Après la publication des photos de Blé Goudé dans la presse: Consternation dans les milieux diplomatiques

Jeudi 13 Mars 2014 - 00:55


Image d'arhives: Des membres du corps diplomatique au palais présentiel ivoirien
Image d'arhives: Des membres du corps diplomatique au palais présentiel ivoirien
La consternation est totale dans les milieux diplomatiques. Les photos de Blé Goudé et de Jean-Yves Dibopieu, barbe hirsute, dans les geôles de la Dst, publiées dimanche sur les réseaux sociaux et reprises lundi par la presse ont fait l'effet d'un petit séisme dans les représentations étrangères. Celles-ci se demandent à quelle fin le régime Ouattara inflige ce traitement pour le moins dégradant à des prisonniers dont les droits, malgré leur état, doivent être, à tous les prix, préservés. En tout état de cause, l'image de ce régime, déjà pas très belle, du fait des violations massives des Droits de l’Homme, s'assombrit un peu plus avec cette nouvelle affaire de photos. Et tous ceux qui soutenaient, urbi et orbi, le régime du 11 avril 2011, installé à coups de canon, à la tête de la Côte d'Ivoire, se posent des questions sur le bien-fondé du soutien aveugle qu'ils ont apporté à Ouattara pour renverser le Président Gbagbo. La gêne est aujourd'hui totale. Pis, les diplomates étrangers craignent une montée de la colère chez les pro Gbagbo, qui, à terme, pourrait se solder par une explosion sociale, qui mettrait gravement à mal le fragile équilibre social. Pour ainsi dire, le processus de réconciliation, considéré à raison comme un passage obligé pour que la Côte d'Ivoire renaisse de ses cendres, se trouve, au dire de bien des diplomates accrédités en Côte d'Ivoire, bien compromis par la mauvaise volonté du pouvoir qui parle de paix du bout des lèvres, mais qui ne pose aucun acte pour que cela se traduise dans les faits. Toute chose qui n'est pas sans laisser craindre le retour de la violence pour sol- der le long contentieux de l'élection présidentielle de 2010. A la vérité, la responsabilité d'Alassane Ouattara est aujourd'hui engagée, comme les diplomates étrangers n'hésitent pas à l'affirmer, dans ce qui pourrait survenir comme fâcheux. Car c'est à lui qu'incombe, au premier chef, de faire en sorte que la paix revienne. Il est le détenteur du pouvoir exécutif. Mais il est plutôt obnubilé par sa reconduction à la tête de l'Etat. Et ne fait rien pour que la situation redevienne normale. D'aucuns d'entre eux vont jusqu'à affirmer que la paix ne l'arrange pas. Dans son camp, on ne fait guère non plus  preuve de sagesse. Les discours sont enflammés et puent le bellicisme outrancier. A l'inverse, le Front populaire ivoirien (Fpi), à travers son président, Pascal Affi N'Guessan, ne cesse de prôner l'apaisement pour la reconstruction du pays, d'appeler à la réconciliation, d'invoquer les célèbres mots de l'ancien chef de l'Etat : «Asseyons-nous et discutons».Et l'opinion, qui n'est pas dupe, sait aujourd'hui qui sont ceux qui veulent la paix et qui sont ceux qui n'en veulent pas du tout. Et comme l'on ne peut cacher le soleil avec la main, "l'affaire des photographies de la Dst" vient montrer, encore une fois, que la Côte d'Ivoire n'est pas non seulement sortie de l'auberge, mais est guettée par un retour en arrière dont elle se relèverait difficilement.

Sita Ouattara

Source: LG Infos N°682 DU MARDI 11 MARS 2014




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