Arrestations des cadres du parti de Gbagbo : KONE BOUBAKAR « le FPI n’aura pas d’autre choix que d’appeler les Ivoiriens dans la rue »

Mercredi 6 Mai 2015 - 00:22


Trois cadres du parti fondé par Laurent Gbagbo ont été interpellés hier, après leur participation la semaine dernière à un congrès ayant désigné l’ex-chef de l’Etat ivoirien président de cette formation. Hubert Oulaye et Sébastien Dano Djédjé, des proches de l’ancien chef de l’Etat injustement détenu par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, ont, en effet été enlevés hier matin à leur domicile à Abidjan.  Quant à Justin Koua, un responsable de la jeunesse du Front populaire ivoirien (FPI), il a été arrêté à Bondoukou, où il est en fonction. Selon certaines informations, il a même été brutalisé par ses ravisseurs. Contrairement à Dano Djédjé et Justin Koua qui ont finalement été conduits à la préfecture de police d’Abidjan, Hubert Oulaye est quant à lui gardé dans un lieu tenu secret. Ils ont été arrêtés, selon une source sécuritaire, pour répondre des faits de "trouble à l’ordre public" et "défiance à l’autorité de l’Etat". C’est donc pour dénoncer ces privations des droits humains que le Secrétaire Général, porte parole du Parti Koné Boubakar a animé hier, une conférence de presse. Devant les journalistes, il a décrit les conditions barbares du kidnapping de ses camarades. « Les éléments du CCDO ont fait irruption dans les domiciles privés des ministres Oulaye Hubert et Dano Djedjé en fracassant les portes. La petite fille du Pr Hubert Oulaye , âgée de 16 ans, en classe de seconde, mais qui gardait le lit ce jour pour cause d’accès palustre, a été violemment tirée de son lit par les hommes du Commissaire Kouyaté, qui l’ont menottée, sauvagement battue et  trainée dehors. Ce sont ses cris de douleur qui ont réveillé son grand père, le ministre Oulaye… En ce qui concerne le Ministre Dano, c’est à partir de 1h du matin que son domicile a été assiégé.
Si celui-ci  est détenu à la Préfecture de Police d’Abidjan Plateau, les lieux de séquestration des deux  autres camarades restent actuellement inconnus », a indiqué le porteparole du FPI. Pour lui, cela ne fait aucun doute que ces arrestations sont dues au fait que ces trois hommes font partie des principaux organisateurs du congrès qui a désigné jeudi Laurent Gbagbo comme président du FPI, le parti qu’il a fondé. « Force est de constater que les personnalités qui ont été enlevées ce jour (Ndlr lundi) sont des cadres qui ont joué un rôle important dans l’organisation et la réussite totale  du 3ème Congrès Extraordinaire du FPI tenu à Mama le jeudi 30 avril dernier », a-t-il souligné. Ces enlèvements dignes, selon lui, « de la gestapo hitlérienne, font suite à l’échec du pouvoir dans ses tentatives d’empêcher la tenue du 3ème Congrès  Extraordinaire de Mama ». Analysant cette actualité mais aussi toutes les tensions politiques de ces derniers mois, le port-parole du FPI a conclu qu’Alassane Ouattara a un problème réel avec le peuple de Côte d’Ivoire et « ne cherche (que) des prétextes pour se maintenir au pouvoir sans élections» Sa sollicitude acharnée pour le compte de l’ex-président a été également commentée par Koné Aboubacar qui curieux qu’un candidat à la présidentielle « déploie autant d’énergies et de moyens pour soutenir un adversaire en difficulté », en l’occurrence Affi Nguessan. En tout état de cause, ajouteil, le FPI fait observer qu’aucune loi de la République n’interdit pas aux militants d’un parti politique de se réunir et assure que toutes les tracasseries et les persécutions dont le parti est victime depuis plusieurs mois maintenant constituent de graves violations des libertés individuelles et collectives. Koné Boubacar met surtout en garde contre les enlèvements opérés contr ses camarades du parti et affirme que celle d’hier est la provocation de trop. Le conférencier du jour élève également la voix et fait savoir que « son parti ne compte plus laisser le pouvoir Ouattara continuer à violer la constitution, à piétiner les droits et libertés démocratiques acquis de haute lutte par les démocrates de Côte d’Ivoire depuis 1990 ». Et exige la libération immédiate et sans condition des camarades Hubert OULAYE, DANO Djédjé et Justin KOUA. Faute de quoi, le FPI n’aura d’autre choix que « de demander aux Ivoiriens de prendre la rue avant l’heure ». Notons qu’en prélude au 3ème congrès extraordinaire de Mama,  les 24 et 25 avril 2015, des Assemblées fédérales électives se sont tenues dans 98 Fédérations sur les 108 que compte le parti. Pour l’élection à la Présidence du Parti, le candidat Laurent Gbagbo a été élu 99,64% des suffrages tandis que la liste ‘'Victoire et Liberté pour Gbagbo'', conduite par le Professeur Hubert Oulaye a obtenu 15.510 voix, soit 98,53% des suffrages. Il rempile ainsi à la tête du comité de contrôle. Ces résultats ont été confirmés à Mama, le 30 avril dernier avec l’investiture de Gbagbo comme président du FPI.




PAr Georgette AFI


Source: Aujourd’hui / N°882
 




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