pas ; tout comme nous voyons ce que eux ils ne voient pas. Alors chacun fait ce qu’il a à faire en fonction de ses observations, de ses analyses de la situation et du langage qui est le sien.
Et comme la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres, on espère que si les cris de cœurs des civiles ne sont pas entendus, ceux des invisibles en treillis seront entendu, bien que nous déplorons et condamnons avec la dernière énergie cette montée de tension et d’attaques éclatées.
Cela étant, je suis bien curieuse de savoir entre les cris des civiles et ceux des invisibles en treillis, ce que les hommes forts actuels d’Abidjan préfèrent entendre pour arrêter de narguer le peuple ivoirien. Dans cette curiosité je pense qu’il est mieux d’observer le silence pour mieux entendre, même si je ne comprends pas ce langage.
Comme vous, moi aussi je suis à l’écoute pour ne pas confondre les voix; voilà pourquoi vous ne m’avez pas entendu depuis quelques temps.
Dans la vie, il ne faut pas parler pour parler. La parole est vie et il faudrait que notre parole ait un sens pour que notre vie en ait un. Voyant que ce qui se passe dans notre pays aujourd’hui est mis sur le compte de l’invisible, je ne saurai quoi dire.
Entre-nous; même si on aime parler, qui peut s’adresser à l’invisible ?
En attendant que vous me donniez une réponse, je vous rassure de mon Amour patriotique.
Je vous aime et demeurez dans la bénédiction, comme d’habitude !
On est ensemble! Ou alors, apprenons à être ensemble, puisque nous sommes ensemble…
Dieu bénisse la Côte d’Ivoire et ait pitié de tous!
Copenhague, 21 Août 2012
Rosalie Kouamé «Roska»
Ambassadrice de l'EDUCATION, de la CULTURE, de l'AMOUR du prochain et de la PAIX.
Présidente Fondatrice - Fondation Roska




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !