Attaque terroriste en Côte d'Ivoire : Et si les "Forces spéciales" ivoiriennes avaient failli ?

Mercredi 16 Mars 2016 - 00:26


La FIDHOP (la Fondation Ivoirienne pour l’observation et la surveillance des Droits de l’Homme et de la vie Politique), s’incline respectueusement devant les dépouilles de toutes les victimes de cette nouvelle barbarie humaine perpétrée par les Terroristes-Djihadistes en Côte d’Ivoire, le dimanche 13 mars 2016  ; elle exprime sa solidarité aux blessés et son soutien à toutes les familles meurtries.
Avec la dernière énergie, la FIDHOP condamne cette attaque djihadiste  !
Toutefois, la FIDHOP ne peut s’empêcher de revenir sur cette autre tragédie qui endeuille de nouveau la Côte d’Ivoire et de s’interroger.


 I-    DE L’ATTAQUE DE GRAND-BASSAM ET SON CONTEXTE.


Le dimanche 13 mars 2016, dans la mi-journée, a eu lieu, sur l’une des plages de la ville de Grand-Bassam (à 40Kms d’Abidjan), une attaque aux armes lourdes, qui fut revendiquée par le groupe terroriste-djihadiste d’Al-Qaïda au Magreb islamique (AQMI). Selon des témoins, trois hôtels étaient pris pour cibles, dont «  L’Etoile du Sud  », très fréquenté par les touristes et visiteurs occidentaux désireux de profiter des plages bassamoises.
Le bilan de cette attaque, tel que livré par le Chef de l’Etat Alassane Ouattara et son ministre de l’Intérieur Ahmed Bakayoko, fait état de 21 morts et de plusieurs dizaines de blessés  : 15 civils assassinés, dont 04 Français, selon l’Elysée  ; 03 agents des «  Forces spéciales  » ivoiriennes tués  ; et 03 terroristes «  neutralisés  »  ; (au départ les autorités ivoirienne annonçaient six terroristes  ; pourtant, le communiqué d’Aqmi dans lequel l’attaque est revendiquée évoque 03 éléments mandatés pour cette mission).
Et pendant que cette tragédie se déroulait dans le pays, à quelques cinquante kilomètres de ses studios, et que l’information faisait le tour du monde, la radio et la télévision ivoirienne (RTI) poursuivaient, tranquillement et très normalement, la diffusion de leurs programmes habituels, dans l’indifférence la plus cynique.
Enfin, le choix de ce dimanche 13 mars 2016 par les terroristes-djihadistes pour frapper la Côte d’Ivoire pourrait ne pas être le fait d’un hasard. En effet, depuis plusieurs semaines, la RTI (très ‘’ouattarisée’’ à volonté), ainsi que les médias de la presse écrite proches du régime d’Abidjan, avaient annoncé la tenue, au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan, le vendredi 11 mars, d’un grand gala qu’organisait Mme Dominique Ouattara pour le compte de son association caritative, Children Of Africa  ; gala pour lequel plusieurs artistes et célébrités mondiales étaient annoncées à Abidjan. Parmi ces invités de marque, l’on a pu remarquer la présence de Mme Carla Sarkozy.


 II-    DES INTERROGATIONS QUI S’IMPOSENT.

1/ Quelles dispositions sécuritaires contre le terrorisme en CI  ?


Bien qu’aucun pays ne soit, apriori, à l’abri d’une attaque terroriste, d’autant plus que de grandes puissances comme les Etats Unis et la France en ont été victimes, à plusieurs reprises, n’empêche que depuis plusieurs mois et surtout après les attaques du Mali (hôtel Radisson, le 20 novembre 2015), puis du Burkina Faso (hôtel Splendid, le 15 janvier 2016), les autorités de la Côte d’Ivoire étaient bien informées d’une attaque djihadistes. D’où les interrogations suivantes.
Ayant été alertées depuis longtemps, quelles dispositions les autorités ivoiriennes ont-elles prises pour prévenir toutes attaques terroristes  ?
Les autorités ivoiriennes peuvent-elles prouver que ces dites «  forces spéciales  » ont été spécialement formées et entrainées pour réagir efficacement à pareilles attaques  ? Comme ce fut le cas, par exemple, dans la prévention de l’épidémie d’Ebola où des exercices de simulation avaient été réalisés.
L’inévitable attaque terroriste s’étant produite, et au regard de leur réaction face aux djihadistes, peut-on dire que les Forces républicaines de Côte d’Ivoire, pompeusement appelées «  forces spéciales  », ont été à la hauteur de l’attaque  ?
Si oui, comme le prétendent le Chef de l’Etat et le ministre de l’Intérieur, pourquoi la réaction de ces «  forces spéciales  » est-elle intervenue plusieurs heures après le déclenchement de l’attaque, comme l’ont confirmé des témoins  ; alors que la police est équipée d’hélicoptère  ?
Plus grave, M. Alassane Ouattara et son ministre ont annoncé avoir «  neutralisé  », aussitôt après l’attaque, six (06) terroristes et que deux autres étaient en cavale  ; alors que la plupart des témoins affirmaient que les terroristes n’étaient que trois. Finalement, M. Ouattara revient à trois. Qui sont donc ces présumés terroristes, au nombre de six, que ces autorités disaient avoir «  neutralisés  »  ? N’est-ce pas là une dérobade du régime-Ouattara qui n’a pas été capable de venir à bout de tous les terroristes  ? Dès lors, les populations ivoiriennes ne risquent-elles pas de subir d’autres attaques imminentes  ?
Et le Directeur général de cette RTI, de même que son parrain, le ministre Ahmed Bakayoko, pourraient-ils rendre compte aux Ivoiriens ou même être relevés de leurs fonctions, l’un pour avoir privé les Ivoiriens de l’information en temps réel et l’autre pour n’avoir pas pu «  neutraliser  » les vrais terroristes  ?
Enfin, quid de l’armée française du 45ème BIMA  ?

2/ Quelles dispositions particulières, pour des invités particuliers  ?

Gouverner, c’est prévoir ou prévenir  !
Depuis les attaques terroristes perpétrées en France, à Charlie Hebdo (le 7 janvier 2015) et au Bataclan (le 13 novembre 2015), suivies de celles de Bamako et de Ouagadougou, en passant par l’attentat du 26 juin 2015 à Sousse, en Tunisie,  tous les dirigeants français et africains devraient redoubler de vigilance quant à la sécurisation des ressortissants européens en général et français en particulier, sur le continent africain.
Ainsi, vu la coïncidence de l’attaque terroriste de Grand-Bassam avec l’organisation du gala de Mme Ouattara, l’on ne peut s’empêcher de soulever les interrogations ci-après.
Au regard des nombreux artistes et célébrités mondiales qui ont été annoncés à Abidjan, pour le week-end du 11 au 13 mars 2016, quelles dispositions particulières ont-elles été prises par l’épouse du Chef de l’Etat, afin d’assurer la sécurité de ses illustres invités européens, tant à Abidjan qu’à Bassam ou à Assinie, dont les plages seraient  visitées par ces étrangers ? Surtout que le Chef de l’Etat ivoirien se trouvait à Assinie, à une dizaine de kilomètres du lieu du drame.
En sus, connaissant ‘’le mépris’’ des djihadistes-terroristes à l’égard de l’Occident et principalement à l’encontre de la France et des Français, pourquoi l’armée française du 43ème BIMA n’a-t-elle pas été mise en alerte, afin d’intervenir très promptement, en cas de nécessité  ; elle qui n’a pas hésité à tirer sur de jeunes manifestants ivoiriens aux mains nues, en novembre 2004 devant l’Hôtel Ivoire, ou à larguer ses bombes, début mars 2011, sur la résidence d’un Chef d’Etat africain proclamé pourtant vainqueur de l’élection présidentielle de 2010 dans son propre pays, par le Conseil constitutionnel  ?

3/ Le contexte sociopolitique ivoirien n’était-il pas favorable à cette attaque djihadiste  ?

Même s’il est vrai que le terrorisme constitue une guerre contre la Démocratie ou contre la Civilisation occidentale, il serait néanmoins absurde de croire que les djihadistes opèrent partout, dans n’importe quel pays du monde ou d’Afrique, n’importe comment et à n’importe quel moment.
Les pays africains dans lesquels ils se sont tristement illustrés jusqu’à maintenant, à savoir, la Tunisie, le Mali, ou le Burkina Faso, ont été généralement ciblés par les terroristes en raison de leur affaiblissement au niveau sécuritaire et de leur désorganisation, conséquences des crises sociopolitiques et/ou militaires ayant marqué ces Etats et qui ont profondément affecté la démocratie.
Et la Côte d’Ivoire ne fait guère l’exception. En effet, force est de reconnaître que depuis la grave crise postélectorale de fin 2010 – début 2011, la Démocratie, les Droits de l’Homme et les Libertés publiques sont quasiment confisqués dans ce pays. De plus, certains acteurs de l’ex-rébellion ivoirienne de 2010 et des dozos passent pour être des alliés des djihadistes-terroristes, ou tout au moins leurs partenaires, ne serait-ce que dans les modes opératoires  : attaques d’innocentes victimes, sans armes, exécutions systématiques, aveugles et massives…  ; à quelques différences près que les djihadistes disent tuer au nom de Allah et que les rebelles se considèrent tels des restaurateurs de la démocratie par les armes.
Ainsi donc, quelle arme efficace pour lutter contre le terrorisme  ?

 III-    L’APPEL A L’UNITE NATIONALE CONTRE LE TERRORISME.

LA FIDHOP, considère que la principale arme dont doit se doter tout pays pour lutter efficacement contre le Terrorisme-djihadiste, c’est l’Unité nationale. La France et les Français en ont donné l’exemple au monde, face à chacune des attaques terroristes dont ce pays a été l’objet.
Or, depuis la grave crise postélectorale de 2010, les Ivoiriennes et les Ivoiriens restent profondément divisés  ; et la Réconciliation nationale a été un véritable échec. La division est telle que, face à des tragédies nationales, telles que celle de ce 13 mars 2016, certains Ivoiriens demeurent sceptiques quant à la véracité de cette attaque djihadiste, quand d’autres en sont totalement indifférents, bien qu’il y ait eu des morts et des blessés.
L’Unité nationale, qui passe par la réconciliation nationale, doit donc être une priorité absolue pour les dirigeants actuels du pays.
En cela, la Communauté internationale devrait donner un vrai coup d’accélérateur au processus de Réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, en recommandant vivement à la Cour pénale internationale (CPI) de libérer le Président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé.


Fait à Rome, ITALIE, le 14 mars 2016

Dr BOGA S. GERVAIS
Président-Fondateur de la FIDHOP
 




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