Après son opération de la sciatique: Ouattara a un nouveau problème

Loin de la querelle inutile liée à sa nationalité, un autre critère constitue au- jourd’hui un vrai frein à la candidature d’Alassane Ouattara à l’élection présidentielle de 2015.

Samedi 8 Mars 2014 - 04:00


Pendant que les partisans d’Alassane Dramane Ouattara parcourent  monts et vallées pour tenter d’imposer sa candidature unique, ils doivent bien se poser une question fondamentale. Leur champion sera-t-il apte à solliciter les suffrages des Ivoiriens au moment venu ? La question pourrait paraître saugrenue aux yeux de ceux que l’on pourrait appeler les « négateurs patentés des évidences », selon l’expression du président du Pdci, Henri Konan Bédié. Et pourtant, elle est d’importance à la lumière des derniers développements de l’actualité nationale.  La Constitution de la République de Côte d’Ivoire stipule en son article 35 que : « Le candidat à la Présidence de la République doit présenter un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins désignés par le Conseil constitutionnel sur une liste proposée par l’Ordre des médecins. Ces trois médecins doivent prêter serment devant le Conseil constitutionnel ». Contrairement à ce que certains pourraient penser, ce n’est donc pas uniquement la question récurrente de la nationalité qui pourrait être opposable à M. Ouattara. Mais également celle liée à son état de santé physique. Et ça, c’est un vrai souci pour les communicants d’Alassane Ouattara qui anticipent déjà en claironnant partout que le chef de l’Etat se porte comme un charme. Une façon à eux d’insinuer qu’il remplit tous les critères exigés par la constitution. La réalité qu’il a été donné aux Ivoiriens de voir, dimanche dernier, lors du retour de France de M. Ouattara incline pourtant à beaucoup de réserve. Le chef de l’Etat ne se porte pas aussi bien que l’affirment ses proches. La bonne preuve par l’image est la canne dite « émergente » dont il s’aide désormais pour se déplacer et le fait qu’il était pratiquement agrippé à son épouse, Dominique Ouattara, à sa descente d’avion. En plus, depuis son retour, il tient exclusivement ses audiences à son domicile d’Abidjan-Riviéra Golf. Y compris la réception de son « frère » Blaise Compaoré.  La question de l’éligibilité d’Alassane Dramane Ouat- tara ne serait pas posée maintenant si le concerné lui-même ne s’était pas déclaré candidat à sa propre succession depuis plus d’un an. Depuis lors, des groupes de ses proches peinent à l’imposer comme candidat unique au sein de la coalition Rhdp qui l’a soutenu au second tour de la présidentielle de 2010. Puisque le Pdci-Rda demeure indécis. Avec la récente opération chirurgicale liée à une  sciatique que leur champion a subie, les partisans d’Alassane Dramane Ouattara ont un souci supplémentaire. Le Conseil constitutionnel dirigé actuellement par un partisan de M. Ouattara, en l’occurrence le professeur Francis Wodié, pourra-t-il être suffisamment impartial pour écarter tout candidat malade de la course à la présidentielle 2015 ? Les trois médecins que choisira le Conseil constitutionnel seront-ils en mesure d’établir un diagnostic crédible et in- dépendant ? Les questions restent posées.  


Didier Depry didierdepri@yahoo.fr

Source: Notre Voie  N°4660 du vendredi 7 mars 2014





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