Après son discours mémorable à la CPI, les Ivoiriens :« Blé Goudé, merci… ! »

Mardi 7 Octobre 2014 - 05:47



Contexte: Au lendemain du dis- cours mémorable de Charles Blé Goudé à la CPI, le ravissement continue de se ressen- tir au sein des populations ivoiriennes à qui l’ancien leader de la galaxie patriotique a comme rendu leur honneur et leur fierté.
Enjeu: Pour leur part, les organisations de droit de l’homme pointent du doigt la partialité de la CPI qui, disent-elles, agace les Ivoiriens. Un seul discours de Blé pour mettre la pression sur le régime ivoirien et sur la CPI, qui l’aurait cru ?

La presse internationale est restée discrète de- puis le discours mémorable de Charles Blé Goudé qui comparaissait devant la CPI, dans le cadre de l’audience de confirmation des charges. L’agence France presse a tenté, dès les premiers jours, de minimiser l’impact du grand oral de l’ancien ministre de Gbagbo en écrivant qu’il s’était tenu devant une centaine de partisans au Baron de Yopougon, à l’invitation de la direction du Cojep. Quant à Jeune Afrique qui a fait un compte-rendu, dans sa version électronique du dernier jour de l’audience, il reste sans commentaire particulier, se contentant de rappeler certaines parties de la déclaration de l’ancien ministre, personnage pour lequel la presse hexagonale en particulier avait brossé toutes sortes de portraits peu valorisants. C’est dire à quel point les détracteurs habituels de l’ancien ministre ont été tétanisés par son discours. A titre d’exemple, le porte-parole du RDR Joël N’guessan s’est contenté de dénoncer l’irresponsabilité du concerné, mais sans réussir à pointer une seule preuve contre Blé Goudé. Les journaux proches du RDR et du PDCI gardaient même parfois le profile bas, choisissant de ne pas exploiter l’information en une de leur publication, à part Le Patriote et Nord-Sud, les gardiens du temple de la ouattarandie, qui qualifiaient le lendemain le dis- cours de Blé Goudé de mensonger. A l’inverse, une grande partie des Ivoiriens montraient leur soulagement et leur fierté au terme du discours de l’ancien ministre. Ce discours a finalement jeté l’émoi dans le camp des ONG, nullement satisfaites par la tournure des événements à la cour pénale internationale qui ne poursuit que les pro-Gbagbo et qui devrait entendre Simone Gbagbo, si le gouvernement ivoirien son complice, acceptait de l’y extrader. Un mandat d’arrêt international en instance d’exécution pèse en effet sur l’épouse de Laurent Gbagbo. Les Ivoiriens qui avaient d’abord boudé les trois premières jour- nées de l’audience, ont été par la suite nombreux à suivre le discours de Charles Blé et en sont très satisfaits. Cela dit, peu de personnes restent persuadées que l’absence de preuves manifeste contre l’ancien ministre constitue un gage pour sa libéra- tion au terme des soixante jours de délibération des juges. L’audience de confirmation des charges de Laurent Gbagbo avait été en effet ajournée pour insuffisance de preuves contre l’an- cien Président tandis que la CPI le maintenait en prison et refusait de lui accorder la moindre libération provisoire. L’histoire pourrait donc se répéter, d’autant plus que pour des millions d’Ivoiriens, la CPI est pilotée par la commu- nauté internationale qui met tout en œuvre pour qu’Alassane Ouat- tara ne soit pas gêné par ses adversaires politiques. L’ancien leader de la galaxie patriotique a également réussi à mettre à nu l’autre complot de la CPI qui a présenté à l’audience Epiphane Bi Ballo, l’ancien magistrat de Dimbokro qui avait délivré un certificat de nationalité à Alassane Ouattara dans des circonstances litigieuses, comme un expert indépendant. Ce que Blé Goudé a vigoureusement dénoncé. « Les criminels ne sont pas ici mais à Abidjan », a d’ail- leurs clairement indiqué l’ancien ministre qui a fait plaisir à des millions d’Ivoiriens en demandant à la procureure de lui montrer une seule vidéo ou un seul son dans lesquels il harangue ses partisans à aller tuer des proches de Ouattara. L’unanimité des Ivoiriens qui sont proches ou partisans de l’ancien président face au discours de l’ancien ministre de la jeunesse de Gbagbo s’explique aussi par le fait qu’ils attendent un discours d’une telle tonalité. Alors que le président du FPI affirme qu’il faut collaborer avec le pouvoir en place, au besoin l’accompagner, la base du parti estime qu’il faut que les responsabilités de cette crise soient situées. Qui a gagné ces élections et qui est le respon- sable de cette déflagration immonde.


SévérInE Blé

Source: Aujourd’hui / N°740 du 06 octobre 2014




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