Après le rapport d’Amnesty International: Le régime panique et accuse

Vendredi 2 Août 2013 - 08:36


Après le rapport d’Amnesty International: Le régime panique et accuse
Hier, c’étaient les meilleurs rapports sur la situation des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire. Parce qu’Amnesty International, Human Right Watch et autres, enfonçaient  le Président Laurent Gbagbo. Aujourd’hui, Gbagbo est injustement détenu à la Cpi pour avoir dénoncé la mascarade montée contre la Côte d’Ivoire. Il est d’ailleurs déporté à La Haye, mais les massacres des populations civiles continuent. Une tragédie face à laquelle, Amnesty International ne pouvait rester insensible. Surtout que celui qu’on a taxé de criminel n’est plus aux affaires. Cette Ong de défense des droits de l’Homme vient en effet, de pro - duire un rapport qui enfonce le régime actuel. En lui rappelant preuves à l’appui, le massacre de nahibly, un véritable crime contre  l’Humanité. Ce rapport, à l’évidence, provoque la panique dans le camp Ouattara qui évoque des faits «réchauffés». «Amnesty international a encore fait feux de tous bois. A la vérité, on n’est pas tant surpris que çà. Car, depuis quelques temps, cette organisation semble se donner à ce jeu, pour le moins cynique. C’est même devenu son sport favori. Pour se faire remarquer en Côte d’Ivoire et attirer les feux des projecteurs sur elle, elle est prompte à sortir des rapports au vitriol contre le régime, où tout est noirci en grande ligne. Comme si les enquêteurs ne  voyaient uniquement que ce qui ne va pas» , dénonce le confrère Le Patriote, le porte- voix officiel  de Ouattara dans son édition d’hier. Un raccourci qui dévoile toute la panique qui s’installe au sommet du régime. n’y a-t-il pas eu des déplacés massacrés à nahibly ? Amnesty international a-t-elle imaginé ces faits ? Autant de préoccupations auxquelles le régime doit apporter des réponses claires. Mais il ne le fera pas, parce que tout ce qui a été raconté par cette Ong n’est rien d’autre que la vérité. Se couvrant du ridicule, le camp Ouattara fonce tout droit dans le mur. «Certes, le rôle d’Amnesty international est de dénoncer les violations des droits humains, mais un rapport n’a de crédit que s’il est véritablement équilibré. Autant il dénonce des faits graves à gauche, autant il doit avoir l’honnêteté de reconnaitre que des efforts sont faits à droite. Ce qui gène dans ce rapport, c’est qu’il ressemble à un réquisitoire contre les autorités ivoiriennes» , se plaint le régime, qui rejette comme il fallait s’y attendre, ce rapport. Cela fait un an que d’innocentes personnes ont perdu la vie, de manière atroce à Duékoué, dans un camp de déplacés. Sans que les nou - velles autorités soient émues. «Comme si en Côte d’Ivoire, rien ne s’était passé, ici» , rappelle d’ailleurs à propos, Amnesty. Les Ivoiriens ont encore en mémoire que le 20 juillet 2012, le camp de Nahibly a été attaqué et détruit par une foule de militants du Rdr armée de gourdins et machettes. Et certains corps ont été jetés dans des puits. «Le  gouvernement de la Côte d’Ivoire (le régime Ouattara, ndlr) n’a pas enquêté dûment sur les éléments attestant d’atteintes aux droits humains commises en lien avec les homicides qui ont eu lieu dans le camp pour personnes déplacées de Nahibly, dans l’ouest du pays, il y a un an et quelques jours». «Depuis un an, et malgré ses promesses de justice, le gouvernement ivoirien n’a guère progressé dans les enquêtes sur les crimes commis durant cette attaque» , estime Salvatore Saguès, chercheur à Amnesty International sur l’Afrique de l’Ouest. On comprend donc toutes cette transe après la publication de ce rapport qui rétablit pourtant la vérité dans un pays dirigé par le mensonge. Pour l’Ong internationale, «il est inhumain de faire encore attendre ceux qui ont perdu des êtres chers et souhaitent savoir où se trouvent les corps de leurs proches, alors même que les responsables ne sont pas inquiétés». Cela ne serait pas possible, indique un défenseur des droits de l’Homme, cité dans le rapport, «si les corps se trouvant dans les puits étaient ceux des  partisans du gouvernement actuel, ils auraient extrait les cadavres il y a des mois déjà. Mais parce que ces corps viennent de Nahibly et sont accusés de soutenir Gbagbo, ils ne font rien». En mars et avril 2011, lorsque les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci, armée pro- Ouattara) et les chasseurs-miliciens Dozos ont pris le contrôle de l’Ouest du pays, ils ont massacré des centaines de Guérés à Duékoué et dans les environs. Ces agissements, selon le rapport, n’ont jamais fait l’objet de véritables enquêtes et personne n’a été inculpée ni jugée. «Illustration criante de la justice des vainqueurs, le gouvernement n’a amené aucun membre des Frci, ni des milices Dozos à répondre de ses actes pour les crimes commis durant la crise postélectorale. C’est d’autant plus inquiétant que ces mêmes Forces de sécurité et milices Dozos continuent de bafouer les droits humains des partisans déclarés ou présumés de l’ancien Président, comme le prouve l’attaque contre le camp de Nahibly. C’est comme si rien ne s’était passé ici» , accuse le rapport. Des crimes que Ouattara et son camp refusent d’admettre. n’empêche, la réalité est qu’un an après, l’attaque du camp de na - hibly, la justice se fait toujours attendre.

Toussaint N’Gotta

Le Temps N° 2967 du jeudi 1er août 2013




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