Après le soutien dont il a bénéficié à sa dernière audience: La reconnaissance de Blé Goudé aux Ivoiriens

L’ex-ministre Charles Blé Goudé n’a pas voulu passer sous silence son attachement aux Ivoiriens et particulièrement sa famille politique du Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (COJEP) qui lui ont manifesté leur soutien indéfectible lors de la dernière audience de confirmation des charges alléguées contre lui à la Cour pénale internationale (CPI). Il leur a adressé une lettre du fond de sa cellule.

Mercredi 15 Octobre 2014 - 05:45


Camarades,
Comme je l’avais déjà fait avant mon transfèrement à la CPI, je profite de l’audience de confirmation des charges alléguées contre moi, pour vous écrire cette lettre. C’est toujours un plaisir renouvelé pour moi de communiquer avec vous ; vous qui êtes devenu ma famille, mes mamans, mes sœurs, mes frères, mes amis et mes collaborateurs. Vous avec qui j’ai remporté beaucoup de victoires et partagé des moments de joie intenses de ma vie. Mais, la vie n’étant pas faite que de victoires et de joie, je traverse avec vous aujourd’hui, depuis plus de trois (03) ans des moments de douleur aussi morale que physique : tout cela fait partie de la vie ! Eh bien camarades, c’est dans cette mer agitée que nous devons démontrer notre capacité à conduire « le navire COJEP » à bon port. Une fois que nous aurons réussi à survivre à la violence des vagues de cet océan agité, nous serons désormais capables de traverser avec aisance n’importe quelle rivière. Tout ceci, pour partager avec vous, mon optimisme en un avenir pour notre organisation en particulier et pour notre pays en général. Pour y parvenir, le COJEP a besoin d’une équipe solidaire et unie ; une équipe au sein de laquelle règne confiance et complicité. Je vous exhorte donc à vous mettre au- dessus des soupçons mutuels et des rumeurs qui, si nous n’y prenons garde, risquent d’imploser et d’emporter notre mouvement pour lequel chacun de nous a déjà consenti trop de sacrifices de quelque manière que ce soit. Car, ne l’oubliez jamais, ce pouvoir ne rêve que d’une seule chose : diviser ou casser le COJEP ; il est prêt à utiliser tous les moyen pour parvenir à ces fins. Mais, que personne d’entre nous ne serve de vecteur par lequel passera l’implosion de notre bébé à tous, notre instrument de lutte. C’est pourquoi, je vous recommande de vous fréquenter régulièrement et de prendre les nouvelles des uns et des autres. Je vous encourage à beaucoup communiquer entre vous, à échanger et à ne jamais dresser le lit des colporteurs de rumeurs et de division qui, en réalité vivent de ce « travail ». Dans cette période où prospèrent les diviseurs, sur quels aspects faut-il alors se baser pour juger l’autre ? Evitons d’être soupçonneux pour ne pas être tourmenté par le soupçon et ne soyons pas trop crédule pour éviter d’avaler n’importe quoi. Concentrons-nous sur les qualités de nos camarades et aidons les à se parfaire, à participer au travail d’ensemble en ne nous appesantissant pas sur leurs faiblesses et leurs défauts. Il nous faut surmonter le doute, il nous faut apprendre à nous pardonner les uns les autres. Camarades, SVP débattez de tout, sans tabou, permettez, même au plus petit d’entre vous d’exprimer son point de vue, aussi modeste soit-il, de peur qu’il n’aille l’exprimer ailleurs, exposant ainsi nos contradictions internes au sarcasme de nos adversaires qui ne rêvent que de la disparition du COJEP. Camarades, permettez-moi de vous le dire, le COJEP est un « tout » qui a besoin de tous ! Il ne faut jamais perdre de vu que l’objectif final d’un débat à l’intérieur d’une organisation, et ce quel que soit nos différends et nos différences, est d’en sortir plus forts, plus proches, plus unis et plus confiants. Que vous soyez responsables de base, coordinateurs, Président de structures spécialisées, membres des instances ou de la haute direction du COJEP, à quelque niveau que ce soit, chacun ou chacune de vous est un leader qui aspire à guider les autres. Or, pour pouvoir guider les autres, il faut savoir soi-même où l’on va. C’est pourquoi, la mise en place d’une ligne politique définie en commun doublée d’objectifs précis à court, moyen et long termes, devraient en permanence être le principe qui nous guide : nous devons à tout moment avoir notre boussole et y maintenir notre regard afin de savoir si nous tenons le cap. Il nous faut à tout moment nous évaluer nous-même ; c’est-à-dire, vérifier si les objectifs que nous nous sommes librement fixés en commun ont été partiellement ou totalement atteints. Si nous ne cherchons pas à identifier nos faiblesses et nos lacunes afin de les combler, nous courrons le risque de stagner et l’on parlera de nous au plus que parfait ou au passé simple : « il avait été une fois un mouvement politique appelé COJEP ». Or, camarades, le COJEP a les ressources humaines pour éviter le naufrage. Je sais que j’ai laissé derrière moi un vivier de jeunes, d’hommes et de femmes politiquement bien formés, capables de savoir que les principaux obstacles à toute réussite sont la peur du changement, le doute et le manque d’imagination et d’initiative. La marque durable laissée par un leader se mesurant à la succession qu’il aura laissée en place, je compte sur vous pour ne pas donner raison à ceux qui avaient vite fait d’enterrer le COJEP. L’on nous jugera beaucoup plus sur notre capacité à tenir face aux difficultés dans l’incertitude et à atteindre nos objectifs finaux plutôt que sur nos succès passés. Notre succès dépendra de ce que nous aurons transformé qualitativement et quantitativement le COJEP, du positionnement stratégique que nous donnerons sur l’échiquier politique ivoirien. Vous me parlerez certainement du manque de moyen, et vous avez raison. Seulement, la politique n’étant pas une ONG de bienfaisance, mais un champ de bataille où les pleurnichards n’ont pas de place, il serait souhaitable que nous soyons imaginatifs. Si nous jouons sur notre nombre, le COJEP est capable de s’autofinancer ; car, dans une course où la concurrence fait rage, l’on accepte rarement un partenariat avec un coéquipier incapable de faire remporter une victoire cer- taine à l’équipe. Pour ne pas vous prendre trop de temps, je souhaite que vous meniez une réflexion commune pour me faire un retour par la même voie. Sachez camarades, que je compte sur chacun de vous, car de votre ténacité, de votre solidarité et de votre union, dépendent mon moral et ma santé, mais surtout l’avenir du COJEP. N’oubliez jamais que « tout royaume divisé devient un désert et ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. » En ce qui me concerne, je puis vous rassurer que je prends la pleine mesure de ma lourde responsabilité devant l’histoire. Je tâcherai de supporter cet éloignement, qui, je l’avoue n’est pas du tout facile. Mais, je reste conscient que dans la vie, ce n’est pas toujours que nos choix comptent. Tout leader doit avoir le sens du sacrifice. Il doit apprendre à souffrir pour les autres, être capable de sacrifier sa vie pour sauver la vie des autres. Je reste convaincu que nous sommes dans le vrai, je suis donc prêt à tout. Pour moi, la liberté d’un combattant ne se trouve ni dehors ni dans les va-et- vient physiques, mais dans l’esprit. Ainsi, même en prison, je me sens libre, peut-être même plus libre qu’auparavant. Camarades, quel que soit l’issue de la procédure ouverte contre moi ici à la CPI, point n’est besoin de vous apitoyer sur mon sort, car pour moi, la prison est une marre pleine d’enseignements dont ont besoin tous ceux qui ont décidé de s’oublier pour servir leur concitoyens. Que je sois condamné ou que je sois mis en liberté dans un futur proche, dans 10 ans ou même plus, cela n’a aucune importance à mes yeux. Le plus important pour moi, est que nos idées, nos pensées sont libres, notre conscience est libre et tranquille, et que cet arbre (le COJEP) que nous avons planté en saison sèche - au prix de mille sacrifices, au prix de nos vies, de nos libertés, de nos familles, de nos relations avec les personnes que nous aimons et qui nous aiment-puise parvenir à produire un jour des fruits délicieux ou donner de l’ombre dont profiterons tous nos concitoyens avec ou sans moi. Et croyez-moi, camarades, quel que soit le lieu où je me trouverai, vivant ou mort, je serai très heureux d’avoir été à la hauteur de ma mission. Il n’est pas faux de conclure avec vous que plus les objectifs que nous visons sont élevés, plus les sacrifices à consentir sont grands. Pour ma part, loin de vous, de ma cellule, j’essaierai tant bien que mal de participer à la poursuite de notre lutte commune et à son aboutissement dans une Côte-d’Ivoire réconciliée, dans une Afrique libre, dans un monde plus juste et plus égalitaire. Comme je vais essayer de le faire demain, 02 Octobre 2014, je prends ici encore l’engagement de toujours continuer de faire ma part. Que chacun de vous continue de donner le meilleur de lui-même en ne trichant pas avec nos convictions et nos objectifs.

Que Dieu bénisse la Côte-d’Ivoire Que Dieu apporte la Paix en Afrique et partout dans le monde Vive le COJEP
Fait, à La Haye le 1er Octobre 2014

Charles Blé Goudé Consultant en Communication Politique Président fondateur du COJEP
Source:  Le Nouveau Courrier N°1130 Du Mardi 14 Octobre 2014




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