Armand Obou, depuis son exil «Seule une transition peut sauver la Côte d’Ivoire»

Vendredi 20 Septembre 2013 - 07:34


Armand Obou, depuis son exil «Seule une transition peut sauver la Côte d’Ivoire»
Or donc,  Affi N’Guessan, Sangaré Aboudrahamane, Koné Katinan, Ake N’Gbo, Alcide Djédjé, Désiré Dallo, Lida Kouassi, Michel Gbagbo, Philippe Henri Dacoury… et autres personnalités de l’ex-Majorité présidentielle n’étaient coupables de rien… Et pourtant, elles ont fait la prison pour rien… internés pour la plus part,  pendant 2 longues années,  dans les goulags du nord du pays où  elles subissaient nuit et jour,  les tortures les plus cruelles… Le syndicaliste Mahan Gahé, l’un de ces  illustres prisonniers vient d’en succomber après Désiré Tagro, Bohoun Bouabré, Diagou Gomont… C’est la goutte d’eau de trop. Leurs familles sont  disloquées, sinon brisées. Et les autres qui vivent la rudesse de l’exil forcés, pourchassés par des mandats d’arrêt complaisants. Des mandats d’arrêts qui ont d’ailleurs montrés leur limite à Accra,  lors du procès intenté  par le gouvernement ivoirien contre Koné Katinan pour tenter d’obtenir sans succès, son  extradition. Or donc, ces illustres personnalités proches du Président Gbagbo n’étaient coupables de rien du tout. Elles sont remises en liberté, après avoir été privées de leur liberté sans raison juridique. Elles sont remises en liberté sans excuse, ni de l’exécutif, ni de la Justice qui visiblement,  a fait erreur. Elles sont remises en liberté sans dédommagement,  sans réhabilitation apparente. Pire,  leurs avoirs demeurent encore gelés… Dans quel pays sommes-nous donc ? Où sont passées les Organisations  de défense des droits de l’Homme si promptes à dénoncer les abus des droits humains dans ce pays ? Dans un pays qui se veut émergent à l’horizon 2020,  lorsque la Justice fait erreur, elle devrait s’excuser.  Et l’Etat devrait dédommager la victime de l’erreur judiciaire. Au pays du Président Ouattara, qui s’empresse souvent de proclamer qu’il aurait vécu aux Etats Unis depuis l’âge de 18 ans, les erreurs judiciaires sont passées en pertes et profits… Visiblement,  cet homme n’a pas appris grand’chose de ce pays des droits de l’Homme  qui l’aurait accueilli dès l’âge de 18 ans. Aujourd’hui, Ouattara demande à  ces personnalités politiques de l’opposition significative d’accepter de se réconcilier avec lui sans que lui, ne fasse amende honorable. Un leurre ! Et pourtant, la situation économique de notre pays n’est pas du tout reluisante. Les 6.000 milliards d’accords de prêts des bailleurs de fonds que notre économiste de Président prétendait faire pleuvoir sur notre pays ne viendront jamais sans la réconciliation nationale,  préalable à tout. Les bailleurs de fonds ne bougeront point pour un pays doté d’une Assemblée nationale monocolore, digne   du temps du parti unique. Telles en sont les conditionnalités. Les investisseurs privés n’investiront jamais durablement dans un pays à hauts risques,  avec une tension politique permanente qui laisse présager des affrontements imminents. Avec un parti au pouvoir laminé  par des querelles internes et des jeux d’intérêts incontrôlés. Un pays contrôlé par des bandes armées savamment entretenues par des anciens chefs de guerre. Un Président en tourisme dans son propre pays,  car vivant à  l’extérieur. Une coalition au pouvoir désormais divisée avec en ligne de mire,  les élections de 2015 auxquelles chaque démembrement du Rhdp se prépare au risque  et péril de l’alliance politique des Houphouëtistes… Et pendant ce temps, les fonctionnaires sont gagnés par la lassitude, le désespoir et la peur du lendemain. Avec en sus,  des salaires difficilement assurés en fin de mois, source de corruption galopante dans l’administration publique.

Quelle solution pour notre pauvre Côte d’Ivoire ainsi prise en otage par son passé récent et par ses acteurs politiques ?

Une analyse minutieuse de la situation sociopolitique intérieure et des indicateurs économiques dans notre pays, mise en rapport avec l’actualité politique et économique dans le monde prenant en compte le poids intrinsèque actuel et réel des soutiens diplomatiques à l’étranger des acteurs politiques  ivoiriens, recommande clairement la prise d’au moins sept (7) mesures politiques urgentes énumérées ci-dessous qui sont à l’heure actuelle, les seules voies de recours pour tenter de préserver la Côte d’Ivoire d’un avenir immédiat davantage assombrie.  La levée immédiate de tous les mandats de poursuite et la levée de toutes les décisions unilatérales de gèle des avoirs des personnalités de l’ex-Majorité présidentielle.  La libération de tous les prisonniers politiques et militaires incarcérés en Côte d’Ivoire ou ailleurs, du fait de la crise postélectorale de 2011,  pour laquelle les tords sont clairement partagés entre les acteurs politiques et militaires de tout bord. Il n’est donc pas juste que certains croupissent dans les geôles des prisons, pendant que d’autres jouissent de leur liberté au nom d’une quelconque victoire factice.  La constitution d’un gouvernement de cohabitation pacifique pour la réconciliation nationale. Ce gouvernement à mission transitoire,  gérera le pays jusqu’aux prochaines élections générales de 2015 conformément aux recommandations du Conseil de paix de l’Union africaine lors de sa réunion d’Addis-Abeba en 2011 suite au rapport du Groupe des experts de l’Union africaine sur la crise post électorale en Côte d’Ivoire. Pour s’adapter au contexte actuel, ce gouvernement de cohabitation pacifique devra être le symbole du partage du pouvoir entre l’ex-Majorité présidentielle (Lmp) en guise de réparation des erreurs judiciaires dont ses dirigeants ont été l’objet et le Rhdp qui devra tenir compte de la déchirure actuelle du Pdci avec l’existence de fait, d’une tendance Konan Bédié et d’une autre Mady/Banny. Le Président Ouattara devra courageusement se rendre à l’évidence que la coalition qui l’avait portée au pouvoir est défaite de fait.  Et l’ex-Majorité présidentielle est, à contrario,  désormais légitimée de fait par la libération sans jugement,  de ses cadres dirigeants qui sont ainsi absous de tout crime dont ils étaient soupçonnés. En conséquence, son leader actuel Pascal Affi N’guessan devrait donc être désigné  Premier Ministre du gouvernement de cohabitation pacifique, exactement comme Guillaume Soro, leader de la rébellion  l’a été en 2007 au titre du partage du pouvoir, lorsque la rébellion avait de fait,  confisqué  le pouvoir territorial dans le nord du pays. Et bien évidemment,  la composition du gouvernement devra être équitable entre les deux parties ou tout au moins,  entre les 4 parties : Lmp, Pdci tendance Bédié, Pdci tendance Banny/Mady et Rdr. Les postes de souveraineté incluant la Défense nationale, la Justice, les Affaires étrangères, l’Economie et les Finances, l’Intérieur et la Sécurité devront être repartis dans des proportions satisfaisantes pour toutes les parties.  La mise en place immédiate de la Chambre haute qu’est le Sénat dont la composition reflétera les proportions similaires au gouverne - ment. 25% au Rdr, 25% à Lmp, 25 % au Pdci tendance Bédié et 25% au Pdci tendance Banny/Mady. Toute chose qui permet de ne pas envisager  la dissolu - tion de l’Assemblée nationale monocolore qui s’apparente clairement au parti unique.  L’abrogation des lois sur l’apatridie, la nationalité, le foncier et de celle portant définition de la nouvelle carte électorale. Puis la soumission des dites lois en procédure d’urgence, à l’approbation du nouveau Sénat. Afin de garantir l’applicabilité des dites lois sur le terrain.  La dissolution de la Commission électorale indépendante et la mise en place d’une nouvelle Commission électorale dirigée par un Présidium de 7 personnalités issues de la société civile et dont la composition sera dans les mêmes proportions que le gouvernement de cohabitation pacifique. L’application effective des résultats de l’appel à  candidature organisé  par le gouvernement ivoirien et conduit par un cabinet indépendant pour la désignation des dirigeants des médias d’Etat que sont la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (Rti) et Fraternité Matin. Et ce, pour une gestion équitable, professionnelle et non partisane de l’information au service de la cohabitation pacifique et la réconciliation nationale dans notre pays. Tout autre recours, dans la situation actuelle d’équilibre des forces,  mènera ses initiateurs à la perdition assurée.  Entendra qui voudra!

Armand Gérard Obou Ingénieur expert en économie numérique Libre citoyen
NB : La tiraille est de la rédaction
Le Nouveau Courrier N° 882 Du Jeudi 19 Septembre 2013




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