Attaques répétées à la frontière ivoiro-libérienne: Les violences continuent à l’ouest. Des mystères sur les combats de l’Ouest

Des affrontements d’une extrême violence, selon des témoins joints par Le Nouveau Courrier à Blolequin, ont opposé, samedi dernier à l’aube, des assaillants et des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) appuyées par les chasseurs traditionnels communément appelés Dozos à Petit-Guiglo, dans la sous-préfecture de Tinhou. Après les événements de Zilébly et Tiobly.

Mardi 26 Mars 2013 - 04:00


Attaques répétées à la frontière ivoiro-libérienne: Les violences continuent à l’ouest. Des mystères sur les combats de l’Ouest
Depuis la mi-mars, l’ouest ivoirien connait des attaques d’une rare violence qui se soldent par des morts d’hommes et un exode massif de populations à la recherche de sécurité. Selon certaines sources imprégnées du dossier relatif à cette partie de la Côte d’Ivoire, ce sont les propriétaires terriens traqués par des allogènes, appuyées d’éléments des Frci, qui s’échinent à récupérer leur patrimoine par la voie des armes après avoir enduré le silence coupable de la communauté internationale sur leur drame. D’autres sources évoquent de leur côté une infiltration orchestrée par le pouvoir ivoirien au sein d’anciens combattants de l’ouest de la Côte d’Ivoire retranchés au Libéria. Objectif ? Leur tendre un guet- apens et les mettre hors d’état de nuire. Comment ont-ils pu acquérir cet impor - tant arsenal de guerre, deux ans après la fin de la guerre post-électorale ? Comment ont-ils pu passer à travers les mailles des filets de la police libérienne et des forces ivoiriennes qui ont entrepris des opérations conjointes surmédiatisées à la frontière des deux pays ? Une thèse que les populations déplacées de Zilébly, Petit-Guiglo et Tiobly prennent très au sérieux fait état d’un traquenard dans lequel seraient tombés des exilés. Pressés qu’ils sont de retrouver leurs terres, ils auraient été approchés par une personnalité proche du pouvoir d’Abidjan afin de tendre un guet-apens aux anciens combattants et les mettre hors d’état de nuire.
Les autochtones empêchés de retourner chez eux A cet effet, un recrutement de combattants aurait été opéré. Des combattants à qui l’on aurait fait croire à une action militaire soutenue par la communauté internationale contre le régime ivoirien. Sinon comment comprendre que les différentes frontières gardées par des détachements des Frci depuis la mort des éléments de l’Onuci et les combats de Pékan aient été subitement désertées, au point de laisser les assaillants accéder aux villages ivoiriens derrière le Cavally ? Tout de même bizarre, spécule-t-on à l’ouest. Selon des sources administratives, la situation est sous contrôle des forces républicaines après les affrontements enregistrés à Petit-Guiglo. Les populations du village assiégé se sont réfugiées dans la commune. Des émissaires ont été dépêchés sur le terrain pour réconforter les déplacés. L’attaque du village a occasionné 8 morts selon des témoins. Les allogènes, notamment les Burkinabè voient d’un mauvais œil le retour des autochtones qu’ils soupçonnent de conspirer avec l’ennemi qui veut en découdre avec leur communauté accusée de s’accaparer les terres. Ils s’opposent donc à leur retour. Pour matérialiser ce refus, les maisons ont été incendiées et des menaces de mort sont ouvertement proférées. A Zilébly, le chef de village a vu sa maison rasée par les allogènes. Depuis Blolequin où il s’est refugié, il reçoit régulièrement des mises en garde, au cas où il voudrait retourner dans son village.

Par Gilles Naismon  


Le Nouveau Courrier N°759 Du Lundi 25 mars 2013




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