Attaque à l’ouest après la visite de Ouattara: Voici ce que visaient les assaillants

Samedi 28 Avril 2012 - 09:21


Image d'archives
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48 heures après l’attaque sanglante du village de Sakré ( 8 morts et plusieurs blessés) dans la sous-préfecture de Taï, perpétrée par un commando d’au moins 30 gaillards lourdement armés venus du Liberia voisin, l’on en sait, aujourd’hui, un peu plus sur les visées et les objectifs stratégiques de leur plan. Les quatre assaillants arrêtés à la suite de l’attaque sont détenus depuis à la Base de sécurité de l’Ouest ( Bso) à Guiglo, placé sous le commandement de Mosès. Ils devraient être transférés dans les prochains jours à Man... De l’avis des enquêteurs, «ils sont coopératifs et très prolixes» ce qui fait avancer les investigations.
Plus qu’une attaque militaro-politique visant à neutraliser le pouvoir d’Abidjan, le commando venu du Liberia et composé essentiellement d’ex-miliciens d’ethnie Guéré et de mercenaires libériens, avait pour principal objectif « de chasser des terres des Woubi ceux qui les occupent illégalement avec la complicité de certains cadres ». Ils envisagent aussi de « prendre la ville de Taï et d’installer une base dans le parc national de Taï  ». C’est l’aveu qu’auraient fait des assaillants arrêtés, selon une source militaire. Cet état de fait explique d’ailleurs les cibles humaines visées par ces assaillants, les victimes étant toutes des allogènes et des allochtones, notamment, des Baoulé, des Lobi, des Burkinabè et des Nigérians. Ce sont, entre autres, Kambiré Oulenitte, Oleyéni Razibi Oleyeni, Ouedraogo Saïdou, Daouda Diarrassouba, Diablé Amadou Tidiane, Kouadio Kambou, Kouadio Koffi… L’incendie des maisons de Désiré Gnonkonté, maire Pdci de Taï, du chef du village de Sakré, Gnawé Jean et du président des jeunes est loin d’être fortuit. Ils sont considérés comme ceux qui favorisent l’occupation de ces terres par des « étrangers ». C’est d’ailleurs l’avis du ministre Désiré Gnonkonté, et celui d’un sous-préfet de la localité, qui pensent, qu’au-delà des visées politiciennes de ces attaques récurrentes se cache un réel problème de conflit foncier qui est en passe de déboucher sur un conflit intercommunautaire, entre les autochtones et les allogènes. Et l’implication des mercenaires libériens face à l’incapacité du gouvernement de trouver une solution définitive est un réel motif d’inquiétude pour les populations. Le premier objectif de ces assaillants est de chasser, par le fer et par le feu, « des terres qu’ils occupent illégalement, les allogènes et allochtones des forêts de Taï », ce qui explique le soutien dont ils ont bénéficié de la part de certains ressortissants du village Sakré, ont confessé les membres du commando arrêtés. « Ce n’est pas fini. Ils vont revenir », auraient-ils confié aux enquêteurs ces assaillants arrêtés. Selon des sources militaires rapportant des aveux de certains assaillants arrêtés, ceux-ci seraient arrivés vers 18 h à l’orée du village de Sakré où ils ont campé jusqu’à 2 h du matin grâce à la complicité des membres (de jeunes Woubi) de leur cellule avant de passer à l’attaque tard dans la nuit. Ils auraient également pris en otage des hommes qui les ont découverts dans la forêt pendant qu’ils attendaient la tombée de la nuit pour passer à l’attaque. Leur plan prévoyait une offensive sur la ville de Taï, après avoir annexé les villages de Sakré, Tiénioula, Pauleoula, Zéguéwla, Zriglo et Nigré dans la sous-préfecture de Djirouto ainsi que les 8 villages qui composent la ceinture du parc national de Taï, avant d’installer un base dans cette réserve classée patrimoine mondial. Une fois installés dans cette réserve, ces ex-combattants échapperont à tout contrôle, comme les Forces armées révolutionnaires de Colombie ( Farc) en Colombie. Ce parc de Taï, situé à une trentaine de kilomètres de la frontière du Libéria et qui couvre 3 500 km?, reste l’objectif primordial des assaillants. Tous les villages sont vides actuellement. Les militaires circulent à travers la ville dans des 4x4, il y a aussi beaucoup d`éléments au camp. L’Onuci effectue depuis mercredi des patrouilles sur place, aux côtés des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) et de la gendarmerie, et a renforcé sa présence sur l’axe Taï-Sakré, a souligné M. Blackman de l’Onuci. Signalons que d’importantes quantités d’armes et de munitions avaient été saisies dans diverses zones, près de la frontière ivoirienne l’année dernière. Les armes ont été trouvées dans les comtés (provinces) de Nimba, River Gee, Grand Gedeh et Maryland, frontaliers de la Côte d`Ivoire, des zones où ont trouvé refuge des ex-combattants ivoiriens.



Armand B. DEPEYLA

SOURCE: Soir Info du 27 avril 2012





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