Atmosphère tendue, insécurité généralisée: Menace sur les élections présidentielles de 2015

La prise en otage des populations à travers les arrestations arbitraires et tueries par les forces parallèles – et même officielles - pro-Ouattara trahissent d’ores et déjà une réalité : le régime entend gouverner dans la terreur et se maintenir dans la durée au pouvoir. Les derniers événements de Buyo et de Vavoua en sont une parfaite illustration. Les élections présidentielles à venir risquent d’être tumultueuses si rien n’est fait.

Vendredi 18 Octobre 2013 - 05:56


Un groupe de Dozos, une milice au service du régime d'Alassane Ouattara
Un groupe de Dozos, une milice au service du régime d'Alassane Ouattara
Quand Ouattara institutionnalise l’insécurité

Le début de cette semaine pourtant marquée par la célébration de la fête de la Tabaski – placée sous le signe de l’amour, la tolérance, le pardon et l’unité – a été particulièrement meurtrière et relance le débat sur l’échec structurel de la sécurité des Ivoiriens confiée en partie à des groupes armés informels mais centralisés qui opèrent avec l’indulgence de fait d’un exécutif complice. En effet, dans le village de Gribouo (15 Km de Buyo), la descente expéditive des dozos dans la nuit du lundi 14 octobre a fait au moins 3 morts et plusieurs blessés. A l’origine, un banal conflit foncier entre allogènes burkinabé et autochtones Bété pour lequel les premiers sollicitent l’intervention des dozos qui s’érigent selon toute vraisemblance en force officielle de maintien de l’ordre devant des gendarmes et policiers dépossédés de toute autorité et moyens d’action. Autre lieu, scène quasiment identique. A Vavoua, dans le village de Bohinou, même si les violents affrontements dans la nuit de dimanche à lundi ont directement opposé allogènes burkinabé et autochtones Gnaboua, ce sont – encore - les dozos qui ont mis le feu aux poudres en instrumentalisant à dessein les communautés burkinabé contre leurs hôtes. Résultats : plusieurs  blessés graves dans les rangs des autochtones et plusieurs habitations incendiées.

Sérieuses menaces sur les présidentielles de 2015

 Alors qu’Alassane Ouattara promettait dès son installation au pouvoir en avril 2011 de rétablir littéralement la sécurité dans les deux mois qui suivaient, soit au plus tard en juin 2011, après une déstructuration des forces armées régulières et dans un contexte de chaos généralisé où ses bandes armées continuaient les pillages, traques, arrestations et tueries systématiques des partisans de Gbagbo, il a paradoxalement institutionnalisé aujourd’hui ces derniers. Ces forces parallèles qui opèrent avec les supplétifs non intégrés aux effectifs officiels de l’Armée aux côtés des FRCI généralement issus de l’ex-rébellion qui continuent de martyriser les populations surtout celles des zones généralement considérées comme acquises à Gbagbo. Au détriment des forces de défense et de sécurité (gendarmerie et police notamment) qui jouent - en spectateurs impuissants - les casques de service. Mais plus de deux ans après son installation au palais présidentiel, Ouattara n’a toujours pas discipliné sa soldatesque crimi- nalisée, une situation dénoncée par International Crisis Group. Amnesty International accusait en février dernier le pouvoir d’entretenir ses forces non officielles. Quand on sait que ce sont ces soldats qui constituent aujourd’hui l’ossature stratégique de l’Armée nationale qui hier sous la houlette des forces nouvelles avaient semé la terreur et la violence lors des élections de 2010 surtout dans les zones centre et nord, discréditant ainsi les résultats dans ces régions, il y a des raisons judicieuses de s’inquiéter de la sécurisation des élections présidentielles qui pointent à l’horizon.

Des réformes qui s’imposent

Malgré l’accord de Ouaga signé en mars 2007 qui réclamait le désarmement 6 mois avant les élections, rien n’y fit. Les forces rebelles pro-Ouattara ont surfé sur le flanc prêté par le camp Gbagbo qui croyait la logique de recherche de solution de sortie de crise irré - versible. En tout cas, pour l’heure, les réformes réclamées par le FPI notamment le rétablissement de la sécurité, la recomposition de la Commission électorale indépen - dante et l’institution d’un cadre d’exercice favorables aux activités des partis d’opposi- tion sont rejetées par le régime d’Abidjan. Mais jusqu’à quand Ouattara va-t-il continuer de ruser avec tout le monde alors qu’il est déjà en campagne pour sa réélection au lieu de s’attaquer à ces questions cruciales pour un scrutin équitable en 2015 ?
Par Anderson Diédri

Source: Le Nouveau Courrier  N° 905 Du Jeudi 17 Octobre 2013




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