Après l’avoir crée par décret: Ouattara a sapé le travail de «sa» Cellule d’enquête

Dans son dernier rapport, Human Rights Watch, révèle que le fonctionnement de la Cellule spéciale d’enquête chargée de faire la lumière sur les atrocités commises durant la crise post-électorale a connu des entraves.

Lundi 13 Janvier 2014 - 06:58


Alassane Ouattara avait-il été contraint de mettre sur pied une Cellule spéciale d’enquête ? Sont-ce les conclusions de ladite cellule qui incriminent, en plus du camp du président Gbagbo, ouvertement son camp, qui ont suscité son désintérêt vis-à-vis d’elle ? Toutes ces questions méritent d’être posées au regard de la dernière actualité liée à cette institution. Après l’avoir lui- même créée par décret, Alassane Ouattara n’a plus mis la Cellule spéciale d’enquête dans les conditions normales d’exercice de sa mission. Selon Human Rights Watch qui a vivement souhaité le renforcement du dispositif de cette structure, dans le courant de l’année passée, le ministre de la Justice a vidé la cellule spéciale de son personnel, remplaçant ou renvoyant les juges d’instruction et réduisant à quatre le nombre d’officiers de police judiciaire. En renouvelant le mandat de la cellule, l’organisation de défense des droits de l’homme attend que le gouvernement rétablisse le personnel à son niveau d’origine, c’est-à-dire l’affectation de trois juges d’instruction et de 20 officiers de police judiciaire afin de mener convenablement les enquêtes. Human Rights Watch révèle également un manque d’indépendance pour les procureurs et les juges d’instruction en 2013. Toute chose qui a aussi sapé le travail de la cellule spéciale. Pis, selon l’Ong, plu- sieurs anciens employés de la cellule spéciale interrogés, ont affirmé vouloir enquêter sur les atrocités commises par les deux parties, mais reconnaissent qu’il leur faut le «feu vert» des autorités gouvernementales avant de pouvoir le faire contre des forces pro-Ouattara. «Malheureusement, les crimes graves commis par les forces pro-Ouattara n’ont pas reçu la même attention. Bien que la commission nationale d’enquête ait signalé en août 2012 que les Forces républicaines du président Ouattara ont exécuté sommairement au moins 545 personnes durant la crise, il n’y a eu encore aucune arrestation pour ces crimes», retient l’Ong de défense des droits de l’homme. Pour que la cellule spéciale puisse enquêter et monter des dossiers contre des dirigeants militaires ou civils des deux parties, le gouvernement devrait alors rapidement renforcer la protection des juges, des procureurs et des témoins impliqués dans des affaires sensibles, selon Human Rights Watch. «Les victimes des crimes graves commis par les Forces républicaines lors de la crise postélectorale méritent de voir la justice rendue», a conclu Daniel Bekele, porte-parole.


Par Saint-Claver Oula

Source: Le Nouveau Courrier  N° 972 Du Samedi 11 au Lundi 13  Janvier 2014




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