Après la décision de la Cpi : Le régime avoue sa peur bleue de Gbagbo

Vendredi 7 Juin 2013 - 15:01


Après la décision de la Cpi : Le régime avoue sa peur bleue de Gbagbo
Les temps sont sombres dans la cour de Ouattara, depuis le lundi 03 juin 2013. Car les nouvelles qu’on apprend là-bas, en provenance de la Cpi, ne sont pas bonnes pour le clan qui dans cette affaire Gbagbo, avait joué la carte du mensonge et des propagandes haineuses. Avant que la Cpi ne donne son délibérée du lundi 3 juin 2013, le régime avait commencé une grande campagne de mensonge envers le Président Gbagbo. Des corps, prétendues victimes de Gbagbo ont même été déterrés à quelques jours de ce verdict. Le pouvoir avait été rassuré par Fatou Bensouda, la Procureur de la Cpi qui affirmait qu’elle disposait d’un «dossier en béton» contre le Président Gbagbo. Paroles d’Evangile pour le clan Ouattara. La condamnation de son ennemi juré était donc une chose acquise. Puis contre toute attente, coup de tonnerre à la Cpi. Tout le faux de cette mafia qui attaque la Côte d’Ivoire est mis à nue. «La Cpi veut plus de preuves pour un procès éventuel contre Gbagbo», annonce le lundi 03 juin 2013, la chaîne France 24 plus connue pourtant pour ses positions anti-Gbagbo. «Le Procureur voulait faire appel à 45 incidents pour prouver les attaques «dirigées contre des civils» mais les juges ont assuré que la majorité de ces incidents avaient été «prouvés uniquement par des ouï-dire anonymes tirés de rapports d'Ong, de l'Onu et d'articles de presse». Ces éléments de preuve n'ont pas une valeur probante forte, ont-ils ajouté, soulignant qu'ils préféraient examiner des éléments de preuves médico-légales», enfonce pour sa part, ce même lundi 03 juin 2013, l’Afp. La Cour de Ouattara qui agit plus par émotion sombre alors dans la panique. Car le scénario d’un probable retour en Côte d’Ivoire du Président Gbagbo commence à se mettre en place. Avec les blancs, on ne sait jamais… Depuis le lundi 3 juin 2013, emporté par une grande peur du Président Gbagbo, le régime bascule dans une sorte de transe collective. Car tout le faux s’écroule comme un château de cartes. Et c’est Alphonse Soro, l’un des hommes de ce régime qui a encore sur les mains, le sang de plusieurs ivoiriens qui est mis en scelle dans cette campagne de la haine. Le mercredi 5 juin 20123, à la mairie d’Adjamé, une commune dirigée par le Rdr, il fait appel à de prétendues victimes de Gbagbo. Objectif, réagir à la décision des juges de la Cpi qui demandent plus de preuves à la Procureure Fatou Bensouda. «Si la Cpi veut brûler la Côte d’Ivoire, qu’elle libère Laurent Gbagbo. Car nous ne pouvons pas accepter, au moment où on nous demande de pardonner au nom de la réconciliation que celui qui a tué nos parents soit en liberté. Tout ce que nous voulons, c’est que justice soit faite», rapporte ainsi, le confrère Le Patriote qui a couvert cette cérémonie... Juste quelques remarques à cette sortie. Premièrement, ceux qui parlent ne sont même pas les victimes. Ce sont des proches de «victimes» dont il faudra d’ailleurs prouver l’authenticité. Le régime sert encore les mêmes «ouï-dire anonymes». Deuxième remarque. Ces «victimes» que le régime brandit demandent que «justice soit faite». En fait ils devraient applaudir la décision de la Cpi, s’ils n’ont pas un autre agenda. Car pour que «justice soit faite», il faut qu’il y ait manifestation de la vérité. C’est au nom de cela que les juges demandent plus de preuves à la Procureure. Et ces juges vont mêmes plus loin, en ajoutant «qu'ils préféraient examiner des éléments de preuves médico-légales». Dans un tel procès, aucune justice sérieuse ne peut condamner un homme de la stature du Président Gbagbo sans un minimum de preuves médico-légales. Ces «victimes» qui sont brandies comme dans une foire se sont-elles une fois, demandé pourquoi le régime ivoirien n’a jamais fait l’autopsie des corps de tous ces morts qu’on impute au Président Gbagbo ? Les femmes tuées à Abobo, les «bombardements» des marchés d’Abobo et bien d’autres crimes imputés au Président Gbagbo sont aujourd’hui des dossiers classés, alors que Ouattara a tous les leviers du pouvoir. Pourquoi refuse-t-il les autopsies et les enquêtes internationales ? Autant de questions que les militants du Rdr devaient commencer par se poser. Mais relisons encore le porte-voix de Ouattara qui rapporte toujours les propos de ceux qu’il appelle «victimes». «De quelles preuves la Cour pénale internationale a encore besoin ? De quelles preuves parlent la Cpi quand les corps sont encore dans les fosses communes? Nous sommes les preuves vivantes de la barbarie de Laurent Gbagbo. Il n’y a pas meilleurs preuves que nos plaies, nos cicatrices visibles ou invisibles», s’emportent des individus constitués en un groupe de «victimes». On appelle ça obéir à ses émotions. Car si tant est que les corps des victimes de Gbagbo sont encore dans des fosses communes, pourquoi le régime n’ordonne-t-il pas leur exhumation pour des autopsies ? Si ces «victimes» sont vraiment des «preuves vivantes de la barbarie de Gbagbo», pourquoi ne vont-elles pas témoigner à la Cpi, étant donné que cette Cour a maintenant un bureau en Côte d’Ivoire ? Ces «victimes» ne diront pas qu’elles ne savent pas ça. En vérité, la réalité est tout simplement ailleurs. Le régime est habité par une grande peur du Président Gbagbo. Amadou Soumahoro, le président par intérim de ce parti, a été le premier à donner le ton en avouant publiquement sa grande peur de Gbagbo. «Si Gbagbo est libéré, il ne va même franchir Vridi», se laissait alors trahir Amadou Soumahoro qui sur papier, assure l’intérim de Ouattara à la tête du Rdr. La preuve que le régime craint fortement sa libération. Si ce parti n’avait rien à se reprocher dans ce dossier Gbagbo, il applaudirait tous les cas de figure de décision de la Cpi. Ouattara ayant toujours dit qu’il n’y a pas «Justice plus indépendante que la Justice internationale». C’est ainsi qu’il explique la déportation du Président Gbagbo à la Cpi. Lors d’une ballade aux Usa à l’image de son patron, Ahoussou Jeannot, alors Premier ministre, est, lui aussi, tombé dans le piège de la peur du Président Gbagbo. «Si Gbagbo est libéré, nous aviserons», avait-il, à son tour, lâché au détour d’une visite pourtant consacrée à la recherche de partenaires économiques pour la Côte d’Ivoire. Et c’est un cadre de ce parti, de surcroit député du Rdr, qui le dit en privé. «Gbagbo nous fait peur», avoue-t-il dans les coulisses du régime. Evidemment, le Président Gbagbo fait peur au Rdr parce qu’il est dans le vrai. Et c’est parce qu’il est dans le vrai que le 5 décembre 2013 à la Cpi, il a regardé Sarkozy son bourreau, droit dans les yeux, pour dire que «C’est l’armée française qui a fait tout le boulot». C’est parce qu’il est dans la vérité qu’il a regardé le même Sarkozy droit dans les yeux pour dire, ce même jour, que : «Nous irons jusqu’au bout». C’est aussi parce qu’il est dans le vrai que la vérité commence déjà à éclater, alors que le procès n’a même pas encore commencé sur ce qu’il convient désormais d’appeler la plus grande mascarade de l’histoire de la Françafrique. Le Président Gbagbo a l’habitude de dire que «Le temps est un autre nom de Dieu». Il est déjà en train de faire son effet. Comme le reconnaît d’ailleurs la radio Rfi à laquelle on ne connait pas d’amitié pour Gbagbo.

Guehi Brence


Publié le vendredi 7 juin 2013  |  Le Temps




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