Arrestation et extradition: Le rôle de la CPI dans l'arrestation de Blé Goudé. La note qui a tout déclenché.

On n'en a certainement pas fini avec les révélations et autres secrets sur l'arrestation au Ghana, suivie de la rapide extradition en Côte d'Ivoire, de Charles Blé Goudé, l'ancien ministre de la Jeunesse et de la Promotion de l'emploi sous Laurent Gbagbo.

Mardi 5 Mars 2013 - 05:59


Arrestation et extradition: Le rôle de la CPI dans l'arrestation de Blé Goudé. La note qui a tout déclenché.

Cette (révélation) dont nous détenons l'exclusivité, émane d'un fidèle lieutenant de Blé Goudé, qui était en exil avec lui au Ghana, et qui assure avoir eu des rapports très francs avec les autorités ghanéennes, de qui d'ailleurs il détiendrait ces confidences. Même s'il ne réfute pas la thèse du deal qui avait été évoquée s'agissant de cette affaire, ce proche de Blé Goudé croit en savoir davantage.

En effet, dans un document intitulé « Le deal entre Ouattara, Dramani et Bensouda pour l'extradition de Blé Goudé », qu'il nous a fait parvenir depuis son lieu d'exil, il révèle que la Cour pénale internationale (CPI) a été le déclencheur de l'arrestation et la livraison du leader des jeunes patriotes aux autorités ivoiriennes. « Le deal s'est fait d’État à État, avec le jeu trouble de la CPI entre le Ghana et la Côte d'Ivoire », a-t-il écrit.

Et d'expliquer : « Le 22 décembre 2012, la CPI écrit une note aux États de Côte d'Ivoire et du Ghana, concernant des scellés sur les mandats d'arrêts lancés contre des personnalités ivoiriennes, soupçonnées d'avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Parmi les noms qui figuraient sur cette note, et pour lesquels cette justice internationale entendait lever les scellés, il y avait, d'une part, ceux de madame Simone Gbagbo, Charles Blé Goudé, Dogbo Blé Bruno, et de l' autre côté, nous avons Soro Guillaume, Fofié Kouakou, Chérif Ousmane, Losseni Fofana et enfin Ousmane Coulibaly dit Ben Laden ».


A la vérité, poursuit-il, cette note de la CPI existait sous l'administration Mills, qui semble-t-il, faisait opposition à son application, avec le Procureur Luis Moreno-Ocampo. Elle a tout simplement été réactivée par son successeur Fatou Bensouda, le 22 décembre dernier, soit un mois (le 22 novembre 2012) après que les autorités ivoiriennes eurent été saisies de cette même note précisant la levée des scellés sur le mandat d'arrêt émis contre Simone Gbagbo.



Forte pression et deal



« Les autorités ghanéennes, après avoir reçu le texte de la CPI, observent que Charles Blé Goudé est le seul de la liste qui se trouve sur le sol ghanéen. Toutes les autres personnes sont, soit en Côte d'Ivoire en liberté, soit en prison sur le territoire ivoirien. Le Ghana sait par ailleurs qu'il pèse sur Blé Goudé, une sanction onusienne. Le régime de John Dramani peut supporter la non-application des mandats d'arrêt de la Côte d'Ivoire, mais exclut de se mettre à dos la CPI et l'ONU, en refusant l'application de leur mandat. Donc pour cela, le Ghana s'est dit prêt à livrer Charles Blé Goudé à la CPI, comme cela est stipulé dans la note », peut-on lire dans le même document. Lequel précise que c'est en ce moment-là qu'intervient le deal entre la Côte d'Ivoire et le Ghana, face à la pression exercée par le Procureur Fatou Bensouda.



Pour lui, le régime Ouattara étant informé de la saine coopération entre le Ghana et la CPI sur le cas de Charles Blé Goudé, un rendez-vous est vite pris avec le président Dramani. Il est fixé, la veille de la prestation de serment du tout nouveau chef de l'Etat ghanéen, à sa résidence privée dans la capitale ghanéenne.



Outre les deux présidents, les ministres de la Justice et de l'Intérieur du Ghana ainsi que le procureur général d'Accra, sont présents. Côté ivoirien, il y avait aussi les ministres de la Sécurité et de la Justice, respectivement Hamed Bakayoko et Gnénéma Coulibaly. Il s'agissait pour les autorités ivoiriennes d'obtenir l'arrestation et l'extradition de Blé Goudé, non pas pour le conduire à la CPI, mais pour le livrer à la justice ivoirienne. Le président Ouattara, poursuit notre informateur, voudrait de cette façon protéger des membres de son camp d'un éventuel transfèrement à la CPI, en démontrant que la justice de son pays est désormais capable de juger les personnes soupçonnées de crimes durant la crise post-électorale.



Le sort de Blé Goudé aurait donc été scellé au sortir de cette rencontre entre autorités ghanéennes et ivoiriennes, avec une facilitation de la CPI qui a engagé le processus. Ce qui expliquerait, selon ce document, l'arrestation, l'extradition et l'inculpation rapide du leader des jeunes patriotes par la justice de Côte d'Ivoire, étouffant ainsi d'éventuelles procédures à son encontre à la CPI.



Hamadou ZIAO
 
Source: L'Inter du 5 mars 2013

 





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