Attaque du camp de réfugiés de Duékoué, Justice, impunité... Doudou Diène de l'Onu en colère

Doudou Diène, expert indépendant de l'Onu sur la situation des droits de l'Homme en Côte d'Ivoire, n'est pas content. Il a déploré, vendredi 12 octobre 2012, au cours d'une conférence de presse, à Abidjan, que l'attaque meurtrière du camp de déplacés de Nahibly à Duékoué en juillet 2012 soit restée pour l'heure sans suite judiciaire.

Samedi 13 Octobre 2012 - 07:12


Attaque du camp de réfugiés de Duékoué, Justice, impunité... Doudou Diène de l'Onu en colère
L'émissaire onusien d'appeler à mettre fin à l'impunité en Côte d'Ivoire après la crise de 2010-2011. « Personne n'a été arrêté parmi ceux qui ont perpétré cette attaque sur le camp de réfugiés », a dénoncé Doudou Diène à l'issue d'un séjour en Côte d'Ivoire. « La justice doit encore approfondir son travail », a-t-il demandé.
Le 20 juillet, rappelle l'Agence France presse (Afp), la ville de Duékoué (ouest) a été le théâtre de graves violences. Après le meurtre de cinq personnes dans un quartier peuplé surtout de Malinké (ethnie réputée favorable au président Alassane Ouattara), une foule avait attaqué le camp de déplacés voisin de Nahibly (abritant surtout des autochtones guéré, vus comme partisans de l'ex-chef de l'Etat Laurent Gbagbo), y tuant six personnes, selon l'Onu. Six corps ont été retirés, jeudi dernier, d'un puits dans un quartier de Duékoué. Le procureur de la région a ouvert une enquête. « Rien ne nous dit que ces corps sont liés aux événements de Nahibly. Nous n'avons pas la preuve », a expliqué à l'Afp Fodjo Abo, Directeur de cabinet du ministère délégué auprès du Premier ministre, Garde des sceaux, en charge de la Justice. Il a demandé d'attendre les résultats de l'autopsie, qui doit être réalisée par un médecin légiste parti vendredi 12 octobre 2012 pour Duékoué.
Des déplacés avaient fait état d'un bilan nettement plus lourd que les six morts annoncés en juillet, et accusé des soldats des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci) et des chasseurs traditionnels "dozos" d'avoir laissé faire l'attaque contre le camp ou d'y avoir participé. Chargé de rendre compte de sa mission au Conseil des droits de l'Homme de l'Onu, Doudou Diène a exhorté à mettre fin à « une culture d'impunité ». Il a estimé que la justice devait poursuivre « tous ceux qui ont commis des crimes » durant la dernière crise, « quelle que soit leur tendance politique ». Doudou Diène a confirmé que Simone Gbagbo, en détention à Odienné, avait été déplacée de la villa où elle réside habituellement. « L'information était venue chez les responsables de la sécurité que les gens étaient en train d'aller vers Odienné. Et que ça pourrait soit nuire à Mme Gbagbo soit provoquer d'autres situations », a expliqué le conférencier. L'épouse de l'ex-chef de l'Etat ivoirien a confié, selon M. Diène, que ce déplacement l'a « fragilisée sur le plan de la santé ». Mais, il a soutenu que Mme Gbagbo est revenue dans la villa où elle vivait. L'expert indépendant de l'Onu a insisté pour que « le droit à l'information soit un des piliers de la reconstruction démocratique ».

SYLLA A.

Source: Soir Info




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