Après le limogeage de leur chef et la mort d’un des leurs: Les hommes de Wattao se dressent contre le régime

Jeudi 31 Juillet 2014 - 11:35


Au centre, le lieutenant-colonel Issiaka Ouattara dit « Wattao »
Au centre, le lieutenant-colonel Issiaka Ouattara dit « Wattao »
Sale temps pour les partisans de l’ex-chef de guerre, le lieutenant-colonel Issiaka Ouattara dit « Wattao » ! La semaine dernière, en l’espace de 72 heures, le régime leur a porté trois coups durs. Il s’agit du double limogeage de leur chef Wattao, à la tête du commandement de la sécurité d’Abidjan-Sud et du CCDO  suivi le lendemain  de l’assassinat  du dénommé Yao, un élément de la troupe du natif de Doropo, par des agents de la police criminelle. Un acte que les frères d’armes de ce dernier ont vite fait d’assimiler à une provocation de trop vu qu’à leurs yeux, le disparu est une victime innocente. Faux, rétorquent les agents de la police criminelle qui sou- tiennent plutôt avoir abattu un dangereux bandit au cours d’un braquage qui a mal tourné pour ce dernier. Notre interlocuteur révèle d’ailleurs que l’homme n’était pas à son premier coup tordu. Si bien qu’il était bien connu des fichiers de la police criminelle où il a du reste séjourné en novembre 2013, avant d’être libéré par la suite, pour « insuffisance de preuves », là où des indiscrétions notent plutôt de fortes pressions exercées par des lieutenants de Wattao sur le patron de la police criminelle et la victime pour que celle-ci se rétracte au final. La source indique également que depuis la mise hors d’état de nuire de l’infortuné Yao, certains de ses compagnons FRCI, menacent ouvertement d’en découdre avec les agents qui ont conduit l’opération qui s’est avérée fatale à ce der- nier, le 23 juillet dernier à Koumassi. Pour cela, ils multiplieraient les menaces au téléphone, jurant de venger dans le sang la mort de leur camarade. Comptant sur des complicités internes, ils chercheraient actuellement à identifier l’ensemble du commando en question pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Selon des indiscrétions dans l’entourage de Wattao, la vengeance du sieur  Yao ne serait  qu’un prétexte, et qu’au-delà, c’est un signal que les lieutenants de Wattao entendent ainsi envoyer au régime pour lui signifier non seulement leur mécontentement suite au double limogeage de leur grand chef, mais aussi et surtout, montrer qu’ils n’entendent pas se laisser faire au cas où, comme l’annonce la rumeur, le pouvoir venait à mettre l’ex-chef de guerre aux arrêts et le transférer à la cour pénale internationale (CPI). Des menaces claires que le régime gagnerait à prendre au sérieux s’il ne veut pas être surpris par les hommes de Wattao qui n’ont toujours pas digéré que l’on leur coupe la juteuse manne financière dont ils jouissaient  aisé- ment depuis trois ans, dans leur règne sur Abidjan-Sud. Un privilège qu’ils avaient fini par considérer comme leur part du gâteau après avoir accompagné la prise de pouvoir d’Alassane Ouattara dans les conditions que tous savons. A défaut, il ne serait pas surprenant de voir les uns et les autres se tirer dessus pour affirmer leur autorité. Surtout que du côté de la police criminelle, l’on n’est pas prêt à se laisser intimider par « des voyous et des hors- la loi, en treillis ». Autant dire que la tension monte et que ça sent déjà la poudre..■

Géraldine Diomandé
Source: Aujourd’hui / N°694 du Mercredi 30 Juillet 2014




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