Après l’audience de Gbagbo: L’oncle de Ouattara donne les dernières nouvelles de Gbagbo

Abou Cissé, l’oncle de Ouattara a décidé de parler après l’audience du Président Gbagbo à la Cpi. Il décrit l’humanisme Gbagbo et fait aussi le procès de son neveu qui ne l’a pas écouté en envoyant Gbagbo à la Cpi.

Mercredi 20 Mars 2013 - 00:31


Après l’audience de Gbagbo: L’oncle de Ouattara donne les dernières nouvelles de Gbagbo
Quels commentaires vous faites aujourd’hui de l’audience du Président Gbagbo à la Cpi ?

 Tous les ivoiriens doivent avoir honte de ce que nous avons vu à la Cpi.  Parce que la Côte d’Ivoire a été honnie par  cette audience. Nous avons constaté que pour la première fois, le vrai accusé ne se trouvait pas  au tribunal à  La Haye. Le vrai accusé se trouvait à Abidjan.
 
Et pour vous, c’est qui le vrai accusé ?


Le vrai accusé c’est  Alassane Ouattara. Parce que toutes les grandes démonstrations qui ont été faites par le Procureur sont toutes pleines de mensonges.  Il n’y avait pas de mensonge plus gros que ce que nous avons vu exploser à la face du monde.


Mais pourquoi les Ivoiriens devraient avoir honte ?

 Mais les Ivoiriens devraient avoir honte du fait qu’un gouvernement puisse présenter à la face du monde, un tel mensonge pour incriminer sans raison, dire quelque chose qui n’avait pas lieu. Et les Ivoiriens constatent que ce n’est pas Gbagbo qui est accusé, mais bien Alassane Ouattara. Je regrette pour un homme comme lui. Il n’a pas la hauteur d’esprit. Et donc, il n’a pas pu se dépasser. A l’époque,   je lui disais  de ne pas envoyer Gbagbo à la Cpi. Car ce serait le début de sa fin. Cette mascarade n’a pas sa raison d’être. Parce qu’il n’y a finalement aucune preuve pour condamner Gbagbo.  En plus, nous sommes tous ivoiriens, nous savons comment ils ont préparé ces victimes là. Le Rdr les a conduits dans une  école. C’est là-bas qu’ils ont été préparés. On les a envoyés à Agboville, et on leur a envoyé des magistrats pour leur apprendre à parler à un juge et dire ce qu’ils n’avaient pas vécu. C’est pour tout cela que nous disons que c’est une honte pour la Côte d’Ivoire.  

Pour vous, le Rdr a donc présenté des «victimes fabriquées».

Oui comme je le disais, c’est bien cela. J’ai assisté à certains endroits, à ça. On les conduit dans des classes et on leur disait; «bon voila, ce que vous devez dire quand vous êtes devant un juge» . Ils ont tous  reçu de l’argent pour ça. Vous-même vous voyez les accusations qui sont portées contre Mr Gbagbo. Ce n’est pas une honte pour lui. Mais plutôt une honte pour celui qui  accuse. Et tout le monde se rend compte que  Alassane a fait du faux. Et ce faux là n’est pas à notre honneur. Ce n’est pas non plus à l’honneur de nous qui sommes du nord. Parce que l’homme du nord avec sa dimension spirituelle et culturelle, ne peut pas  porter de telles accusa - tions contre quelqu’un. Et je pense qu’il doit descendre un peu sur terre, de ses avions. Parce qu’on ne dirige pas un pays dans le ciel, en avion. On dirige un pays en se mettant avec son peuple.
 
Vous voulez donc dire que cette audience du Président Gbagbo marque la fin du pouvoir Ouattara ?

Cette audience marque non seulement la fin du pouvoir Ouattara, mais la fin des manigances. Le Président Gbagbo avait de la hauteur. Et ce procès est celui de Ouattara et des manigances qui ont eu lieu à Ouagadougou et dans d’autres contrés. Mais cela montre que le Président Gbagbo n’a rien fait. Même le simple ivoirien comprend aujourd’hui que  le Président Gbagbo n’a rien fait.

Comment vous avez trouvé son  intervention à cette audience ?

Le Président Gbagbo pouvait parler durant plusieurs heures si on lui donnait le temps. Mais je me rends compte que l’homme est un grand. Il dépassé tout. Il s’est mis à son niveau, en tant que Président. Et il s’est mis aussi  au niveau de sa foi en ne disant que l’essentiel. Parce que sa défense avait déjà tout dit.   Dans cette affaire, Gbagbo est apparu comme le Président du tribunal. Et dans cette affaire, l’accusé s’est présenté de lui-même sans qu’on le cite. Le Président Gbagbo a présenté au monde, sa conception et sa dimension. Et c’est là, la grandeur d’un homme. Un homme n’est grand que par sa capacité à comprendre le monde. Et Gbagbo comprend cette société. Il a parlé en tant que maître de cette société. C’est plutôt lui qui a jugé le tribunal.

Et comment vous avez trouvé sa défense ?


Je dirai plutôt sans faute. Je suis informé par différents réseaux. La prestation de  Me Altit est sans faute. Elle était même inimaginable. Il a présenté un dossier clair, sans faute, incontestable. Mais c’est pendant ces événements qu’on découvre toujours les grands Hommes, défenseurs de la vérité. En dehors de son poids juridique, Me Altit a montré qu’il avait un poids moral. Il n’a pas eu beaucoup de mal pour débusquer le mensonge. Il était au dessus de tout. Il obtenait ce qu’il exigeait. Au point que tout ce que les autres, c’est-à-dire  l’accusation  disait, paressait pour un chiffon qui ne méritait pas d’être pris en compte.


Comment expliquez-vous le fait qu’une vidéo kenyane se trouve dans le dossier d’accusation ?


 Vous savez, quand la vérité doit se révéler, le mensonge ne fait pas attention à tout. Mme la Procureur doit elle-même se trouver aujourd’hui dans un état de décrépitude. Et nous avons vu Fatou Bensouda qui s’est rendue compte qu’elle a été roulée avec un dossier plein de mensonges. Nous avons très vite compris que c’est désorientée qu’elle est allée se reposer en Italie, fuyant le mensonge. Prendre un dossier venant du  Kenyan, c’est manquer  même de compréhension de la société ivoirienne. Parce que les scènes qu’on a vues là- bas ne peuvent pas se produire en Côte d’Ivoire, sinon que par la rébellion. Il n’y a que les rebelles qui pouvaient faire ça. Et non pas un homme comme le Président Gbagbo qui était au pouvoir.

C’est fort de ça que certains disent aujourd’hui que le procès de Gbagbo est politique…

Mais le procès de Gbagbo est po - litique. Vous convenez avec moi que si c’était une affaire juridique, le Président Gbagbo devait être libéré. Certains hommes politiques occidentaux ont utilisé les Nations Unies pour envoyer Gbagbo à la Cpi. C’est dans ce sens que  se trouvent les assurances données par Me Altit à cette Communauté internationale. Il leur disait, «n’ayez pas peur de libérer Gbagbo» . C’est un message qu’il envoie à cette Communauté internationale. Parce que s’il est libéré, le Président n’est prêt à prendre des armes. Et quand Gbagbo dit ; «voila mes livres» , c’est pour dire que je ne suis pas ce qu’on tente de vous faire croire. Ce procès restera dans l’histoire de l’Afrique.


D’aucuns disent aussi que le Président Gbagbo a acquis une dimension de leader  international…


Nous avons demandé à Alassane de ne pas envoyer Gbagbo à la Cpi. Il ne nous a pas écouté. Il a fait ce qu’il voulait. Aujourd’hui, Gbagbo a atteint une autre dimension où personne ne peut l’atteindre. Il a atteint la dimension de ceux qui sont des héros d’une époque. Parce qu’on peut arriver à une dimension pour avoir volé. Gbagbo ne nous appartient plus. Vous l’avez vu pen - dant ce procès. Sa personne dépassait même le procès. Il a écrit l’histoire du monde en mettant les dirigeants du monde devant leur responsabilité, en leur montrant le chemin à suivre. L’Occident a t oujours dit que l’africain est facilement corrupti - ble. Mais Gbagbo vient de montrer que ce n’est pas toujours vrai. En le disant, je sais de quoi je parle. C’est un homme d’honneur et  de parole. C’est un homme digne, un homme dont on doit être fière. C’est un grand homme comme Gandhi. On a dit que Gandhi avait des armes. Alors qu’à la fin, il n’avait que sa parole. C’est aussi ça Gbagbo. Il n’a que sa parole. Mais je crois que c’est le temps qui véritablement, dira qui est Gbagbo. Nous avons connu Gbagbo en tant qu’acteur de la politique. Mais c’est maintenant que nous allons découvrir Gbagbo le philosophe politique.


Est-ce votre avis que c’est l’avenir de la Côte d’Ivoire qui se joue à la Cpi ?

Oui mais, c’est aussi l’avenir de l’Afrique et même du monde qui se joue à la Cpi. C’est pourquoi la lutte politique ne doit pas concerner seulement le Fpi. Il doit être l’affaire de l’ensemble des ivoiriens et des africains. Mais si c’est surtout l’avenir de la Côte d’Ivoire, ces gens qui sont au pouvoir actuellement doivent partir pour céder le pouvoir à des personnes plus légitimes. On sait comment ils sont arrivés là. On a refusé la victoire à quelqu’un pour un autre qui n’avait aucune légitimité. Je crois que la Côte d’Ivoire a atteint aujourd’hui une certaine dimension par la dimension de Gbagbo Laurent lui-même.  Ja - mais dans l’histoire de l’humanité, le procès d’un seul homme n’a atteint une telle dimension. La dimension de Gbagbo est telle que si j’étais Alassane, je quittais directement le pouvoir pour dire aux ivoiriens, «j’ai eu tort d’avoir attaqué ce pays-là, j’ai eu tort d’avoir attaqué un homme comme Gbagbo Laurent, j’ai eu tort de ne pas avoir accepté le recomptage des voix».
Quels commentaires vous faites de la sortie de Joël Nguessan pendant cette audience ?

Joël Nguessan ne connait pas le Rdr. C’est quelqu’un qui court après l’argent. Je sais combien de fois il allait chez Gbagbo quand il était là. Et je sais combien de fois il se réjouissait de l’amitié de Mr Gbagbo.   N’accor - dons pas trop d’importance à Joël Nguessan, il ne  pèse rien même pas au Rdr.  
Comment appréciez-vous le fait que la Justice française décide de poursuivre Soro Guillaume ?
Vous savez que dans mes premières déclarations, j’avais clairement dit pourquoi il ne fallait pas envoyer Gbagbo Laurent à la Cpi. J’avais dit à l’époque que la première victime, ce n’est pas Gbagbo qu’on envoyait à la Cpi, mais Alassane Ouattara. La deuxième victime allait être Soro qui n’a pas la connaissance du monde et de l’histoire. Il n’a que la connaissance du moment. La troisième victime, ce sont les chefs de guerre qui ne savent rien de ce que voulait Alassane Ouattara. J’avais dit que s’il en voyait Gbagbo à la Cpi, c’est lui- même qui sera en prison. C’est ce à quoi nous assistons au - jourd’hui. Il est toujours en avion dans le ciel. Je n’ai jamais vu un tel Président. Est-il venu pour avoir des honneurs ou pour construire la Côte d’Ivoire ? Est- ce le fait d’acheter 3 avions dans lesquels il est toujours qui va dé - velopper la côte d’Ivoire ?

Mais il dit qu’il travaille pour la Côte d’Ivoire ?

Oui mais je crois que le peuple ne le voit pas. Il est toujours en avion. Quand on a gagné des élections, on n’a pas peur de s’approcher du peuple. Il a peur du peuple. En fait, Alassane vit plus en haut qu’en bas. Il faut qu’il arrête de diriger la Côte d’Ivoire depuis les avions. La Côte d’Ivoire a besoin d’être  dirigée. Tous ceux qui ont dirigé  la Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny à Gbagbo connaissaient le peuple. Alassane pour sa part, vit dans le ciel. De ses avions, il ne comprend pas les problèmes des ivoiriens. Il ne peut pas être en haut et augmenter les prix des denrées. Ce sont des millions d’ivoiriens qui regrettent ce qui se passent. Il a un gouvernement spécialiste des contes. Ce gouvernement ne mérite pas d’être là. Il faut des gens qui ont de la hauteur, de l’humanisme, des gens  qui ont pitié. Mais pas des gens qui ne font que la promotion de la haine. Des gens qui veulent qu’on tue les autres pour qu’ils existent.

Interview réalisée par Guehi Brence et Yacouba Gbané


Source/ Le Temps  N ° 2 8 5 5 l M A R D I 1 9 M A R S 2 0 1 3




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