Après les attaques de Bloléquin: Le chef du commando parle !

Moins de 24 heures après les attaques de deux localités dans le département de Bloléquin, à l’ouest de la Côte d’Ivoire, le commando se dévoile enfin. Dans une trace numérique parvenue au Nouveau Courrier, signé d’un certain Général Guéï Flavien, un groupe revendique les dernières attaques et en donne les causes. "Ce groupe dénommé le Mouvement ivoirien des Wê pour le retour à l’ouest (MIWRO) dit agir pour recouvrer les terres spoliées par les ressortissants burkinabé en complicité avec les Frci.

Dimanche 17 Mars 2013 - 10:16


Image d'archives, exclusivement illustrative
Image d'archives, exclusivement illustrative
Dans une déclaration signée d’un certain Général Guéï Flavien qui se présente comme le commandant en chef du MIWRO, ce groupe donne les raisons de ce raid nocturne dans la nuit du mardi 12 au mercredi 13 mars 2013 à Bloléquin. Le commandant de ce commando précise dans sa déclaration qu’il ne s’agit nullement d’une action assimilée à une rébellion encore moins d’une tentative de coup d’Etat ou de déstabilisation du régime. Il lie cette attaque au crucial problème de terres dans la région de l’ouest où les autochtones Wê sont expro - priés de leurs biens au profit d’allogènes burkinabé qui y règnent en maîtres. «Notre action n’est pas une tentative de coup d’Etat, encore moins une rébellion. Notre seul objectif est de récupérer nos terres et nos maisons et de vivre dans la paix et la tranquillité avec nos familles et nos parents. Nous n’arrêterons notre action que lorsque ces criminels auront quitté notre sol, nous sommes déterminés à finir la mission que nous nous sommes assignée sans état d’âme», fait savoir le chef du Commando dans sa déclaration. Depuis la crise post-électorale qui a vu les massacres des populations Wê,  massacres qualifiés de génocide par des organismes et Ong nationaux et internationaux, explique le MIWRO dans son communiqué, la population Wê n'a plus eu de quiétude jusqu'à mainte - nant. «Nous en voulons pour preuves les nombreux assassinats qui se déroulent presque quotidiennement dans cette région. Et principalement le massacre des Wê du camp de refugiés de Nahibly.  Ces différentes atrocités ont causé l'exil massif des Wê dans des pays limitrophes, notamment au Liberia, en Guinée et au Ghana, et aussi vers le sud et l’est de la Côte d'Ivoire. Notre seul tort, avoir massivement voté pour le président Laurent Gbagbo», explique le chef du MIWRO. Au dire de ce commando, après la crise post-électorale, les Wê espéraient seulement regagner leurs terres, tenter d’oublier et vivre tranquillement en participant au retour de la quiétude dans leur région, avec les autres frères ivoiriens et les étrangers qu’ils ont accueilli à bras ouverts. Malheureusement ce ne fut pas le cas. Puisque, «nous avons été pourchassés de nos maisons, de nos terres, nos biens arrachés, nos plantations de café-cacao confisquées, nos femmes et nos filles violées et éventrées, nos enfants égorgés par les Frci, les dozos et des ressor - tissants burkinabé et maliens qui sont devenus par la force des armes, maîtres de notre région et de nos propriétés», fait savoir le «Général» Guéï Flavien. «Malgré les interpellations des Ong locales et internationales, malgré plusieurs rapports empreints de preuves irréfutables, la justice tant nationale qu’internationale bat de l’aile, les atrocités continuent et nos terres sont occupées de la manière la plus odieuse qui soit. Notre région est repeuplée par des étrangers burkinabés qui y sont quotidiennement déversés en masse au vu et au su de tout le monde, et la chaîne de télévision internationale Française France 24 en a fait un reportage assez éloquent et révélateur. Pendant ce temps, nous continuons de mourir assassinés par les Frci et burkinabé, ou encore tués par la faim. Nous avons frappés à toutes les portes, mais elles sont jusque-là restées closes, nous crions, mais notre voix est étouffée par les cris de joie de ceux qui se partagent les dépouilles de nos parents, par ceux qui festoient avec les fruits de nos durs labeurs. Nous sommes donc désemparés, nous sommes dans le désarroi. Alors nous avons décidé de retourner sur nos terres, de reprendre ce qui nous est dû, de récupérer les fruits de nos durs labeurs, de reconquérir notre droit de vivre en paix et en sécurité. Nous avons donc créée le Mouvement Ivoirien des Wê pour le Retour à l’Ouest (MIWRO) et nous avons lancé une offensive sur les positions des Frci, de leurs supplétifs dozos et des miliciens armés burkinabés et maliens qui occupent illégalement nos terres et pillent nos richesses», s’est justifié le chef du Commando, le «Général» Guéï Flavien. La seule alternative, selon le MIWRO, pour mettre fin à cette escalade de violence, c’est la restitution des terres aux autochtones Wê qui ont été pour la plupart spoliés de leurs biens par les milices burkinabé en complicité avec les Frci.

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Affrontements à Bloléquin Des réprésailles contre les autochtones


La violence a repris à l’ouest, notamment à Bloléquin, où une première attaque, dans la nuit du mercredi s’est soldée par mort d’hommes. Hier encore, malgré une mission de bons offices dans les localités en proie à la vio- lence, les allogènes ont organisé leur révolte.
Traque des autochtones, pillages et incen - die de leur domicile et autres biens… C’est le constat fait par une délégation des autorités locales, selon des sources sur place, qui s’est rendue hier dans le canton Gboo, théâtre des affrontements la veille. Les allogènes burkinabè, de Zilébly, Oulaïtahibly et Diboké qui ont enregistré des morts dans leurs rangs suite à l’attaque d’agresseurs venus du fleuve Cavally ont décidé de mener des représailles à l’endroit des autochtones. Ils les accusent de conspirer avec leurs ennemis. Le bilan provisoire fait état de nombreuses maisons incendiées et pillées, y compris la résidence du chef de village de Zilébly. Un mort, Kapé Arsène dit «Tapé Do» a été enregistré à Diboké où cinq jeunes sont portés disparus depuis mercredi. Dans la journée d’hier, les allogènes qui ont battu en retraite en ville, notamment à Bloléquin, retournaient dans les différentes localités dans un convoi de transport en commun. «Nous les voyons en ce moment en train de retourner en masse avec des bidons d’essence. Ils disent retourner pour organiser des représailles contre ceux qui sont restés sur place», indiquent des témoins qui révèlent par ailleurs que le village de Zilébly où il y a eu les affrontements mercredi dernier est en ce moment aux mains des autochtones qui y organisent une battue. Dans la matinée d’hier, les autorités préfectorales et militaires, appuyées par une mission de l’Opération des Nations-Unies, se sont rendues à Diboké, chef-lieu de sous-préfecture pour rappeler les uns et les autres au calme. Ces interpellations sont rentrées des dans oreilles de sourds.

Benjamin Silué  

Source: Le Nouveau Courrier N°751 Du Vendredi 15 mars 2013




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