Après sa victoire aux législatives :Gnamien Konan (upci) crache ses vérités à Ouattara « Si c'était à refaire, nous le referions » « Je ne me vois pas dans un gouvernement si ce n'est pas au poste de Premier ministre

CIVOX.NET
Samedi 24 Décembre 2016 - 07:07


 
Gnamien Konan a cassé la baraque dans son entretien sur Afrika Tv.
 

Gnamien Konan, le président de l'Union pour la Côte d'Ivoire (Upci), sorti brusquement du gouvernement par le chef de l'État, Alassane Ouattara, à quelques jours des élections législatives, a-t-il décidé de s'affranchir ?

On pourrait le penser, à l'écouter dans un entretien qu'il a accordé à la télévision en ligne Afrka Tv. Cette interview, qui circule sur la toile depuis mardi 20 décembre 2016, et qui est même publiée sur la page Facebook, est révélatrice de l'état d'esprit de l'ex-ministre de l'Habitat et du logement social, après son éviction du gouvernement, pour avoir décidé de faire cavalier seul à l'occasion du scrutin du 18 décembre, qu'il a d'ailleurs remporté à Botro. « C'est une décision que nous avons pleinement assumée. Et si c'était à refaire, et bien nous le referions », a asséné Gnamien Konan, expliquant qu'il ne pouvait pas empêcher ses militants, ses cadres, de se mesurer à d'autres sur le terrain.

Durant plus de 26 minutes de bande, Gnamien Konan a donné les raisons pour lesquelles il a choisi cette voie. Mais à la question de savoir s'il réintégrera le gouvernement si on le lui proposait, il a répondu : « C'est difficile de dire non. La question, à chaque fois qu'elle m'a été posée, il n'y avait pas de place pour dire non ou oui. Mais cette fois-ci, je prendrai le temps pour réfléchir. Pour faire quoi exactement ? Il faut que cette fois-ci, si je devais retourner au gouvernement, que j'ai la conviction d'aller faire des choses pour lesquelles j'ai des compétences, et qui m'intéresse de faire pour la Côte d'Ivoire. D'ailleurs, je ne me vois pas dans un gouvernement si ce n'est pas au poste de Premier ministre. Je ne vois pas ce que je vais aller faire dans le gouvernement. Cela fait un moment que j'ai l'impression de ne pas avoir l'occasion d'aller au bout de mes idées ». Et le président de l'Upci d'appeler à plus de démocratie en Côte d'Ivoire. « J'espère que la Côte d'Ivoire va faire un pas supplémentaire vers la démocratie. On aura une Assemblée nationale qui nous permettra de revendiquer le statut de pays réellement démocratique. Je ne souhaite pas qu'il y ait une Assemblée nationale monocolore qui soit là pour voter des lois de façon mécanique, mais qui vote les lois quand elles sont bonnes ; c'est-à-dire quand elles vont dans le sens des intérêts des Ivoiriens. Prendre des initiatives de propositions de lois. C'est cette Assemblée nationale que nous souhaitons et pensons que l'Upci sera bien représentée dans ce parlement », a-t-il soutenu.

Il a annoncé qu'il briguera le poste de président de la République en 2020. « En 2020, si nous sommes là, en bonne santé, on ne l'a pas fait en 2015 pour des raisons que vous savez, il n'y a pas de raison que nous ne soyons pas là pour défendre les valeurs auxquelles nous croyons », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il ne veut compter que sur les Ivoiriens pour réussir son pari. Parlant de carnet d'adresses, il a martelé qu'il n'est « pas dans ces fantasmes ». « En Afrique, quand quelqu'un veut être président, il pense qu'il a besoin d'avoir des soutiens, des amis à l'extérieur du pays. Ce ne sont pas ceux-là qui votent. À l'Upci, nous avons une autre vision. Nous ne comptons pas sur l'extérieur. Nous comptons sur les Ivoiriens, et en 2020, je pense que les Ivoiriens seront suffisamment mûrs pour ne pas se faire dicter leur volonté de l'extérieur », a-t-il fulminé, soulignant qu'il « faut que nous sortions du tribalisme. Il faut dans toutes les régions, qu'il y ait plusieurs candidats, il faut ça. Il faut ça absolument. Faisons cette chose simple : la démocratie ». « C'est ce qui nous fait un peu mal dans cette mésaventure qui vient de nous arriver parce qu'on veut être candidat. La démocratie, c'est la chose la plus simple, ça ne coûte rien. Et ça peut rapporter gros. Tous ces incompétents qui sont à des postes qu'ils ne méritent pas, c'est parce qu'il n'y a pas de démocratie. Et ceux-là, ils souhaitent que le système se pérennise parce que c'est grâce à ça qu'ils sont là où ils sont. Moi-même, s'il y a démocratie, peut-être que je ne serais jamais ministre parce qu'il y a des dizaines voire des centaines d'Ivoiriens plus compétents que moi », a pesté le député fraîchement élu de Botro. Il a lancé ce message : « Laissez Soro Guillaume être candidat en 2020 contre Gnamien Konan, contre Ahoussou Jeannot, contre Amadou Gon, contre Allah Kouadio Rémi. On est nombreux à avoir l'expérience nécessaire pour diriger ce pays. Ce pays n'a besoin de rien ni de personne pour avoir la paix. Quand on aime son pays, on ne peut pas être revanchard. J'assume. Depuis que je me suis engagé en politique, je sais qu'il y a des hauts et des bas. Quand la politique vous appelle, il faut y aller. Moi j'ai senti cet appel », a-t-il affirmé, révélant qu'il n'y a jamais eu de discussions entre son parti et le Rhdp sur le choix ou la redistribution des postes aux législatives.

 

Hervé KPODION





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