Après le désert électoral de dimanche/ Abou Cissé A son neveu Alassane Ouattara: «La priorité aujourd’hui, c’est la libération de tous les prisonniers»

Jeudi 25 Avril 2013 - 10:43


Après le désert électoral de dimanche/ Abou Cissé A son neveu Alassane Ouattara: «La priorité aujourd’hui, c’est la libération de tous les prisonniers»
Quels commentaires pouvez-vous faire sur le «désert électoral» constaté pendant les municipales et régionales du 21 avril 2013 ?

 Ce désert électoral était prévisible. Et le régime actuel doit tirer les conséquences. Nous sommes très heureux. Le mot d’ordre du Fpi a été respecté. On a constaté, partout en Côte d’Ivoire, un «désert électoral» dans tous les centres de vote. C’est un signal fort à la communauté internationale et nationale. En d’autres termes, à tous ceux qui disaient que le Président Laurent Gbagbo était minoritaire dans ce pays. Les populations ivoiriennes viennent de démontrer que le Président Laurent Gbagbo compte beaucoup pour eux. Il ne peut avoir de réconciliation dans ce pays sans lui et le Fpi. C’est un autre coup dur pour le régime qui se vante pourtant tous les jours, d’être le choix des Ivoiriens depuis le 11 avril 2012. Le dimanche 21 avril 2013, il vient en effet, de subir un cinglant désaveu venant des Ivoiriens. Les élections municipales et régionales qu’il a tenu à organiser envers et contre tout, en balayant du revers de la main les propositions du Fpi, ont été massivement boycottées par l’ensemble des Ivoiriens. La Côte d’Ivoire a préféré s’occu - per à autre chose, que de se ren - dre dans des urnes pour accompagner un régime qui a un gros problème de légitimité. Le régime actuel est vomi par la popu - lation ivoirienne.

Pourquoi ?

Toutes leurs promesses n’ont jamais été traduites dans les faits. La priorité aujourd’hui, c’est la libération de tous les prisonniers. Et le retour du Président Laurent Gbagbo. Tout thème de campagne qui n’associe pas la libération de ce dernier et des autres prisonniers politiques est voué à l’échec. Nous pensons que le mot d’ordre de boycott de ces élections du Front populaire ivoirien est à salué. Nous ne pouvons que remercier les Ivoiriens pas seulement pour avoir traduit dans les faits l’appel du Fpi, mais pour avoir entendu les cris de la mère patrie meurtrie depuis le 11 avril 2011. En effet, ce second désert électoral confirme l’illégitimité du régime Ouattara. Le taux de participation varie selon les sources. La Commission électorale indépendante avance 30%, les chaînes étrangères évoquent 13 à 15 %, le Fpi parle de 12 à 13%... Nous avons des informateurs au sein de la Commission électorale qui nous disent le contraire. Le taux de 30% avancé est une manière d’arranger le régime actuel. Parce que ce désert est un échec patent d’Alassane Ouattara. Même si on s’en tient à ce chiffre de la Commission, c’est toujours le désert. En d’autres mots, il montre que le pays est gouverné par une minorité. Nous avons des éléments d’appréciation venant de la Commission qui nous indique que le taux participation réel est de 14,57%. Le régime doit reconnaître sa défaite au lieu de vouloir à tout prix gonfler les chiffres. On ne peut cacher le soleil avec la main. Le mensonge a beau se lever tôt le matin, il est vite rattrapé par la vérité.

La Commission électorale et le régime soutiennent que les élections en Côte d’Ivoire n’attirent pas le monde…

C’est du mensonge. Les élections locales intéressent tous les citoyens. Parce que les élus sont plus proches d’elles. La population est fatiguée de l’incompétence des gouvernants. Le régime doit reconnaitre sa défaite. Et avoir le profil bas.

Quelles leçons peut-on tirer de ce désert électoral ?

Il faut que le régime démissionne. Parce que ce second désert électoral vient démystifier Alassane Ouattara. C’est fini pour lui. La base de la société ivoirienne, dans sa majorité, le rejette. Ce qui est très grave. Il ne connaît pas bien la population ivoirienne. Qu’il arrête de faire le boucan. Tout le monde se rend compte que le Président Laurent Gbagbo détient la majorité dans ce pays. Donc la question qui a gagné l’élection présidentielle demeure. Il faut que cette question soit élucidée. C’est le nœud de la crise qui secoue notre pays. Tant que l’on n’a pas répondu à cette question, il serait difficile d’aller à la paix.

Après les élections, on constate un regain de violence en Côte d’Ivoire ?

Cela ne pouvait être autrement. Le Rdr est devenu un parti de violence. Il s’attaque à son allié d’hier. C’est-à-dire le Pdci. Et pourtant, ils ont accusé le Fpi d’être un parti de violent. Or ce parti n’a pas participé à ces élections. Face à ces violences partout, nous disons que c’est une victoire pour le Président Laurent Gbagbo et le Fpi.

Comment ?

 Imaginer un seul instant si cette formation politique avait participé à ces élections. On allait les accuser d’être à la base de cette violence. C’est la victoire du Président Gbagbo et du Fpi. Ce serait dommage si cette formation politique avait participé à ces élections. Nous saluons les responsables du Fpi pour avoir eu le nez creux en appelant les Ivoiriens à rester à la maison. La Côte d’Ivoire a besoin d’un changement.

On comprend difficile- ment que les deux alliés se battent…

Leur alliance est basée sur du faux. C’est une alliance contre nature. Il faut comprendre que cette alliance a été voulue par Jacques Chirac pour combattre le Président Laurent Gbagbo. Alors que l’ancien Président français ne connaît pas la Côte d’Ivoire. Où est passée la communauté internationale qui était prompte à condamner le régime de Gbagbo ? C’est bien fait également pour le Pdci. Cette formation politique doit assumer son accointance avec le Rdr. Il est temps que le plus vieux parti du pays revienne à la raison en répondant à l’appel du président du Fpi, Miaka Ouretto.

Quel message aux Ivoiriens ?

 Les mots nous manquent pour qualifier ce qui s’est passé dimanche. Nous ne pouvons qu’être heureux. Les Ivoiriens sont formidables. Ils ont démontré une fois de plus qu’ils sont derrière le Président Laurent Gbagbo. Il n’y a vraiment rien en face. Ce n’est que le début de la victoire. Nous invitons les Ivoiriens à rester mobilisés. Ceux qui ont soutenu le régime actuel doivent être petits dans leurs souliers. Félicitations à tous les Ivoiriens qui ont décidé de rester à la maison. Le gouvernement a échoué sur tous les plans. Non seulement les élections ont été émaillées de graves violences opposant les alliés, mais le mot d’ordre de boycott du Fpi est largement suivi dans toute la Côte d’Ivoire. Et c’est Youssouf Bakayoko, le président de la Commission électorale indé - pendante (Cei) qui est le pre - mier à parler de «désert électoral» .Il ne savait peut-être pas qu’il avait très vite parlé. Face à cet autre échec, le régime doit saisir la perche du dialogue à lui tendue le 19 septembre 2011 par le Front populaire ivoirien. En d’autres termes, il faut donc aller à la table du dialogue pour s’asseoir et discuter franchement pour une sortie heureuse de la crise, pour le bonheur des Ivoiriens.

Interview réalisée par : Yacouba Gbané

 yacou06336510@yahoo.fr


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